Ma réflexion après le colloque sur la révision ou le changement de la constitution de la RDC

Fierté, reconnaissance et responsabilité
Je ressors de ce colloque avec un profond sentiment de fierté, de reconnaissance et surtout de responsabilité envers notre pays, la République démocratique du Congo.
Je tiens tout d’abord à remercier notre UDPS/Tshisekedi, Fédération du Canada de nous avoir offert cette occasion de réfléchir collectivement à l’avenir institutionnel de notre pays. Ma reconnaissance va particulièrement à notre Représentant fédéral, Me François Kasenda, ainsi qu’au SNRE Tshibuyi et au Président a.i. Augustin Kabuya, pour cette opportunité de raisonner ensemble sur une question aussi fondamentale que la réforme ou le changement de la Constitution de notre très cher pays.
Une expérience humaine, scientifique et patriotique
Ce colloque représentait pour moi une première expérience de travail aussi approfondi avec des scientifiques, juristes, intellectuels, professionnels et patriotes congolais qui tiennent à cœur de contribuer au développement de leur pays. Pendant plusieurs mois, nous avons travaillé en équipe sur Zoom : discussions, recherches, confrontations d’idées, rédaction et consolidation des travaux en sous-commissions.
Après ces mois de préparation, nous nous sommes enfin retrouvés en présentiel à Ottawa, capitale du Canada. Ce passage du travail virtuel à la rencontre physique a donné une dimension particulière à notre démarche : nous pouvions enfin partager directement avec une audience venue écouter, questionner et contribuer.
Une mobilisation congolaise à travers le Canada
Plusieurs sections et responsables se sont déplacés pour participer au colloque. Le Manitoba était notamment représenté par le président sectionnaire Christian Tshoya et Paul Kambaja au niveau fédéral; Saskatoon par le conseiller fédéral Charles Kahumbu; Calgary par Wivine; la Colombie-Britannique par le fédéral Gilbert Mputu; le Québec notamment par Sylvain Mfunyi et Mathieu; et Ottawa par son président sectionnaire Raphaël Nkuba.
Plusieurs cadres fédéraux ont également pris part à la rencontre, notamment Me Maguy, Kadima Lutonga, Maxime Kabeya, Christian Mukendi et Raymond Kashiba, ainsi que le premier Vice-Représentant Jean Emmanuel Ngandu, la deuxième Vice-Représentante Georgette Mukuna et notre Représentant fédéral Me François Kasenda. La participation ne s’est pas limitée à la salle: plusieurs personnes ont également suivi les travaux en ligne.

Une reconnaissance particulière aux membres organisateurs
La réussite de ce colloque n’aurait pas été possible sans plusieurs mois de préparation, de réunions sur Zoom, de recherches, de coordination, de mobilisation, de communications et de travail bénévole. Derrière les présentations et les échanges du 5 septembre se trouvait une équipe de femmes et d’hommes qui ont accepté de donner de leur temps, de leur expertise et de leur énergie pour faire de cette rencontre une réussite.
Je tiens donc à exprimer ma profonde reconnaissance aux membres organisateurs et collaborateurs, notamment: Me François Kasenda, Jean Emmanuel Ngandu, Georgette Mukuna, Aubin Katuku, Danny Kanyiki, Kadima Lutonga, Raymond Kashiba, Christian Tshoya, Alexis Pembe, Jacques Kabeya, Gilbert Mputu, Prof. Nickson Bondo, Bakris Bantembela, Julie Nyunga, Me Dieudonné Kandolo, MarieFrance Mwamba, Nyota Tchitala, Me Maguy Mujangi, Augustin Tshilumbayi, Dr Camille Ilunga, Prof. Marc Kapend, Raphaël Nkuba, Pierre Bertin Ngeleka, David Mbaya, Charles Kahumbu et Me Youyou.
À toutes ces personnes, je dis sincèrement merci. Certaines ont travaillé dans les sous-commissions et sur les contenus scientifiques; d’autres ont participé à la coordination, à la mobilisation des sections, à la logistique, aux communications, à l’accueil des participants ou encore au bon déroulement du programme. Chacune, à son niveau, a contribué à la réussite collective de ce colloque.
