Nord-Kivu : La Monusco clôture un atelier de renforcement des mécanismes communautaires à Lubero
La Mission de l’Organisation des Nations-unies pour la Stabilisation en République démocratique du Congo à travers le partenaire d’exécution du projet de protection de la Section des Affaires civiles « Great Lakes Human Rights Programme (GLHRP) », et en collaboration avec les autorités locales et la société civile, a organisé un atelier de deux jours consacré au renforcement des mécanismes communautaires d’alerte et de réponse à Lubero-Centre, dans la province du Nord-Kivu. L’objectif : améliorer la gestion des alertes précoces et la réponse aux menaces de protection dans le territoire de Lubero.
Au total, 51 participants, dont 11 femmes, ont pris part aux travaux. Ils représentent un large éventail d’acteurs, notamment les autorités locales, les forces de défense et de sécurité, la société civile, les jeunes, les femmes, les médias et les communautés locales.
Présidant la cérémonie d’ouverture, le Conseiller juridique de l’Administrateur militaire du territoire de Lubero a salué la tenue de cet atelier, soulignant son importance dans le contexte actuel. Il a indiqué que cette initiative « offre une opportunité de réfléchir collectivement pour trouver des solutions durables face aux défis sécuritaires et de protection », tout en appelant à « des échanges francs, libres et constructifs ».
Les discussions ont permis de faire le point sur la situation sécuritaire dans la zone, jugée relativement calme, bien que marquée par des défis persistants, notamment la confusion entre certains groupes armés et des groupes dits d’autodéfense. Les participants ont également reconnu l’impact négatif de la désinformation sur les dynamiques de protection.
Non à la désinformation
Pour John Kambale Binakosa, coordinateur de l’ONG AJADERU, Action des Jeunes pour l’Assistance et le Développement Rural, et président d’un comité local de protection, cet atelier constitue une étape importante dans le renforcement des capacités locales :
« Cette activité visait à renforcer les capacités des acteurs locaux sur les mécanismes de protection communautaire et à améliorer leur aptitude à prévenir et répondre aux menaces contre les civils, notamment dans un contexte de transition et d’insécurité ».
Il a également insisté sur la nécessité de lutter contre la désinformation, qu’il considère comme un facteur aggravant des crises :
« La désinformation tue et freine les efforts de protection. Il est essentiel que les communautés s’approprient les acquis de cet atelier, en alertant à temps et en évitant la propagation de fausses informations, notamment sur les réseaux sociaux ».
Les jeunes ont également pris une part active aux échanges. Eric Sikuli, président du Conseil communal de la jeunesse de Lubero-Centre, a souligné la pertinence des thématiques abordées :
« Nous avons identifié les principales menaces à la protection des civils et mieux compris le mandat de la MONUSCO dans sa phase de transition. Il est important que la population puisse alerter efficacement et obtenir des réponses rapides de la part des autorités ».
Les travaux ont porté notamment sur la structuration des alertes locales, les rôles et responsabilités des différents acteurs, ainsi que les défis liés au passage de l’alerte à une réponse effective.
Cet atelier constitue ainsi un cadre de dialogue, de coordination et de renforcement des capacités, contribuant à améliorer la protection des civils et à renforcer la résilience des communautés dans le territoire de Lubero.
Maki Barack Patrick depuis Beni
