Le « FCC-PPRD-SLC » survivra-t-il aux sanctions américaines à l’encontre de Joseph Kabila ?
Question légitime dans le contexte actuel quand on sait que le Pprd est sous menace de radiation ; ses responsables principaux sont « neutralisés » et, maintenant, son leader est sous sanctions économiques américaines…
Faut-il se résigner à la fatalité ?
Dans la livraison n°2026-038 du 24 avril 2026 intitulée « À quoi rime cette ‘désintellectualisation’ doublée de décrédibilisation délibérée de l’Udps, et encore maintenant ! », la chronique « BALISES » a rappelé le sort des partis politiques congolais après exercice du Pouvoir d’État. Constat fait au sujet d’abord de l’Udps : _ »Né en février 1982 des relations compliquées au sein du Mpr Parti-Etat, il est à l’article de la mort pour ses stratèges qui savent que l’après-Pouvoir n’est pas facile à vivre si on n’y est pas bien préparé_ ». Constat fait ensuite au sujet des autres partis : _ »C’est arrivé au Mnc et à l’Abako sous la Première République, au Mpr sous la Deuxième République, au Palu sous la Troisième République ; c’est en train d’arriver au Pprd. Quant à l’Udps, il est condamné de la manière la plus dure : son élite déserte le débat politique, confirmant le principe monétaire ‘La mauvaise chasse la bonne’. Grosse désillusion…_ ». Faut-il cependant se résigner à la fatalité ?
La décision appartient à Joseph Kabila seul
Pas du tout. Rien, en effet, n’exclut la possibilité pour l’Udps de survivre à la fin du mandat de Félix Tshisekedi ou d’un autre udepesien comme c’est le cas de l’ANC en Afrique du Sud.
Ce qui est valable pour le parti présidentiel actuel l’est aussi pour l’ex-parti présidentiel en raison de sa capacité avérée de transformer en opportunités les infortunes qu’il subit ces deux dernières années.
Pour ce faire, la décision appartient à Joseph Kabila seul. Il a le choix entre :
-d’un côté, renoncer à ses ambitions politiques (de ce fait, laisser tomber, mieux laisser sombrer le PPRD ainsi que les plateformes FCC/SLC, et,
-de l’autre, résister en ne lâchant pas prise, c’est-à-dire maintenir son leadership sur ces structures politiques.
C’est vrai que l’adversaire a du poids. Pour l’instant, ce n’est ni l’UDPS, ni l’USN. C’est plutôt l’ « administration Trump ».
Cependant, le premier avantage – contrairement à ce qu’on en pense ou on en dit – est que l’Amérique n’est pas une société fermée, impériale. Elle a parmi les leviers de son fonctionnement des « lobbies ». Contrairement à ce qu’on en pense ou on en dit, Joseph Kabila compte parmi ses proches des Congolais et des étrangers (même des Occidentaux) ayant des entrées dans l’establishment yankee. Sans doute qu’ils sont déjà mobilisés.
Contrairement à ce qu’on en pense ou on en dit, les États-Unis détestent – même s’ils ne le manifestent pas ouvertement – les pays, les régimes et les leaders « pleurnichards qui vivent du maternage ». Par contre, même s’ils ne le disent pas non plus ouvertement, ils ont de l’estime, de la considération pour les pays, les régimes et les leaders qui leur « résistent », surtout quand ils sont dans leur bon droit.
Contrat Sino-Congolais et nouveau Code minier
Certes, le reproche fait souvent à Joseph Kabila par l’Occident est celui de la signature, en 2008, du * »contrat sino-congolais »* et de la promulgation, en 2018, du * »Nouveau Code minier »*.
L’espace n’est pas approprié pour aborder ces deux sujets en profondeur. Au moins, la vérité à rétablir est que sans le contrat sino-congolais conclu en 2008, le Congo privé déjà de coopération structurelle depuis les années 1990 et privé d’investissements solides depuis les années 1970-1980, aurait peut-être cessé d’exister.
Or, la formule * »Minerais en contrepartie des Infrastructures de base »* avait été initialement proposée aux Occidentaux qui n’en avaient pas voulu. C’est ainsi que Eduardo Dos Santos, à l’époque président de l’Angola, avait conseillé son homologue congolais Joseph Kabila de regarder du côté de la Chine.
De même, sans le Nouveau Code Minier, le Congo peinerait à tripler, voire à quadrupler ses recettes budgétaires.
Bref, sans l’un et l’autre, la RDC aurait cessé d’être attractive et fréquentable comme pays.
Seule la connexion « FCC-PPRD-SLC » en a la capacité
Aussi, peu importe ce qu’on en pense ou qu’on en dise : autant que les transfuges de l’AMP, de la MP et du FCC ayant rejoint l’USN, les transfuges de l’ASD et du RASSOP aujourd’hui aux côtés de Joseph Kabila tout comme les fidèles parmi les fidèles du « Raïs » ont * »tous contribué d’une manière ou d’une autre au sauvetage et à la sauvegarde du pays condamné depuis 1990 à la disparition »* pendant que bon nombre de leaders s’y opposaient.
Cette page de l’Histoire de la RDC, l’administration Trump est censée la connaître. Tout comme elle peut l’ignorer.
Dans la seconde éventualité, il faut bien qu’elle l’apprenne. Singulièrement la partie 1990-2026.
Pour l’heure, en dehors de quelques forces politiques et sociales qui ne se reconnaissent pas dans Joseph Kabila ni dans Félix Tshisekedi, seul le FCC-PPRD-SLC » a la capacité de le faire au travers d’un lobbying bien conçu, dépassant la bataille des egos en cours, bataille qui se révèle contre-productive à tous points de vue.
Rien d’acquis
Ce devoir est de loin important comparé aux sanctions économiques *amovibles* infligées à l’ancien chef de l’Etat. Amovibles parce que le 27 février 2026, la même administration Trump a suspendu les sanctions prises en 2023 à l’encontre de trois responsables politiques maliens par l’administration Biden !
C’est ça l’Amérique. Pays n’ayant à proprement parler pas d’amis. Il lui arrive, d’ailleurs, d’écraser ses « amis » pour plaire à ses « ennemis », surtout quand il découvre la tentative des « premiers » de vouloir lui arracher le bras alors qu’il leur tend juste la main. Si l’Amérique venait à se découvrir en pleine instrumentalisation (lire en épouvantail ou en Père Fouettard), elle n’hésiterait pas à organiser la « remontada » en faveur des « ennemis ».
Moralité : avec Washington, il n’y a rien d’acquis !
PROCHAINEMENT : _ »Pour le deal minier avec les États-Unis, Félix Tshisekedi parle de RÉVISION et non de CHANGEMENT de la Constitution !_ »
Omer Nsongo die Lema
