Bugorhe/Sud-Kivu : l’appel urgent pour sauver Kavumu de l’insécurité et des antivaleurs

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À Kavumu, dans le groupement de Bugorhe, l’alerte est lancée : les habitants doivent unir leurs forces pour stopper l’insécurité, la criminalité et la montée des antivaleurs qui rongent le centre commercial. Face à une situation jugée « inquiétante », les autorités locales appellent à une mobilisation immédiate, déterminée et collective.

Au cœur de Bugorhe, l’atmosphère est lourde. Les commerçants ferment plus tôt, les habitants évitent les ruelles sombres, et l’insécurité s’installe comme une ombre tenace. Ngengele Munganga Fiston, chargé du développement, de la sécurité et de la mobilisation du centre commercial de Kavumu, tire la sonnette d’alarme. « Nous ne pouvons plus rester spectateurs pendant que Kavumu sombre, » confie-t-il devant une foule attentive. Pour lui, la dégradation du climat sécuritaire et social n’est plus tolérable.

 

Dans les quartiers les plus touchés, les habitants témoignent de leurs nuits agitées et de leur peur grandissante. « On entend des cris presque chaque soir. Comment vivre ainsi ? », s’indigne Mama Furaha, vendeuse depuis 18 ans au marché local. Elle explique que les cambriolages et les agressions se sont multipliés, au point où la communauté commence à douter de sa propre capacité à se protéger. Une situation que d’autres habitants qualifient d’« étouffante » et « préoccupante ».

 

L’une des causes pointées du doigt reste la vente incontrôlée des boissons fortement alcoolisées, devenue un véritable fléau dans le centre commercial. « Ces boissons détruisent nos jeunes et alimentent la violence, » déplore Munganga Fiston, qui affirme que le staff de Kavumu a classé ce combat parmi ses priorités absolues. Dans plusieurs boutiques, les habitants affirment avoir vu des adolescents ivres « dès la matinée », un phénomène qui choque et inquiète à la fois.

 

Pendant ce temps, l’environnement se dégrade lui aussi. Les tas d’immondices s’accumulent et contribuent à un sentiment général d’abandon. « Kavumu doit respirer. Nous devons rendre notre milieu propre si nous voulons voir renaître la dignité de notre communauté, » lance un jeune volontaire engagé dans l’assainissement. Pour lui, la saleté nourrit non seulement les maladies mais aussi le désordre social, une chaîne qu’il appelle à briser.

 

Face à la criminalité, à l’insalubrité et à la consommation massive d’alcool fort, les leaders locaux multiplient les rencontres communautaires pour redonner espoir. « Nous croyons en la force de notre unité. Si Bugorhe se met debout, Kavumu peut être sauvé, » insiste un notable du village. Plusieurs jeunes affirment être prêts à renforcer les patrouilles, tandis que des mamans commerçantes plaident pour l’encadrement des enfants et la fermeture des points de vente clandestins.

 

Dans cet élan de mobilisation, une certitude s’impose : Kavumu ne pourra sortir de l’impasse que si ses habitants agissent ensemble. L’appel de Bugorhe retentit désormais comme un cri de survie. Et chacun, dans les rues poussiéreuses du centre commercial, sait que l’avenir de la communauté dépend de la force de cette union.

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