Redynamiser la croissance en Afrique subsaharienne : des réformes pour tirer parti du secteur privé

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Le présent chapitre de l’édition d’avril 2026 des Perspectives économiques régionales : Afrique subsaharienne est le fruit du travail d’une équipe du FMI composée de Grace Li (cheffe d’équipe), Hicham Bennouna, Balazs Stadler, Fiona Hesse-Triballi et Amirah Arifin, sous la direction de Nikola Spatafora et Constant Lonkeng.

La croissance économique en Afrique subsaharienne reste trop faible pour assurer une convergence des revenus, en raison des niveaux obstinément bas de la productivité et des difficultés à opérer une transition vers un modèle de croissance tiré par le secteur privé. Les épisodes de forte croissance observés par le passé — souvent le fait d’un cycle haussier des cours des produits de base ou de l’accélération des investissements publics — se sont révélés transitoires. Il en résulte que l’État est le principal moteur de croissance dans un contexte d’augmentation de la dette publique, de renchérissement de l’emprunt et de recul de l’aide au développement. Ce modèle de croissance n’est plus viable.

En revanche, la mise en œuvre de réformes est porteuse de gains substantiels. D’après les analyses des services du FMI, en comblant la moitié de l’écart avec les pays émergents dans des domaines « fondamentaux » (gouvernance, réglementation des affaires, secteur extérieur), l’Afrique subsaharienne pourrait voir sa production augmenter de jusqu’à 20 % sur un horizon de 5 à 10 ans, à condition de préserver la stabilité macroéconomique. Ces gains pourraient être générés à la faveur d’un surcroît d’investissement, d’une hausse de la productivité et d’un relèvement du taux d’activité. Les réformes de la gouvernance sont particulièrement fructueuses à long terme, dans la mesure où elles offrent des chances égales à tous les acteurs, favorisent le respect des obligations fiscales et renforcent les capacités de l’État.

Cependant, le succès des réformes tient autant à la manière dont elles sont conçues et appliquées qu’au choix des réformes retenues. À cet égard, il est indispensable que les pouvoirs publics s’attaquent aux réformes fondamentales en premier. De même, le regroupement des réformes complémentaires, l’évaluation de leurs effets redistributifs, et l’adaptation de leurs ambitions aux capacités institutionnelles s’avèrent essentiels. La réforme des entreprises publiques, en particulier dans les infrastructures, est primordiale pour abaisser les coûts, attirer les investissements privés et maîtriser les risques pour les finances publiques.

Pour l’avenir, les pays de la région doivent adapter leurs stratégies de mise en œuvre des réformes au contexte national : ceux qui disposent d’importantes capacités de mise en œuvre devraient conduire des ensembles complets de mesures ; ceux dont l’État dispose de moins de moyens gagneraient à privilégier des réformes de gouvernance essentielles, qui portent rapidement leurs fruits ; enfin, les pays riches en ressources naturelles devraient œuvrer en faveur de la transparence et renforcer la gestion de leurs recettes. À l’heure où la région gagne en stabilité sur le plan macroéconomique, les conditions d’un nouvel élan réformateur sont réunies. Lorsqu’elles s’inscrivent dans un contrat social crédible, qu’elles font l’objet d’une communication claire et d’une appropriation par l’ensemble de la société, les réformes de l’offre présentant un bon rapport coût–efficacité sont susceptibles de favoriser une croissance créatrice d’emplois et tirée par le secteur privé, et de permettre à la région de tirer parti de son dividende démographique.

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