Arrêtons de nous ridiculiser en entrant en conflit avec la logique : on ne peut pas imputer à quelqu’un qu’on met d’office hors-jeu la responsabilité du refus de compétir. Ce narratif ne tient pas la route…
La solution est « sur l’autel de Dieu»
«Nos deux Églises, qui ont une respectabilité, une notoriété nationale et internationale, ne vont pas s’engager dans une affaire pour aller perdre le prestige de leur existence ». Aussi claire que nette, l’affirmation est du pasteur Eric Senga de l’ECC faite sur Space live de Stanis Bujakera le lundi 20 juillet dernier. Sur actualite.cd, ces propos sont complétés par d’autres, tous de même portée.
Par exemple : « La vérité est que l’intention politique n’est pas forcément l’intention morale ou spirituelle. En politique, ce sont des calculs ». Ou : »Le plus important, c’est comment nous mettons en place un mécanisme de sécurisation collective». De la nature même du Dialogue, le pasteur déclare : «Il ne faut pas considérer ce processus comme le processus du président Tshisekedi. Il a simplement les prérogatives constitutionnelles de convoquer […] parce qu’il est le garant de la nation. Mais c’est le processus des Congolais, de vous et moi et les autres». Il circonscrit l’engagement des Églises catholique et protestante dans «un sens des mesures, un sens des prudences, un sens d’objectivité et aussi des responsabilités pastorales», avant de conclure que dans une nation aussi foncièrement croyante que l’est la RDC et au regard des dimensions de la crise, la solution n’implique «ni les politiciens, ni l’armée, ni l’Occident, ni les Nations Unies, ni Doha, ni Washington ». Elle est « sur l’autel de Dieu ».
Patience des catholiques et des protestants
Sur l’autel de Dieu – aucun des pasteurs se réclamant de Félix Tshisekedi ne dira le contraire – il y a cette terrible sentence de Jésus Christ en Matthieu 5:43-45 : »Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi. Mais moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes ».
Tout compatriote qui se dit de foi chrétienne et qui se sait incapable de se l’appliquer ne comprendra rien du geste posé par le binôme CENCO-ECC en se rendant à Goma et à Kigali pour rencontrer les « pantins » et les « agresseurs ». Il ne comprendra rien non plus de la dimension de la patience des Catholiques et des Protestants. Entre le 15 janvier 2025 (date de publication du « Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble en RD Congo et dans les Grands Lacs ») et le 17 juillet 2026, (date de réception du feu vert pour préparer le terrain en vue du Dialogue national), ces Ministres de Dieu ont attendu l’heure de la « visitation », supportant une campagne de diabolisation horrible soutenue – chose incroyable – par des prêtres et des pasteurs avec un acharnement d’un degré jamais connu au pays !
Oui, des pasteurs ont insulté des pasteurs !
Il faut avoir un esprit obtus pour croire, après toute l’opprobre déversée sur sa personne, avoir converti Fridolin Ambongo au messianisme udepesien ayant pour credo l’agression rwandaise.
De celui qui a plus, on demande toujours plus
Car, imaginons un seul instant que contraintes de préserver leur respectabilité, leur notoriété nationale et internationale, et ne pouvant s’engager dans une affaire pour aller perdre le prestige de leur existence, la CENCO et l’ECC en viennent à rendre le tablier !
On ne pourra pas accuser C64. Le cardinal Fridolin Ambongo a réussi à lui faire renoncer la marche du 22 juillet 2026.
On ne pourra pas non plus accuser l’AFC-M23, ni Joseph Kabila. Ils sont officiellement interdits d’accès au Dialogue.
Par conséquent, l’intransigeance pourrait venir du Pouvoir appelé à manifester un esprit coopératif à l’égard de la « médiation CENCO-ECC ».
Autrement, on ne voit pas qui se substituerait à celle-ci pour la relève !
