En vérité, la RDC n’a que 7 mois pour présenter aux USA une Constitution intégrant les exigences du deal minier !

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« Dans le partenariat, les Américains nous ont exigé certaines réformes qui doivent se faire au niveau de la justice. Ces réformes ne se feraient pas sans réviser la Constitution_ ».

Référendum ou élections : Même personnel, même logistique…

La déclaration de Félix Tshisekedi coupe court à toutes les gesticulations en d’observation autour de la Constitution partagée désormais entre la révision et le changement. En d’autres termes, toutes les forces politiques et sociales opposées au deal minier RDC-USA s’exposent à des sanctions ! Seulement voilà : si on peut organiser un référendum pour la Constitution, et encore en temps de guerre, c’est qu’il est aussi possible d’organiser les élections en 2028 ! Après tout, l’organisation matérielle est la même en termes de listes et de cartes électorales, des lieux et dates de la consultation, de quantité et de qualité d’urnes, de quantité de bulletins de vote et d’isoloirs avec ou sans machines à voter, de présence d’observateurs, de déploiement de témoins et de comptage de voix, de dispositif sécuritaire, de couverture médiatique et, bien entendu, de ressources humaines. Bref, révision ou changement, c’est le même personnel, la même logistique, presque le même coût…

Dans la situation d’un certain Mobutu entre 1990-1997

De la tenue des élections, Félix Tshisekedi déclare exactement ceci par rapport à l’échéance de 2028 : _ »Si on ne peut pas terminer cette guerre, malheureusement, on ne pourra pas organiser les élections en 2028_ ». De même, s’appuyant sur l’Ukraine, il affirme : _ »On ne va pas les organiser sans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu_ », avant d’ajouter :_ »Mais ce ne sera pas parce que j’ai refusé de les organiser_ ».

Sa logique se veut d’une clarté implacable : pas de paix, pas d’élection, quand bien même il y a le précédent *Bunagana* lors des échéances électorales de 2023. Pour rappel, cette cité à la frontière avec l’Ouganda est depuis le 13 juin 2022 sous administration, pardon sous occupation « RDF-AFC-M23″, pour respecter le narratif institutionnel.

Seulement voilà : cette logique a pour tendon d’Achille ou ventre mou le *timing*.

En effet, le référendum pour la Constitution doit être organisé plus tôt pour permettre au Président de la République de la promulguer au plus tard le 20 janvier 2029 (date d’investiture). A moins de faire valoir l’alinéa 2 de l’article 70 de la Constitution, suffisamment tournée en dérision, selon lequel _ »A la fin de son mandat, le Président de la République reste en fonction jusqu’à l’installation effective du nouveau Président élu_ » !

Ce qui est vrai, c’est que pour qu’il soit organisé, le référendum requiert la *paix totale* sur toute l’étendue du pays, rappelle Félix Tshisekedi. Ce qui ne sera possible qu’en obtenant le concours de la Monusco pour les territoires sous occupation RDF-AFC-M23 et, évidemment, l’accord de cette coalition.

Or, Félix Tshisekedi reconnaît lors de sa conférence de presse qu’il ne sait pas à et pour quand la fin de la guerre.

Par voie de conséquence : pas de paix veut dire pas de référendum pour la Constitution, et pas ce référendum veut dire pas de Nouvelle Constitution, et pas de Constitution veut dire pas d’Elections !

C’est le partenariat avec Washington

Certes, pour Félix Tshisekedi *Président de la République*, il n’y a aucun problème. Il a la garantie de rester en poste sur base de l’alinéa 2 du fameux article 70 rappelé ci-dessus.

L’évidence est que le chef de l’Etat se retrouvera dans la situation d’un certain maréchal Mobutu entre 1991 (échéance de son troisième et dernier septennat) et 1997 (année de la chute du régime Mobutu au moyen d’une guerre).

Et là, il devra céder la primature à l’opposition pour un « Samy Badibanga 2 » ou un « Bruno Tshibala 2″.

Preuve qu’il ne sera pas sorti de l’auberge.

Pourtant, il doit absolument le faire et *encore vite*. Car, si on se réfère à l’Accord de Partenariat Stratégique entre les États-Unis et la RDC signé à Washington le 4 décembre 2025, Kinshasa a *jusqu’au 4 décembre 2026 pour entreprendre les réformes judiciaires et constitutionnelles y préconisées !*

C’est à l’article XII (CADRE FISCAL ET RÉGLEMENTAIRE) où il est clairement spécifiée :_ »La République démocratique du Congo s’engage à modifier, dans un délai de douze (12) mois à compter de l’entrée en vigueur du présent Accord, la loi n°13/005 du 11 février 2014 relative au régime fiscal, douanier, parafiscal, des recettes non fiscales et des changes applicable aux accords de collaboration et au projet de coopération, et à entreprendre toutes réformes législatives et constitutionnelles dans un délai maximal de douze (12) mois afin d’aligner son cadre juridique sur les dispositions pertinentes du présent Accord…_ »

Si cela ne se fait pas, il faut redouter l’ire du locataire de la Maison Blanche à l’endroit du responsable du retard qui pourrait ne plus être Paul Kagame, Joseph Kabila ou Corneille Nangaa (déjà sous sanctions) mais « Kinshasa » !

Aussi, de la conférence de presse de Félix Tshisekedi le 6 mai 2026, la vérité unique à retenir au sujet de la Constitution n’est ni le troisième mandat, ni les élections, encore moins la guerre qui ne sont que des éléments du décor. *C’est le partenariat avec les États-Unis*.

Le chef de l’Etat le déclare à haute voix dans la phrase reprise en sous-titre avec cet ajout, s’agissant de la Constitution : _ »Donc, vous allez nous interdire de la réviser parce qu’il y a deux pelés et trois tondus qui ne veulent pas qu’on touche à la Constitution et on va condamner tout un pays, une nation, pour faire plaisir aux deux pelés et trois tondus_ ». (NDLR : qualificatifs insultants dont le sens figuré exprime la saleté, la pauvreté, la méchanceté, la malhonnêteté ou la culpabilité, selon le dictionnaire).

Kinshasa sous pression des Américains !

Entre soit procéder à la révision prévue aux articles 218 et 2019 sans nécessiter un référendum, soit procéder au changement de la Constitution imposant le référendum, le choix des autorités congolaises est clair. C’est la *révision*.

Et c’est là le casse-tête chinois.

En effet, étant pour le changement, Kinshasa cherche à faire d’une pierre deux coups : profiter du deal américain pour aller de l’une à l’autre sans lequel le 3ème mandat est impossible.

Calcul de collégien : d’ici au 4 décembre 2026, il reste juste *7 mois* ! Sept trop petits mois.

Or, la Céni se désole de n’avoir pas un budget conséquent pour une consultation au niveau national.

La quadrature du cercle se devine : comment financer le référendum d’ici à décembre 2026 dans un pays en guerre et ne pas organiser des élections, dans les mêmes conditions, au plus tard le 20 décembre 2028 !

À dire vrai, c’est Kinshasa qui est désormais sous pression des États-Unis ! Car, il va lui falloir révéler au public un Accord complet avec ses annexes. Entendez *faire sauter la clause de confidentialité* !

C’est à l’article XVII.

De quoi s’arracher les cheveux…

PROCHAINEMENT : _Le trio « FCC-PPRD-SLC » survivra-t-il aux sanctions américaines à l’encontre de Joseph Kabila ?

Omer Nsongo die Lema

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