Washington pour l’accord de paix sur fond de business, New York pour la gestion des crises armées ! 

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Il est temps pour Kinshasa de susciter toute la lumière sur les causes profondes de la crise sécuritaire à l’Est maintenant que les Américains refilent la patate chaude à l’Onu, grosse consommatrice de leur financement…

Aidez-nous à comprendre cette logique américaine. Le 4 décembre 2025, elle fait assister l’humanité entière à la signature du vrai accord de paix entre la RDC et le Rwanda, document contenant des aspects économiques et sociaux « absents » du texte paraphé le 27 juin dernier par les ministres des Affaires étrangères de deux pays belligérants. Les 9 et 10 décembre, la ville d’Uvira tombe entre les mains des Rwandais via l’AFC/M23, pour utiliser le narratif de Kinshasa. Le 11 décembre, la délégation des États-Unis aux Nations-Unies dénonce la violation de l’Accord conclu une semaine plus tôt en engageant ouvertement la responsabilité du Rwanda. Mais, un peu plus tôt dans la journée, le « garant » du texte, Donald Trump, fait un pied-de-nez aux cosignataires en prétendant que ce sont les belligérants qui l’ont supplié en lui disant : « S’il vous plaît, s’il vous plaît, nous serions ravis que vous veniez prendre nos minerais’, ce que nous ferons ». Il paraît que c’est une création IA. Peu importe que ce soit vrai ou faux. L’important est que c’est le deuxième recours des Américains aux Nations Unies en cinq mois…

A eux le business, aux autres la solution aux crises…

En effet, lors des premières violations de l’Accord signé le 27 juin 2025, l’administration américaine a réagi de la même manière en faisant convoquer une réunion du Conseil de sécurité de l’Onu le 22 août 2025.

La voilà récidiver pour les dernières violations.

Finalement, on se retrouve devant cette contradiction : pour signer les Accords de paix et (désormais) d’ économie et de social, les États-Unis se mettent en première ligne et se fichent éperdument des Nations Unies.

Mais dès que ça barde entre les belligérants, ils refilent la patate chaude à l’Onu dont ils ne requièrent même pas l’expertise diplomatique, politique et sécuritaire acquise dans la résolution des crises pour lesquelles ils se présentent, eux, en « sauveurs de l’humanité ».

On n’aurait pas tort de déduire que dans l’entendement des Américains, le « business », c’est pour eux ; la résolution des crises armées, c’est pour les autres.

 

Donald Trump nous met en position de ‘quémandeur’

Kinshasa – comme d’habitude – banalise l’essentiel pour privilégier l’accessoire.

L’ essentiel, c’est la position exprimée par Donald Trump non démentie jusque-là ; l’ accessoire, c’est la « tentative de correction » exprimée par l’ambassadeur Mike Waltz le 12 décembre 2025.

De Donald Trump, voici la prise de position en rapport à la chute d’Uvira : « Ils (NDLR les Américains) veulent qu’on passe aux batteries. Allons-y pour les batteries ! Nous n’avons pas les matériaux pour les batteries, alors passons aux batteries selon ces idiots qui étaient dans notre pays. N’utilisons pas le pétrole et le gaz, dont nous avons plus que n’importe quel pays au monde. Passons aux batteries, où il faut aller au Congo et les obtenir de la Chine. Mais en fait, j’ai arrêté la guerre entre le Congo et le Rwanda. Et ils ont dit : ‘S’il vous plaît, s’il vous plaît, nous serions ravis que vous veniez prendre nos minerais’, ce que nous ferons ».

C’est clair et net : Donald Trump nous met en position de quémandeur.

Certainement que pour ne pas laisser cette bavure « survivre » avec risque de froisser les Congolais et tous les autres peuples des pays concernés par la « pax america », l’ambassadeur des États-Unis à l’Onu Mike Waltz va déclarer : « Les États-Unis disposent d’informations supplémentaires sur l’ampleur et la sophistication de la participation du Rwanda dans l’est de la RDC. Depuis 2021, le Rwanda contrôle le M23 et son aile politique, l’AFC, pour atteindre ses objectifs géopolitiques dans l’est congolais. Le président Paul Kagame participe intimement à la planification et à l’exécution de la guerre dans l’est de la RDC, en donnant des instructions militaires et politiques depuis des années. Les Forces de défense rwandaises fournissent un appui logistique, du matériel et de la formation au M23, et ont envoyé 5.000 à 7.000 soldats en RDC. Ces derniers mois, le Rwanda a déployé des missiles sol-air et des armes sophistiquées pour soutenir le M23 face à l’armée congolaise ».

