Précédée de deux initiatives stratégiques les 19 et 26 février 2026, l’annonce des sanctions américaines ne rassure pas !
Entre, d’une part, la réunion stratégique « USA-Israël-Rwanda » tenue le 19 février à Kigali et, de l’autre, le maintien des sanctions prétendument suspendues le 26 février, l’intérêt prioritaire de Washington ne pouvait porter que sur le premier point !
Rwanda : Rôle de partenaire arabe-clé et de relais en Afrique
*En effet, sous le titre « Le sommet sur la sécurité au Rwanda vise à étendre le partenariat Israël-US à l’Afrique », le journal israélien « The Times of Israel » a publié dans sa livraison du 19 février 2026 l’information selon laquelle _ »Des représentants américains, israéliens et africains se sont réunis mercredi à Kigali, au Rwanda, à l’occasion du Sommet sur la sécurité sur le thème de «L’alignement des États-Unis, d’Israël, de l’Afrique et du nouveau Moyen-Orient». De ce fait, a précisé le média, « Les organisateurs ont déclaré au « Times of Israel » que cette conférence visait à explorer les pistes permettant de positionner l’Afrique ‘comme la prochaine frontière dans le renforcement de la coopération stratégique entre les États-Unis et Israël, avec le Rwanda comme partenaire privilégié_». À l’en croire, _ »La conférence a défini une vision stratégique dans laquelle les États-Unis apportent leur ‘expérience stratégique et leur leadership mondial’, Israël met à disposition son expertise en matière de sécurité et sa capacité d’innovation, et le Rwanda joue le rôle de partenaire arabe clé et de ‘relais vers les autres pays africains’_ ». Comme pour nous signifier que dans les Grands-Lacs, le partenaire-clé pour les pays arabes n’est pas l’Ouganda, ni la Tanzanie, ni même le Kenya ayant pourtant une forte communauté arabo-musulmane !*
Sanctions suspendues, sanctions annoncées
Le média a livré ces détails édifiante : « Quatre tables rondes ont été proposées dans le cadre de cet événement :
1.* »Fondements stratégiques — États-Unis, Israël et Afrique»* ;
2.*«Mémoire et leadership moral»* ;
3.*«Dynamique de sécurité régionale et coopération stratégique»* (avec pour orateurs le ministre des Affaires étrangères du Rwanda et l’ancien envoyé spécial des États-Unis pour la région) ;
4.*«Innovation et manuel de la ‘Start-Up Nation’»* (avec pour orateurs Saul Singer,,auteur de Start-Up Nation) et Wendy Singer (fondatrice de Start-Up Nation Central).
L’article est de Lazar Berman.
Autant dire un programme à long terme confortant le Rwanda de Paul Kagame (système) à défaut de Paul Kagame du Rwanda (Nous y reviendrons).
Le 26 février 2026, *The Wall Street Journal* a publié des _ »révélations fondées sur des sources proches du dossier à Washington_ ».
Il en ressort que le sénateur républicain Lindsey Graham, passant pour _ »l’un des alliés les plus influents du président Donald Trump, particulièrement sur la scène internationale_ » et devenu après un temps de frottement de leurs relations en 2016 , _ »un pivot de la politique étrangère de l’administration Trump en 2026_ », serait parvenu à obtenir du Département du Trésor la suspension des sanctions en préparation contre le Rwanda.
Et voilà que le 2 mars 2026, les sanctions sont tout de même tombées.
Seraient-ce celles qui avaient été initialement prévues et dont on ne connaît pas les termes ? Ou plutôt des sanctions re-visitées pour besoin de la Cause ?
Rien n’empêche de supposer que celles annoncées l’auront été pour la consommation publique. Car on voit mal les États-Unis et Israël miser sur le Rwanda pour leur politique sécuritaire en Afrique et, en même temps, l’affaiblir pour une crise des Grands Lacs réputée de basse intensité.
L’axe Washington-Jérusalem-Kigali conforte LA position du Rwanda
Quand on met alors côte-à-côte les deux initiatives, on réalise vite que le maintien des sanctions ne fait pas le poids devant la portée de la tripartite « USA-Israël-Rwanda » se singularisant, du reste, par la « coïncidence » ou presque avec le déclenchement de l’Opération « Fureur épique » contre l’Iran le 2 mars dernier.
On serait même tenté de soupçonner cette tripartite d’être pour quelque dans les événements en cours au Proche et au Moyen Orient !
Ce dont on est au moins sûr, c’est que pour l’Administration Trump, la mise en place de l’axe Washington-Jérusalem-Kigali confirme le Rwanda dans le rôle de pivot de sa politique sécuritaire dans les Grands Lacs, confortant ce pays dans sa position par rapport à l’Ouganda, au Burundi, à la Tanzanie et au Kenya.
La RDC dans tout ça ?
Elle est dans son narratif favori consistant à tambouriner autour des victoires « fast-food » !
On peut d’ailleurs parier qu’aucune réflexion ne se fait autour de l’axe Washington-Jérusalem-Kigali non pas seulement par rapport aux Grands Lacs, mais à l’Opération * »Fureur épique »* !
On se contente de se frotter les mains d’apprendre le retrait des troupes rwandaises (le communiqué du Département du Trésor est muet à ce sujet) sans réaliser que les annonces fracassantes de formation des dizaines de milliers d’éléments AFC-M23 pourraient aussi signifier *autonomisation de la rébellion*, pour poursuite de la guerre. Car les injonctions américaines ne concernent pas le retrait des troupes de l’Opposition armée des villes et des localités qu’elles occupent, en dehors d’Uvira et de ses environs.
Déjà, ce 4 mars 2026, le sénateur américain Jim Rich, président de la commission des Affaires étrangères, a considéré que _«Les sanctions annoncées contre les Forces de défense rwandaises (RDF) et quatre hauts responsables de la RDF envoient un message clair : ceux qui violent les termes négociés par les États-Unis paieront un prix élevé et croissant_».
Tout en ajoutant que : _«Le temps des postures est terminé. Le Rwanda et le M23 doivent cesser immédiatement leurs avancées, ce qui implique un retrait complet de toutes les zones entourant Uvira_», il a enjoint également la RDC (Gouvernement et Fardc) à _ »abandonner toute solution militaire dans l’est de la RDC, respecter le cessez-le-feu et collaborer avec leurs partenaires, notamment les États-Unis, pour bâtir une solution de sécurité durable dans la région orientale du pays_».
Il a appelé les deux parties à revenir à la table des négociations (Doha).
Normal : les affrontements ont recommencé. Sur le terrain, FARDC et « rebelles » sont dans une compétition de « remise-reprise » des villes et des localités conquises. Et cela au moment où les Occidentaux sont en *mode survie* en raison des événements en cours au Moyen et au Proche Orient.
Ils sont tellement « malins » qu’ils peuvent avoir laissé au « partenaire Rwanda » la charge de « manager » les Grands Lacs !
PROCHAINEMENT :_ »Trêve d’illusions : Washington pourrait lâcher Paul Kagame du Rwanda, mais jamais le Rwanda de Paul Kagame !
Omer Nsongo die Lema
