La filière cobalt en quête de précisions face aux nouvelles règles d’exportation
Depuis la mi-octobre, le nouveau système de quotas pour les exportations de cobalt est entré en vigueur en République démocratique du Congo, après plusieurs mois d’embargo. Malgré cette avancée, les informations obtenues jusqu’ici indiquent que les exportations n’ont pas repris dans le pays.
En République démocratique du Congo, les mineurs de cobalt rencontrent encore de « sérieuses difficultés » dans l’application des nouvelles réglementations à suivre dans la procédure visant à relancer les exportations de ce métal. C’est du moins ce qu’a rapporté Reuters le lundi 8 décembre, citant une lettre de la Chambre des Mines demandant une réunion avec les autorités pour d’éventuelles clarifications du processus.
Après avoir suspendu les exportations en début d’année pour relancer les prix face à l’excédent sur le marché, la RDC a instauré un système de quotas en remplacement de cette mesure. Celui-ci autorise l’expédition de 18 125 tonnes de cobalt pour le reste de 2025, et fixe un plafond annuel de 96 600 tonnes pour 2026 et 2027. Mais malgré son entrée en vigueur mi-octobre, les exportations n’ont toujours pas repris, les producteurs attendant encore le feu vert des autorités et les modalités pratiques de mise en œuvre.
Bien que cette barrière ait finalement été levée la semaine dernière, ce sont désormais les nouvelles mesures du système qui entretiennent l’incertitude. La Chambre des Mines estime, apprend-on, qu’elles pourraient nuire à la confiance des producteurs et à l’attractivité du secteur minier congolais. Parmi les exigences évoquées figurent notamment le prépaiement d’une redevance de 10 % et la fourniture de plusieurs documents, dont un certificat de conformité, indispensables pour procéder aux exportations.
« Toute mesure perçue comme une dérogation au code minier, notamment le paiement anticipé des redevances, pourrait miner la confiance des opérateurs et nuire à la crédibilité internationale du Congo. […] Il est urgent de garantir la sécurité juridique et de préserver l’attractivité du secteur », a ainsi laissé entendre la Chambre des Mines, selon les propos attribués par Reuters.
Pour l’heure, les autorités congolaises n’ont pas réagi officiellement à la requête de la Chambre des Mines qui regroupe les entreprises minières actives dans le pays. Les producteurs de cobalt présents en RDC, dont le chinois CMOC et le suisse Glencore, n’ont pas non plus communiqué de réponse officielle. Il reste également à savoir s’ils ont entamé les démarches pour relancer leurs premières exportations après plusieurs mois d’attente.
Pour rappel, la RDC est le principal pôle mondial de production de cobalt, représentant 70 % de la chaîne d’approvisionnement. Depuis l’embargo congolais sur les exportations en février, le prix de cette matière première a augmenté d’environ 110 %, se négociant dans la soirée du lundi à 52 220 USD la tonne sur la bourse des métaux de Londres.
Aurel Sèdjro Houenou