Et Marco Rubio, Secrétaire d’État, va renchérir : « Les actions du Rwanda dans l’est de la RDC constituent une violation manifeste des Accords de Washington signés par le président Trump, et les États-Unis prendront des mesures pour s’assurer que les engagements pris envers le Président soient respectés ». Position qui renvoie à tous ses prédécesseurs, à commencer par Herman Cohen, le républicain qui a toujours soutenu la thèse d’un Kivu appartenant au Rwanda !

Kinshasa, bien entendu, applaudit frénétiquement les prises de position de l’administration Trump, sans se demander si les informations auxquelles allusion est faite ne sont découvertes que maintenant !

De la Monuc à la Monusco, même modus operandi

La crise pour laquelle l’administration congolaise approche l’administration américaine remonte aux années 1994. Depuis trois décennies, Washington sait tout de ce qui se passe dans l’axe « Kinshasa-Kigali-Kampala-Bujumbura.

Formels comme informels, ses services des renseignements couvrant la terre, les cieux et la mer (lire fleuves, lacs et rivières) dans les Grands Lacs n’en ignorent rien !

Du moment où ils pèsent de tout leur poids sur la Monusco (hier Monuc, avant-hier Onic), les États-Unis connaissent les raisons pour lesquelles il y a flottement du côté Force internationale de l’Onu lors des opérations défensives et offensives engageant les Fardc. Un flottement ayant tout d’un « message codé ».

De la Monuc à la Monusco, c’est le même modus operandi : la Force internationale onusienne brandit la charge lui confiée de protéger la population et d’assister l’armée congolaise dans sa mission régalienne de défendre le territoire national contre les attaques des forces non gouvernementales.

Mais, dès qu’éclate un confit de haute intensité, elle ne mène aucune action préventive ni offensive, encore moins défensive, contre celles-ci.

Résultat : les Adf-Nalu de l’Ouganda et les Fdlr du Rwanda n’ont jamais été véritablement traquées ni neutralisées par la force onusienne. Depuis la signature en 2000 du Sofa (Accord de siège permettant à l’Onu de déployer ses troupes sur le territoire congolais), l’armée gouvernementale congolaise (Fac d’abord, Fardc ensuite) a successivement été défiée par le Rcd, le Mlc, le Rcd-Kml, le Rcd-N, Mutebusi-Nkunda, le Cndp et le M23 première version, sans que la Force onusienne (dont le gros du budget est américain) n’ait pu apporter un soutien militaire décisif. Idem avec le M23 seconde version.

Autre résultat : de 2000 à ce jour, la RDC a été attaquée directement ou indirectement tantôt par le Rwanda, tantôt par l’Ouganda, tantôt par le Burundi sans jamais obtenir le soutien militaire déterminant de la Force onusienne réputée, comme rappelée ci-dessus, consommatrice de la grosse partie du financement américain !

Le Congo a besoin pour l’instant de plus de lumière que d’action

Paradoxalement, Kinshasa continue de croire dans ce qu’on lui faire croire au point de l’amener dans l’abattoir en sacrifice d’expiation.

A quelque chose malheur étant bon, ceux qui ne comprennent rien aux causes profondes de la guerre résumées pour nous par la « terre » (avec richesses du sol et du sous-sol) ainsi que la « nationalité » (pour les communautés rwandophones de tout le Kivu frontalier avec l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi) devraient avoir le triomphe modeste.

Car dans la foulée des événements d’Uvira, une vidéo mise en ligne depuis le 12 décembre 2025 présente Yowerie Museveni en train de réclamer l’Ituri qui, à l’en croire, fait partie du royaume ougandais de Bunyoro. Ce n’est pas le fait du hasard.

Face à toute cette confusion, le Congo a besoin pour l’instant de plus de lumière que d’action d’éclat.

Malheureusement, Kinshasa est dans un égocentrisme qui aggrave la situation sécuritaire au lieu de l’atténuer, si bien qu’on en vient à se demander pourquoi ne convoque-t-on pas, toutes affaires cessantes, des assises (n’appellez jamais ça dialogue, svp !) en vue d’identifier les causes profondes de l’insécurité qui prévaut dans la sous-région des Grands Lacs.

On se rendra compte à la fin que la thérapie préconisée et privilégiée au cours de ces 30 dernières années n’a jamais été la bonne !

Washington, New York, Bruxelles, Paris, Londres et Berlin le savent ! La Diaspora congolaise, la bonne s’entend, le sait aussi…

Tous se défilent !

PROCHAINEMENT : « MEDARD LUAKABWANGA, PRO-DIALOGUE, LUI AUSSI ? »

Omer Nsongo die Lema

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