En dépit des efforts, la productivité reste faible, les coûts logistiques élevés, et la dépendance aux importations de certains produits de base demeure
Le lundi 08 décembre dernier, lors de son discours sur l’état de la nation, le président de la République, Félix Tshisekedi a expliqué comment en 2025, le pays a franchi un cap décisif avec le lancement, le 28 août, de la campagne agricole 2025-2026 placée sous le signe de la souveraineté alimentaire. À cette occasion, des moyens importants ont été mobilisés pour doter nos producteurs de semences améliorées, d’engrais, de produits phytosanitaires respectueux de l’environnement et de matériel aratoire — dont la poursuite de la mise à disposition de 600 tracteurs et de leurs équipements — afin d’accélérer la mécanisation sur l’ensemble du territoire.
Pour les campagnes 2024-2025 et 2025-2026, ce sont plusieurs milliers de tonnes de semences vivrières et maraîchères, des dizaines de milliers de kilomètres linéaires de boutures de manioc et des millions de plantules de cultures pérennes (cacao, café, palmier à huile) qui ont été programmés, afin de renforcer la production de base dans les territoires.
En parallèle, il a été lancé une campagne de promotion des cultures pérennes – cacao, café, quinquina – avec l’ambition d’atteindre, à terme, des volumes d’exportation de l’ordre de 120 000 tonnes de cacao et 50 000 tonnes de café, créant ainsi des revenus durables pour les petits planteurs.
« Pour mieux protéger les exploitants contre les chocs climatiques, nous avons commencé à déployer un mécanisme novateur d’assurance agricole indicielle », indique-t-il, avant d’ajouter que plus de 100 000 agriculteurs bénéficient déjà d’un produit d’assurance lié au risque climatique, et de nouveaux produits vont couvrir, dès 2026, les maladies des cultures comme la chenille légionnaire.
Dans le secteur de la pêche et de l’élevage, nous avons relancé la modernisation d’une filière longtemps délaissée. L’acquisition d’une flotte de pêche et la mise en place en cours d’une chaîne de froid doivent accroître la production nationale et réduire les importations de poisson.
Il a été également lancé le développement de huit pôles avicoles – à Kinshasa, Lubumbashi, Mbuji-Mayi, Butembo, Tshikapa, Gbadolite, Kisangani et Bukavu – pour réduire notre dépendance aux importations de produits avicoles, structurer des chaînes de valeur complètes (fermes parentales, alimentation, abattage, transformation) et offrir des opportunités à des milliers de petits éleveurs.
Ces avancées ne nous font pas oublier les défis : la productivité reste faible, les coûts logistiques élevés, et la dépendance aux importations de certains produits de base demeure. Mais elles montrent clairement la direction que nous avons prise : produire davantage chez nous, protéger nos producteurs, sécuriser nos f
ilières.
