Dans une série de déclarations rendues publiques ces derniers jours sur les réseaux sociaux, l’homme politique Germain Kambinga a réitéré son opposition à toute initiative de dialogue politique qu’il estime susceptible de fragiliser les institutions de la République. À travers deux prises de position successives, il plaide plutôt pour un rassemblement des compétences nationales autour du Président de la République afin de faire face aux défis sécuritaires et politiques auxquels est confrontée la République démocratique du Congo.
La première intervention de Germain Kambinga intervient dans un contexte où plusieurs initiatives de concertation nationale sont évoquées par différents acteurs politiques et religieux. Selon lui, un nouveau dialogue politique risquerait d’affaiblir davantage les institutions démocratiques plutôt que de contribuer à leur consolidation.
L’ancien ministre considère que les précédents dialogues organisés au cours des trois dernières décennies n’ont pas permis d’apporter une solution durable à l’insécurité persistante dans l’Est du pays. À ses yeux, relancer un processus similaire reviendrait à reproduire des mécanismes dont les résultats sont restés limités face à l’ampleur des défis sécuritaires.
Dans son message, Germain Kambinga exprime également la crainte qu’un tel cadre de concertation puisse offrir une légitimité politique accrue aux groupes armés opérant dans l’Est de la République démocratique du Congo, notamment au M23. Il estime qu’une telle évolution pourrait compliquer davantage les efforts entrepris pour restaurer l’autorité de l’État dans les provinces affectées par le conflit.
L’homme politique met également en garde contre ce qu’il qualifie de risque de renforcement d’une opposition qu’il juge dépourvue de légitimité populaire. Selon son analyse, certaines forces politiques pourraient utiliser un dialogue national comme une tribune pour remettre en cause les institutions issues du processus électoral, au détriment de la stabilité du pays.
Dans une seconde publication, Germain Kambinga précise davantage sa vision de la sortie de crise. Tout en rejetant le format de dialogue proposé dans le cadre du « Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble », porté par la CENCO et l’ECC, il affirme que la solution résiderait plutôt dans une démarche de rassemblement impulsée directement par le Chef de l’État.
À son avis, le Président de la République dispose de la capacité de fédérer autour de lui les personnalités les plus compétentes et les plus expérimentées de la classe politique congolaise. Une telle approche permettrait, selon lui, de constituer un large front national fondé sur les compétences, l’expérience et le sens de l’intérêt général, sans passer par un dialogue politique formel.
Pour Germain Kambinga, cette dynamique favoriserait une meilleure mobilisation des ressources humaines du pays afin de répondre efficacement aux défis sécuritaires, diplomatiques et économiques auxquels la RDC est confrontée. Il estime qu’une union des intelligences nationales constituerait un signal fort de cohésion face aux menaces qui pèsent sur la souveraineté du pays.
Cette position s’inscrit dans un débat plus large qui anime actuellement la scène politique congolaise. Alors que certains acteurs considèrent le dialogue comme un instrument privilégié de résolution des crises politiques, d’autres privilégient le renforcement des institutions existantes et la consolidation de l’autorité de l’État sans recourir à de nouvelles concertations nationales.
Les déclarations de Germain Kambinga illustrent ainsi les divergences d’approche qui traversent la classe politique sur les mécanismes à privilégier pour restaurer durablement la paix et renforcer la cohésion nationale. Elles témoignent également de l’importance accordée aux questions de gouvernance, de sécurité et de souveraineté dans les débats actuels.
À travers ces deux interventions, l’ancien ministre défend une ligne politique axée sur la préservation des institutions, le refus de toute initiative qu’il estime susceptible de fragiliser la démocratie et l’appel à un leadership rassembleur autour du Président de la République. Selon lui, la mobilisation des compétences nationales et le renforcement de l’unité politique constituent des conditions essentielles pour relever les défis auxquels la République démocratique du Congo est confrontée et consolider durablement la stabilité du pays.
Corinne Ontande
