Uvira sous haute tension : La marche anti Gasita tourne au drame

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À Uvira, dans le Sud-Kivu, les rues bruissaient de slogans ce lundi matin. Des combattants Wazalendo rejoints par la société civile ont bravé la chaleur pour réclamer le départ du général de brigade Olivier Gasita, récemment nommé commandant adjoint de la 33ᵉ région militaire. « Nous ne pouvons pas accepter qu’un officier soupçonné de complicité avec l’AFC-M23 dirige nos forces », lançait, mégaphone en main, un manifestant au milieu d’une foule compacte.

Mais la marche pacifique a rapidement tourné au drame. Les FARDC sont intervenues pour disperser les manifestants, donnant lieu à des affrontements d’une rare intensité. Selon plusieurs témoins, des tirs nourris ont retenti dans plusieurs quartiers. Le bilan provisoire fait état d’un enfant tué et de neuf blessés, dont quatre militaires. « Mon voisin a reçu une balle perdue alors qu’il fermait sa boutique », raconte une habitante, encore sous le choc.

L’armée, de son côté, a tenté de calmer les esprits. Le porte-parole des opérations Sokola 2 a dénoncé la désinformation diffusée sur les réseaux sociaux et confirmé les chiffres partiels des victimes. « Nous appelons la population à garder son calme et à ne pas céder aux rumeurs », a-t-il déclaré, insistant sur la volonté des FARDC de protéger les civils.

En ce septième jour de contestation, Uvira respire au rythme de l’incertitude. Les rues portent encore les traces des échauffourées : pneus brûlés, vitres cassées, marchés désertés. Les habitants oscillent entre peur et détermination. « On ne se laissera pas intimider, nous voulons une armée propre », confie un jeune manifestant, la voix ferme malgré l’inquiétude. La situation reste explosive, et les regards se tournent désormais vers Kinshasa, appelée à trancher sur le sort du général Gasita.

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