Dérive totalitaire !
Je suis souvent sidéré de suivre, sur des chaînes de télévision et sur les réseaux sociaux, des personnages devenus célèbres, pourtant nébuleux pour leurs écarts avérés de langage, sans fonction officielle connue, sans scrupule ni référence à la Loi, proférer des injures et diatribes aux concitoyens.
L’agacement, le désarroi et la révolte qui envahissent les bonnes consciences, me poussent à me poser la question de savoir si la RDC n’est pas maudite par des personnages sans valeur morale. Qui s’obstinent à ne pas comprendre, mieux que quiconque, que le temps des tares qui assouvissaient leurs bas instincts, est désormais révolu.
Alors que les regards sont tournés ailleurs, dans le sens du développement, voici que des pratiques peu commodes ont refait surface, blessant les bonnes consciences et énervant les mœurs. Au nom de certaines libéralités financières venues d’où l’on peut facilement imaginer, ces personnages trop sales dans leur langage s’amusent à régler des comptes à des « adversaires politiques supposés » sur la place publique de la manière la plus ostentatoire et révoltante. Une dérive totalitaire qui a comme terrain de prédilection : la télévision et les réseaux sociaux.
Il est vrai que la liberté d’expression est consacrée par la Constitution du 18 février 2006. Que dans son article 23, le législateur stipule : «Toute personne a droit à la liberté d’expression. Ce droit implique la liberté d’exprimer ses opinions ou ses convictions, notamment par la parole, l’écrit et l’image, sous réserve du respect de la loi, de l’ordre public et des bonnes mœurs. » Même aussi, il est vrai que dans la Déclaration des droits de l’homme de 1789, à l’article XI, il est précisé «que la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi ».
Malheureusement, dans un pays en pleine mutation comme la RDC, où le bon sens, la diversité de pensée et d’opinions ; l’engagement à mieux faire, l’obstination à l’enrichissement illicite et sans cause, la préservation des valeurs cardinales ainsi que l’abnégation doivent devenir une réalité, recourir à des injures, à la diffamation, aux attaques personnelles, en mettant sur l’étalage la vie privée des Congolais, responsables publics soient-ils, relèvent non pas d’une inconscience notoire, mais d’une bassesse d’esprit avérée, d’un manque notoire de vertu et d’éducation.
Ceux qui ont fait les humanités gréco-latines comme moi le savent. Et ça, je l’ai appris sur le banc de l’école. Pas dans des guinguettes, moins encore dans des boîtières. Et aujourd’hui, si l’on me retournait sur le même banc, j’aurais dit exactement de manière expresse ceci à ces personnages à et ces devanciers à l’injure facile : « Vanum est vobis ante lucem surgere» (NDIR : Il est vain de se lever avant le jour) ou encore : « Cura ut valeas », c’est-à-dire : veuilles à te bien comporter.
C’est le quantième paradigme, chers messieurs ?
Willy Kilapi
