Le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a annoncé la convocation d’un dialogue politique national. Cette décision marque un tournant stratégique et exceptionnel.
Il faut le dire avec lucidité:
Jusqu’ici, le Chef de l’État refusait ce format, et il avait raison sur le fond. Réunir des politiciens autour d’une table ne fait pas partir une armée étrangère du territoire national. Le retrait des troupes rwandaises ne se négocie pas dans une salle à Kinshasa. Il s’impose par le respect des Accords de Washington, par la pression diplomatique et, si nécessaire, par la force.
1. Pourquoi ce changement de position ?
En science politique, on appelle cela élargir le front intérieur.
Face à une agression extérieure, un État a 2 devoirs:
Sécuriser les frontières et consolider la cohésion nationale, comme Tchang Kai-Tchek l’avait fait aux côtés de Mao Tche-Tung afin de combattre l’invasion japonaise en Chine en Juillet 1937.
Le Président a compris que l’ennemi mise sur nos divisions. Refuser tout dialogue laissait le champ libre à ceux qui veulent parler au nom du peuple sans mandat. En convoquant lui-même le cadre, le Président reprend la main, certainement conseillé par ses pairs. Il fixe les règles, le calendrier et les lignes rouges.
Ce n’est donc pas une reculade. C’est une manœuvre, une stratégie mûrie avant son exécution. Le terrain du combat change, du champ de bataille clivante au champ de bataille des idées et de la légitimité.
2. L’appel à la vigilance du peuple congolais
Peuple congolais, ce dialogue ne doit pas devenir un marché politico-religieux.
Soyons vigilants face à 3 pièges:
1. Le piège des revendications de marionnettes* Attention aux porte-voix qui viendront réciter un agenda dicté depuis l’extérieur. Certains n’auront pas de base, pas de peuple derrière eux, mais des parrains et des financements. Leurs revendications viseront à légitimer l’occupation, à imposer un pouvoir partagé sous tutelle, ou à remettre en cause notre souveraineté. La RDC n’est pas un laboratoire pour les projets des autres.
2. Le piège de l’équivalence morale*: On voudra mettre sur le même plan les patriotes et les agresseurs, le Gouvernement légitime et les groupes armés. Non. Il y a un camp de la République et un camp du chaos.
3. *Le piège de l’agenda caché*:
Ce dialogue ne doit pas servir à blanchir ceux qui ont pris les armes contre la nation.
3. Les lignes rouges: Nangaa et Kabila
Sur ce point, il n’y a pas de débat.
Corneille Nangaa et Joseph Kabila sont sous le coup de sanctions internationales. Ils sont cités dans des rapports des Nations Unies et sanctionnés par les États-Unis d’Amérique pour leur rôle dans la déstabilisation de l’Est et le soutien à des mouvements armés.
On ne dialogue pas avec ceux que la communauté internationale elle-même désigne comme fauteurs de troubles. Les faire siéger, c’est insulter la mémoire des victimes de l’Est, c’est légaliser l’agression.
*La République ne tend pas la main à ceux qui l’ont poignardée.*
Enfin, ce dialogue doit être un dialogue de la République, pour la République.
Il doit produire 2 choses: des idées pour la gouvernance et l’unité nationale, et un soutien total à l’armée et à la diplomatie pour obtenir le retrait inconditionnel de l’occupant.
Au peuple congolais:
Ne déléguez pas votre vigilance. Écoutez, analysez, dénoncez.
Aux participants:
Vous venez proposer pour la nation, pas marchander pour vos partis.
*Le Congo ne se reconstruit pas dans la compromission, il se reconstruit dans la vérité, la fermeté et l’unité.*
Henry MUTOMBO MIKENYI
Acteur Politique, Écrivain et Chercheur en Fiscalité.
