Paluku accuse Kabila d’avoir « sacrifié la souveraineté » au profit de Kagame
L’ancien gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku Kahongya, a vivement mis en cause Joseph Kabila dans une tribune publiée ce dimanche, l’accusant d’avoir compromis la souveraineté de la République démocratique du Congo au profit du président rwandais Paul Kagame.
Ancien cadre du Front commun pour le Congo (FCC) et actuel ministre de l’Industrie, Julien Paluku estime que les sanctions prises par l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) contre Joseph Kabila dépassent le cadre administratif. Selon lui, elles seraient l’aboutissement d’enquêtes approfondies portant notamment sur des faits présumés de blanchiment d’argent, de corruption et de financement occulte de groupes armés opérant dans l’Est du pays.
Dans son argumentaire, Paluku évoque une “jonction” entre l’ancien chef de l’État et la rébellion de l’Mouvement du 23 mars (M23), qu’il considère désormais comme une “réalité géopolitique”. Il accuse également Joseph Kabila d’avoir conclu, de longue date, des accords secrets avec Paul Kagame, au détriment des intérêts nationaux.
Pour étayer ses propos, il cite plusieurs épisodes marquants. D’abord, l’arrestation en 2009 de Laurent Nkunda au Rwanda, suivie de l’opération Umoja Wetu, qui avait permis l’entrée de troupes rwandaises sur le territoire congolais. Ensuite, la reddition en 2013 de Bosco Ntaganda à l’ambassade américaine à Kigali, que Paluku juge difficilement explicable sans une coordination entre Kinshasa et Kigali.
Enfin, il critique la “déclaration de fin de guerre” intervenue en 2014, après la défaite militaire du M23 face aux Forces armées de la RDC en novembre 2013. Selon lui, cette démarche aurait visé à atténuer la portée de cette victoire pour préserver certains équilibres régionaux.
En conclusion, Julien Paluku appelle les soutiens de Joseph Kabila à “se raviser”, estimant que les éléments désormais disponibles confirment une proximité durable entre l’ancien président congolais et les réseaux rebelles actifs dans l’Est du pays.
