USN : Le réveil d’un géant après des années de somnolence (Steve Mbikayi)

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Nous saluons avec ferveur la tenue, ce samedi 2 août, d’une réunion de l’Union Sacrée de la Nation présidée par le Chef de l’État, en sa qualité de haute autorité morale et politique de notre famille. L’annonce de la revisitation de notre charte et la convocation du congrès prévu pour la fin de ce mois apparaissent comme une lumière au bout du tunnel. La dernière tentative de réorganisation ayant donné un coup fatal à la famille politique suite à une personnalisation éhontée, grotesque et risible.

L’Union Sacrée se prépare à renaître de ses cendres. Devenir enfin ce qu’elle aurait toujours dû être. Une véritable machine politique, un rempart solide autour du Président de la République, une force mobilisatrice capable de galvaniser le peuple dans les moments où l’histoire exige l’unité et le courage.

Fort malheureusement, depuis sa création, nombre de ses animateurs ont privilégié l’agenda de leurs formations respectives au détriment du projet collectif. Comme des héritiers trop pressés de jouir de leur part d’héritage, certains se sont comportés davantage en défenseurs de leurs chapelles partisanes qu’en bâtisseurs de la grande maison commune. Pendant ce temps, les menaces se sont accrues. Le Rwanda occupe Bunagana, les bruits de bottes résonnent jusqu’aux portes de Goma et de Bukavu, et des apprentis déstabilisateurs promettent de marcher sur Kinshasa. Où étaient alors ceux qui se targuent de peser lourd lors du partage des postes, mais s’effacent quand il s’agit de défendre le régime, notre “poule aux œufs d’or” ?

Nous avons vu, dans ces heures sombres, le Chef de l’État devenir un homme seul. Seules quelques voix audacieuses, rares mais vaillantes, ont continué de proclamer haut et fort leur soutien au Président et de dénoncer avec vigueur les manœuvres du Rwanda et de ses supplétifs. Pourtant, c’est précisément dans ces instants de crise que chaque acteur politique devait démontrer ce poids qu’il revendique tant lorsqu’il s’agit de partager les dividendes du pouvoir.

Notre vœu le plus ardent est que le chambardement annoncé change la donne. Qu’il insuffle un vent nouveau dans nos rangs et fasse de l’Union Sacrée non plus une simple coalition d’intérêts, mais une véritable force populaire, soucieuse de répondre aux aspirations profondes de notre peuple. Ce peuple, qui n’est pas si exigeant. Il ne réclame ni palais somptueux ni voitures de luxe. Il veut le minimum vital. Manger à sa faim, se soigner dignement, envoyer ses enfants à l’école, vivre dans la paix. Retrouver la dignité humaine que lui doit l’État.

L’Union Sacrée, entre des mains expertes et animée d’une véritable vision, peut devenir bien plus qu’une majorité conjoncturelle. Elle peut se muer en un grand ensemble, une confédération politique alignée derrière un leader, cheminant patiemment vers la création, à moyen terme, d’un parti fort et durable. Une telle mutation garantirait, par la complicité du peuple et par la légitimité démocratique, la pérennisation du pouvoir pendant plusieurs décennies.

L’histoire nous enseigne que cela est possible. L’ANC, en Afrique du Sud, a gouverné depuis 1994 sans interruption. Le FRELIMO au Mozambique, le MPLA en Angola, le PRI au Mexique pendant plus de 70 ans, ou encore le Parti Libéral Démocrate au Japon pendant près d’un demi-siècle, ont prouvé que des partis ou coalitions, lorsqu’ils savent se réinventer et répondre aux besoins de leur peuple, peuvent incarner une stabilité politique de longue durée. Pourquoi l’Union Sacrée ne pourrait-elle pas s’inscrire dans cette lignée ?

Mais pour y parvenir, nous devons rompre avec la logique de prédation. Nous devons cesser de considérer l’USN comme une “association momentanée” dont il faut tirer profit avant de nous en aller. Nous devons embrasser la vision d’un grand ensemble, où chaque composante, tout en gardant une autonomie relative, œuvre à l’édification d’un projet collectif supérieur.

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