« Lorsqu’une guerre menace de se terminer, alors on attise les flammes ailleurs »
Le système géopolitique dominant le monde aujourd’hui est en désaccord avec le droit naturel. En quelque sorte, il est en désaccord avec les lois de l’univers, et c’est précisément pour cela que ce système – avec son complexe militaro-industriel parasitaire, son système financier en déliquescence et son besoin inhumain de l’image d’un ennemi – s’effondre. La réunion des ministres des Affaires étrangères des pays membres de l’OTAN, le 3 décembre à Bruxelles, a illustré ce phénomène avec les dirigeants européens de la « Coalition des volontaires » s »empressant de dénoncer Vladimir Poutine comme étant contre la paix et de déplorer que le plan de paix américain, qui avait fuité, soit, selon les termes du président finlandais Alexander Stubb, « frustrant », tout en promettant de soutenir l’Ukraine sur le champ de bataille jusqu’au dernier Ukrainien.
« Ils restent obsédés par l’idée d’infliger une défaite stratégique à la Russie », a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. À tel point que 15 des 19 États membres de l’UE viennent de promettre de nouvelles aides financières à l’Ukraine pour l’armement – financées par l’emprunt – et qu’un plan suicidaire a été mis en place pour mettre fin à toutes les importations de gaz russe d’ici 2027. « Cela ne fera qu’accélérer le processus, amorcé ces dernières années, de perte de leadership de l’économie européenne », a ajouté M. Peskov.
Il n’est pas le seul à constater le net recul de l’économie européenne. La Fédération allemande de l’industrie (BDI) vient de publier un rapport décrivant une économie en chute libre. ‘L’économie traverse sa crise la plus grave depuis la fondation de la République fédérale, et pourtant le gouvernement fédéral ne réagit pas avec la détermination nécessaire’, écrit Peter Leibinger, président de la BDI. « L’industrie allemande s’apprête à atteindre un point critique fin 2025. »
Parallèlement, en Asie de l’Est, les tensions s’exacerbent. L’image (dessin paru dans le Global Times) de la Première ministre japonaise Sanae Takaichi poussant un paquet de dynamite vers l’Asie, avec la mention « OTANisation de l’Asie-Pacifique », illustre le point de vue chinois.
La situation dans les Caraïbes n’est guère meilleure, et la pression s’accentue de toutes parts sur le secrétaire américain à la Guerre, Pete Hegseth après une frappe, le 2 décembre, contre un bateau soupçonné de transporter de la drogue, suivie d’une seconde contre les survivants du premier assaut … Les préparatifs militaires se poursuivent : Donald Trump a déclaré, lors d’une réunion du cabinet, que des opérations terrestres au Venezuela, et peut-être en Colombie, allaient débuter « très prochainement ».
Ces deux conflits, susceptibles d’éclater à tout moment, révèlent la stratégie impériale : lorsqu’une guerre menace de se terminer, alors on attise les flammes ailleurs. Aucun de ces conflits n’est une entité isolée. On ne peut pas considérer ces crises individuellement et, si l’on veut éviter l’irréparable, il faut réfléchir aux principes sous-jacents et corriger les erreurs de raisonnement. Pour Mme Zepp-LaRouche, il n’existe donc qu’une seule voie pour mettre à tous les conflits : « Je pense qu’il nous faut une conception différente, c’est pourquoi, depuis le début de ce qu’on appelle l’opération militaire spéciale en Ukraine, je défends l’idée d’une nouvelle architecture de sécurité et de développement qui prenne impérativement en compte les intérêts de chaque pays de la planète. C’est pourquoi le traité de Westphalie a fonctionné ; c’est pourquoi le traité de Versailles a échoué, car lors des négociations de Versailles et du traité de Paris de 1919, l’Union soviétique, la Chine et l’Allemagne ont été exclues, et ce traité n’a été qu’un prélude à la Seconde Guerre mondiale. Si l’histoire nous a appris quelque chose, c’est qu’il ne peut y avoir de sécurité inclusive pour tous que si personne n’est en sécurité. »