Cette expérience m’a également rappelé une chose essentielle: les grandes réalisations ne sont jamais l’œuvre d’une seule personne. Elles deviennent possibles lorsque des femmes et des hommes acceptent de mettre leurs compétences, leurs différences et leur temps au service d’un objectif commun.
Je tiens enfin à reconnaître toutes les personnes qui ont travaillé dans l’ombre et dont les noms pourraient involontairement ne pas apparaître dans cette liste. Leur contribution mérite la même reconnaissance et fait pleinement partie de l’histoire de ce colloque.
Des sous-commissions aux panélistes: un véritable travail d’équipe
Une grande partie de la réussite du colloque repose sur le travail effectué en amont par les différentes sous-commissions. Je tiens à reconnaître celles et ceux qui ont consacré leur temps à la recherche, aux discussions, à la rédaction et à la consolidation de nos réflexions. Parmi les personnes ayant contribué aux travaux et aux différentes étapes de préparation figuraient notamment le Prof. Nickson Bondo, le Prof. Marc Kapend, Aubin Katuku, Me Maguy Mbombo, Me Kandolo de la délégation d’Edmonton, Julie Nyunga et Christian Tshoya, ainsi que plusieurs autres membres de nos sous-commissions et de notre Fédération.
Nos panélistes ont ensuite eu la responsabilité de porter ces réflexions devant le public. J’ai été très fier de leur performance. Ils étaient bien préparés, compétents, articulés et brillants. Ils ont présenté les enjeux, expliqué les faiblesses identifiées dans notre système constitutionnel et répondu aux questions pertinentes de l’audience. Ce colloque était ainsi à la fois un exercice politique, scientifique, pédagogique et citoyen.
Une dimension spirituelle qui a donné du sens à la journée
Je garde également une profonde reconnaissance pour la dimension spirituelle de cette rencontre. Le colloque a commencé par une prière d’ouverture conduite par le Pasteur Charles. Ce moment de recueillement nous a rappelé que, malgré la diversité de nos opinions, nous étions réunis avec une responsabilité commune: rechercher ce qui peut contribuer à la paix, à l’unité et au bien-être de notre peuple.
À la fin de cette longue journée de réflexion et d’échanges, le Pasteur Alexis a conduit la prière de clôture. J’ai apprécié cette manière de commencer et de terminer notre rencontre dans le recueillement, la reconnaissance et l’espérance pour notre pays.
La présence de nos jeunes: un signe d’espoir
L’un des aspects qui m’a rendu particulièrement fier a été de voir nos jeunes et nos enfants participer au colloque. Certains étaient présents pour écouter et apprendre, tandis que d’autres se sont engagés comme bénévoles dans l’accueil, l’organisation et différentes tâches nécessaires au bon déroulement de l’événement.
Leur présence avait pour moi une signification particulière. Lorsque nous parlons de la Constitution, de la souveraineté et de l’avenir de la République démocratique du Congo, nous parlons précisément du pays que nous voulons leur léguer. Il est donc essentiel que la nouvelle génération ne soit pas seulement spectatrice, mais qu’elle apprenne progressivement à participer à la vie citoyenne et à prendre sa place dans la construction du Congo de demain.
Voir nos enfants et nos jeunes travailler aux côtés de leurs parents et des membres de la communauté m’a donné beaucoup d’espoir. La transmission de l’engagement patriotique commence aussi par ces expériences.
Réfléchir librement à la Constitution de notre pays
Je remercie également Son Excellence le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo d’encourager les Congolais à réfléchir à la Constitution de leur propre pays. Une démocratie doit permettre à ses citoyens de questionner leurs institutions. Une Constitution ne devrait être ni un texte intouchable ni un instrument que l’on modifie uniquement selon les intérêts momentanés des dirigeants. Elle doit avant tout servir le souverain primaire: le peuple congolais.