C’est prévisible : c’est à ce moment précis qu’on verra se défiler Evariste Ejiba, Dodo Kamba, Pascal Mukuna, François et Léonard Mutombo, Godé Mpoyi et Blaise Kanda, abandonnant Félix Tshisekedi se débrouiller seul.
Seul parce que Addis-Abeba, Luanda, Lomé, Brazzaville, Bujumbura, Kampala, Nairobi, Dar es Salaam et Harare vont regarder ailleurs pendant que Doha et Washington se diront « bon débarras ! »
À « BALISES », nous ne cessons de le dire parce que c’est un principe universel établi : de celui ou à celui qui a plus, on demande toujours plus !
De tous les protagonistes congolais en conflit politique et/ou armé, le Pouvoir a plus que l’Opposition (politique ou armée) et la Société civile réunies.
Étant aujourd’hui aux affaires, l »Udps ne doit pas pratiquer l’amnésie. Pour mémoire :
1.entre1990 et 1997, sa stratégie politique consistait à dépouiller le plus possible Mobutu.
2.entre 1997 et 2001, il s’etait organisé pour dépouiller le plus possible Laurent-Désiré Kabila.
3.de 2001 à ce jour, sa stratégie est de laminer le plus possible Joseph Kabila.
Le parti présidentiel devra se préparer au retour de manivelle avec un esprit d’anticipation bien réfléchi.
Autrement…
Une bonne décision prise tard devient une mauvaise décision
Malheureusement, il s’y prend mal en se trompant de terrain et d’époque.
Vitrine du binôme CENCO-ECC, Fridolin Ambongo n’est pas une âme gagnée par Félix Tshisekedi comme le suggestionnent Patrick Muyaya et Thierry Monsenepwo.
La vérité drue et crue est que, pour le moment, le sort du chef de l’Etat via le Dialogue est entre les mains du cardinal.
La condition posée plus par l’Udps que par l’Usn (reconnaissance préalable de l’agression rwandaise avant de participer au Dialogue) n’a aucun sens à ses yeux tant que le Pouvoir est lui-même dans l’impossibilité de fournir la preuve de l’existence du mot « agression » dans les Accords, les Communiqués et les Déclarations cosignés de 2022 à 2025 dans le cadre des Processus de Nairobi, Luanda, Dar es Salam, Harare, Doha et Washington avec soit le M23, soit le Rwanda. Il n’y en a pas. Même dans les dernières Résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, nulle part le terme « agression » n’est repris. Ceci de un.
De deux, Fridolin Ambongo n’acceptera jamais d’hypothéquer le « Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble » présenté aux partenaires nationaux, régionaux et internationaux, document remis en mains propres le 15 juin 2025 au Président de la République.
Pour ce Pacte, le Dialogue sera inclusif. C’est tout.
Après tout, le titre du Plan Tshisekedi est « États généraux de la Refondation de l’État pour le Salut de la Patrie ». Comment peut-on envisager la Refondation de l’Etat avec pour matière unique l’ agression rwandaise pendant que le pays est confronté à différents problèmes structurels d’ordre politique, économiques et social, problèmes dont certains remontent à l’époque coloniale ? Comment réussir la Refondation du Pays en frappant d’otracisme certains compatriotes sans soupçonner la peur ou la gêne du déballage ?
Ne pouvant que prôner pour sa chapelle, « BALISES » rappelle son projet intitulé « États Généraux de la République pour la ré-création et la re-fondation du Congo » ; l’objectif à court terme étant le Centenaire de l’indépendance en 2060″.
Occasion de rappeler la sentence de l’américain Lido Anthony Iacocca ou Lee Iacocca : « Une bonne décision prise tard devient une mauvaise décision ».
Celle de Félix Tshisekedi du 17 juillet 2026, on peut se le dire en toute honnêteté, l’est puisque le chef de l’État a fait traîner des choses pour rien, oubliant qu’il est d’abord dans son acquis (second et dernier mandat) avant de se projeter sur ce qu’il espère avoir !
Omer Nsongo die Lema
