La performance historique des sélections africaines à la Coupe du Monde 2026 et les leviers à activer pour permettre au continent de viser le titre mondial en 2030 ont été au cœur de la dernière journée de la Conférence stratégique de la CAF, organisée à Santa Maria, sur l’île de Sal, au Cap-Vert. Le Président de la CAF, Dr Patrice Motsepe, et celui de la FIFA, Gianni Infantino, ont ouvert cette troisième journée, avant une analyse technique approfondie présentée par Arsène Wenger, directeur du développement du football mondial à la FIFA, Otto Addo, membre du Groupe d’Étude Technique de la FIFA, et Aaron Ackerman, responsable de l’analyse de la performance footballistique à la FIFA. Le bilan a mis en lumière un résultat inédit : neuf des dix représentants africains ont atteint la phase à élimination directe, soit le meilleur taux de qualification parmi les confédérations. L’analyse a toutefois identifié plusieurs axes de progression, notamment la création d’occasions, le contre-pressing, la présence dans la surface adverse et la gestion des fins de match. Autant de détails qui ont fait la différence entre les sélections africaines et les équipes les plus performantes du tournoi. Cette présentation a été suivie d’une table ronde réunissant plusieurs sélectionneurs, dont Mohamed Ouahbi, Sébastien Desabre et Pedro Brito, dit « Bubista », ancien sélectionneur du Cap-Vert. Les échanges, modérés par l’ancien international ghanéen Anthony Baffoe, ont permis de confronter les enseignements statistiques à l’expérience du terrain. L’objectif de cette conférence était clair : transformer les acquis de 2026 en mesures concrètes pour permettre à l’Afrique de franchir un nouveau cap lors de la Coupe du Monde 2030. Retour sur les principales déclarations de cette troisième journée. Dr Patrice Motsepe, Président de la CAF Patrice Motsepe a réaffirmé l’ambition ultime du football africain : faire de la progression enregistrée en 2026 le point de départ d’une véritable conquête du titre mondial. « Je veux vous dire que, lorsque je regarde nos équipes, je suis convaincu qu’une nation africaine sera championne du monde. » Pour le Président de la CAF, cette dernière journée ne devait pas seulement célébrer les résultats obtenus, mais surtout permettre d’identifier les moyens de les améliorer. « La première session porte sur la manière dont nous pouvons améliorer notre travail, et la deuxième sur les moyens d’augmenter nos chances de réussite. » Motsepe a également salué la contribution des sélectionneurs et des anciennes gloires du football africain, dont le travail participe à l’élévation du niveau du continent. « Je tiens vraiment à vous remercier tous, ainsi que nos sélectionneurs, qui nous ont rendus si fiers, et nos légendes présentes ici. » Gianni Infantino, Président de la FIFA Gianni Infantino a insisté sur l’influence grandissante de l’Afrique dans le football mondial et sur la nécessité de s’appuyer sur les progrès accomplis pour préparer les prochaines échéances. « L’Afrique et les talents africains ont façonné et continuent de façonner le football. » Le Président de la FIFA a estimé que les performances du continent lors du dernier Mondial constituaient une base solide pour poursuivre cette progression. « Cette dernière Coupe du Monde nous a permis de constater les progrès réalisés. Ce qui compte désormais, c’est la suite. » Il a également souligné l’importance de réunir les dirigeants et les experts techniques du football africain afin de tirer les enseignements de cette expérience. « Des conférences comme celle-ci sont essentielles : elles permettent de se retrouver, de s’écouter et de déterminer comment continuer à progresser. » Arsène Wenger, Directeur du Développement du Football Mondial à la FIFA Pour Arsène Wenger, l’amélioration de la discipline tactique et de l’organisation collective explique en grande partie pourquoi neuf sélections africaines ont franchi la phase de groupes. « Par le passé, les équipes africaines perdaient parfois en raison d’un manque de compacité, d’espaces trop importants entre les lignes et d’une concentration irrégulière. Lors de cette Coupe du Monde, il était difficile de battre une équipe africaine, tant sa discipline et son organisation étaient de haut niveau. » L’ancien entraîneur d’Arsenal a toutefois souligné que de faibles écarts techniques pouvaient encore faire la différence lors des matches à élimination directe….