Réductions de l’aide en Afrique subsaharienne : cette fois, c’est différent
L’Afrique subsaharienne est le plus grand bénéficiaire d’aide au monde. L’aide publique au développement y joue un rôle crucial sur le plan macrofinancier. Bien que les flux d’aide aient évolué au fil du temps, les fortes réductions amorcées en 2025 se distinguent par leur ampleur, leur nature et leur étendue, frappant plus durement les pays à faible revenu et les pays fragiles ou touchés par un conflit.
Le recul enregistré en 2025 est imputable aux donateurs, exogène à la situation des bénéficiaires et commun à l’ensemble des partenaires du développement. Dans le même temps, les amortisseurs traditionnels, comme les institutions multilatérales et les organisations non gouvernementales, sont nettement plus limités que lors des précédents ralentissements. En outre, après six années de chocs successifs, les marges de manœuvre budgétaires nationales se sont considérablement resserrées.
À terme, les conséquences macroéconomiques dépendront de l’exposition de chaque pays, de leurs amortisseurs préexistants et des mesures qu’ils auront adoptées. Face à cette nouvelle donne, les partenaires du développement et les autorités doivent apporter une réponse cohérente au moyen de trois priorités : privilégier l’aide à fort impact, la protéger tout en renforçant la coordination ; élargir la palette des instruments de financement du développement, notamment en promouvant les financements mixtes ; et renforcer les capacités nationales et régionales pour concevoir des politiques, mobiliser des ressources et fournir les services.