Personnellement, ce colloque a renforcé ma conviction que le moment est venu d’avoir une réflexion sérieuse sur notre souveraineté, notre gouvernance et l’avenir que nous voulons léguer aux prochaines générations. Notre histoire institutionnelle porte encore les traces de la colonisation, des conflits, des compromis politiques successifs et de rapports de force nationaux et internationaux. Nous devons donc pouvoir nous demander librement si notre cadre constitutionnel répond pleinement aux réalités, aux aspirations et aux intérêts fondamentaux du peuple congolais.
Cette réflexion doit cependant se faire dans un processus démocratique, inclusif, transparent, respectueux des droits fondamentaux et de l’État de droit.
« Nous voulons une Constitution de paix et non une Constitution de guerre »
S’il fallait retenir une seule idée de ce colloque, pour moi ce serait celle-ci: nous voulons une Constitution de paix et non une Constitution de guerre.
Depuis plusieurs décennies, notre pays traverse des guerres, des rébellions, des dialogues politiques, des accords et des arrangements institutionnels. Trop souvent, après les conflits, la recherche de la paix conduit à de nouvelles négociations politiques et à l’intégration de groupes armés ou de leurs représentants dans les institutions. Nous devons progressivement sortir de cette logique et bâtir des institutions suffisamment fortes pour que la prise des armes ne devienne jamais une voie d’accès au pouvoir politique.
La RDC a besoin d’une Constitution et d’institutions capables d’organiser le pays en temps de paix comme en temps de guerre, de protéger l’intégrité territoriale, d’assurer la continuité de l’État, de garantir les libertés fondamentales et de permettre l’alternance démocratique sans violence. Nous voulons une Constitution qui protège la République lorsqu’elle est menacée, mais qui protège également les citoyens contre les abus du pouvoir.
Une Constitution que nous pourrons léguer à nos enfants
Notre responsabilité dépasse les débats politiques actuels. La question fondamentale n’est pas seulement: « Faut-il réviser ou changer la Constitution ? » Elle est aussi: « Quel Congo voulons-nous construire pour les cinquante prochaines années ? »
Je souhaite une Constitution véritablement appropriée par les Congolais, moderne dans son fonctionnement et démocratique dans ses principes; une Constitution qui renforce la souveraineté nationale, l’unité du pays, la justice, la décentralisation, la responsabilité des dirigeants et la participation du peuple.
Une Constitution qui ne soit pas conçue pour une personne, un parti politique ou une génération, mais pour la République. Une Constitution que nous pourrons regarder avec fierté et léguer à nos enfants.
Ma reconnaissance
Lorsque je regarde la photo de famille prise à l’issue de notre colloque, je ne vois pas simplement des responsables, des experts, des panélistes et des participants. Je vois des Congolaises et des Congolais qui ont accepté de consacrer leur temps, leurs connaissances et leur énergie à réfléchir à l’avenir de leur pays.
Je remercie sincèrement notre Fédération et ses dirigeants, les différentes sections venues de plusieurs régions du Canada, tous les membres du comité organisateur, les membres des sous-commissions, les experts, les panélistes, les responsables de la logistique et des communications, nos pasteurs, les bénévoles, nos jeunes et nos enfants, les participants présents à Ottawa ainsi que toutes celles et ceux qui ont suivi les travaux à distance. Ce colloque a été une œuvre collective. À toutes les personnes qui ont contribué, qu’elles soient citées ou non dans cette réflexion, j’adresse ma profonde gratitude.
Je suis fier d’avoir participé à cette expérience. Je demeure convaincu qu’au-delà de nos divergences, nous pouvons construire un espace où les Congolais discutent de leur avenir par les idées plutôt que par les armes, par le dialogue plutôt que par la violence, et par les institutions plutôt que par les rapports de force. « Pour une Constitution de paix et non une Constitution de guerre : une Constitution pour aujourd’hui, pour demain et pour les générations futures. » Pour la souveraineté du peuple congolais. Pour nos enfants. Pour un Congo uni, démocratique, souverain et prospère.
Paul Kambaja UDPS/Tshisekedi – Fédération du Canada Ottawa, 5 septembre 2026






