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Voyage vers Kinshasa : les nouvelles contraintes compliquent le départ depuis l’Est du pays

Voyage vers Kinshasa : les nouvelles contraintes compliquent le départ depuis l’Est du pays

Le trajet reliant l’Est de la République Démocratique du Congo à sa capitale, Kinshasa, est devenu un parcours semé d’embûches pour les voyageurs. Alors que les exigences de voyage se sont assouplies par le passé avec l’acceptation de documents comme le CEPGL ou le laissez-passer consulaire, la situation actuelle impose désormais la possession d’un passeport pour embarquer sur les vols commerciaux. Cette nouvelle règle a suscité un flot de désagréments, laissant de nombreux passagers dans des situations précaires, notamment ceux en transit qui se retrouvent bloqués dans des villes comme Addis-Abeba, après avoir pris des vols à partir de Kigali, au Rwanda.

Les témoignages de voyageurs bloqués à Addis-Abeba mettent en lumière l’ampleur de la crise. Plusieurs Congolais venant de Goma et Bukavu se voient contraints de passer plusieurs jours dans des aéroports étrangers, en attendant une possibilité de rejoindre leur destination finale. Pour ceux qui ne possèdent pas de passeport, la seule alternative est de se procurer un laissez-passer consulaire, accessible uniquement dans certaines ambassades de la RDC à l’étranger, notamment au Burundi, en Ouganda et au Kenya. Ce parcours administratif devient rapidement complexe et financier, forçant ainsi les voyageurs à envisager des itinéraires longs et périlleux.

Cet obstacle a des répercussions cruciales sur la mobilité des habitants de Bukavu, qui doivent emprunter un itinéraire complexe pour atteindre Bujumbura, en passant par Kigali et Kobero, pour espérer obtenir un laissez-passer consulaire. La traversée de la plaine de la Ruzizi, bien que potentiellement moins longue, est également risquée en raison de l’instabilité et des menaces sécuritaires pesant sur cette région. Par ailleurs, le refus de reconnaissance du CEPGL délivré à Bukavu par les autorités burundaises accroît les tensions sur la possibilité de franchir la frontière en toute légalité.

Les Gomatraciens, quant à eux, ne sont pas en reste. Leur seul recours consiste à atteindre Beni puis Kisangani pour bénéficier d’un vol national vers Kinshasa, ou encore à se rendre à Kampala, en Ouganda, pour obtenir le laissez-passer et voyager avec Ouganda Airlines. Ce contexte de restrictions toujours plus pesantes jette une ombre sur l’espoir de faciliter la vie des populations de l’Est de la RDC. Alors que de nombreuses voix s’élèvent pour plaider en faveur de l’ouverture des aéroports et de la création de corridors humanitaires, l’absence d’actions concrètes en faveur de la réconciliation et de la normalisation laisse craindre un approfondissement de la crise.

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