Jules Alingete révèle que l’IGF a frôlé la disparition avant l’arrivée de Félix Tshisekedi au pouvoir
L’Inspection générale des finances (IGF), aujourd’hui considérée comme l’un des principaux remparts contre la corruption et le détournement des deniers publics en République démocratique du Congo, a traversé une période particulièrement critique avant l’accession au pouvoir du président Félix Tshisekedi. C’est ce qu’a révélé Jules Alingete Key, inspecteur général des finances chef de service émérite, lors du lancement du séminaire de renforcement des capacités destiné aux partenaires des médias et de la société civile.

Organisée sous l’impulsion de l’actuel Inspecteur général des finances – Chef de service, Christophe Bitasimwa Bahii, cette rencontre vise à renforcer l’accompagnement communicationnel du Plan stratégique 2026-2028 de l’IGF et à consolider le partenariat avec les acteurs de la société civile et les professionnels des médias.
Dans son intervention, Jules Alingete est revenu sur les difficultés qui ont marqué l’institution entre 2012 et 2020. Selon lui, l’IGF a été progressivement affaiblie par l’absence de recrutement, le manque de moyens financiers et le vieillissement de son personnel.

« Le recrutement lancé en 2012 est resté bloqué pendant huit ans. Lorsque je suis arrivé à la tête de l’Inspection générale des finances, les inspecteurs les moins âgés avaient environ 50 ans et les plus âgés plus de 60 ans », a-t-il expliqué devant les participants.
Pour l’ancien patron de l’IGF, cette situation n’était pas le fruit du hasard. Il estime que plusieurs facteurs concouraient à l’affaiblissement de cette institution stratégique chargée du contrôle des finances publiques.
« Tout était fait pour faire disparaître l’Inspection générale des finances », a-t-il affirmé, soulignant que l’institution souffrait également d’un déficit chronique de financement qui limitait fortement ses capacités opérationnelles.
Face à ce risque de disparition, Jules Alingete affirme avoir engagé, avec l’appui des nouvelles autorités issues de l’alternance politique de 2019, un vaste chantier de redynamisation de l’IGF. La volonté politique exprimée par le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo de faire de la lutte contre la corruption une priorité nationale a permis à l’institution de retrouver progressivement ses moyens d’action.

Grâce à cette nouvelle dynamique, l’IGF a pu relancer le recrutement de nouveaux inspecteurs, renforcer ses capacités d’intervention et étendre ses missions de contrôle à travers le pays. Les opérations de contrôle a priori, les audits et les enquêtes financières menées ces dernières années ont contribué à la préservation de plusieurs milliards de francs congolais destinés au Trésor public.
S’adressant aux représentants des médias et de la société civile, Jules Alingete a insisté sur le rôle essentiel qu’ils jouent dans la promotion de la transparence et de la bonne gouvernance. Il les a appelés à demeurer des partenaires vigilants dans la lutte contre la corruption et les détournements des ressources publiques.
Le séminaire ouvert ce lundi à Kinshasa s’inscrit dans la volonté de l’IGF de renforcer ses liens avec ses partenaires stratégiques afin de consolider les acquis enregistrés depuis 2020 et de poursuivre les réformes engagées pour une gestion plus rigoureuse des finances publiques en République démocratique du Congo.
Par Didier Mbongomingi
