Germain Kambinga appelle à un sursaut patriotique pour faire échec à la stratégie de Kagame

La République démocratique du Congo traverse une période où les enjeux sécuritaires, politiques et institutionnels imposent plus que jamais un sursaut collectif. Dans ce contexte marqué par les préoccupations liées à l’intégrité territoriale, à la paix et au bien-être de la population congolaise, le Mouvement Centriste Congolais (MCC) a livré ce lundi 05 octobre 2026 un message politique fort à l’occasion de ses 10es Conférences d’octobre, organisées au Centre Nganda, à Kinshasa.

Au cœur de cette rencontre, Germain Kambinga Katomba, président du Mouvement Centriste Congolais, a appelé les Congolais à dépasser les divisions partisanes et à privilégier l’intérêt supérieur de la République. Son intervention a notamment porté sur la nécessité d’un « dialogue des patriotes », présenté comme une voie susceptible de renforcer la cohésion nationale et de permettre au pays de mieux faire face aux défis auxquels il est confronté.

Dans son intervention, Germain Kambinga a insisté sur la responsabilité des Congolais dans la défense de leur pays. Pour lui, les divergences politiques ne doivent pas devenir un facteur d’affaiblissement de la République alors que celle-ci fait face à d’importants défis.

Le président du MCC estime que le moment exige davantage de cohésion, de responsabilité et de patriotisme. Son appel s’adresse particulièrement aux forces politiques, aux cadres de l’État, aux acteurs de la société civile, mais aussi à l’ensemble de la population.

Dans cette perspective, le dialogue des patriotes qu’il préconise ne devrait pas être réduit à une simple rencontre entre responsables politiques. Il devrait, selon l’esprit de son message, permettre aux Congolais de réfléchir ensemble aux moyens de consolider la paix, de renforcer les institutions et de défendre les intérêts fondamentaux de la nation.

Pour l’ancien ministre de l’Industrie, la RDC ne peut véritablement faire face aux pressions extérieures si elle demeure profondément divisée à l’intérieur.

« La résistance a sonné »

L’une des idées fortes développées par le président du MCC repose sur la nécessité d’une résistance nationale face aux menaces qui pèsent sur la République.

Cette résistance, dans son approche, ne doit pas être comprise uniquement sous l’angle militaire. Elle doit également être politique, institutionnelle, économique et citoyenne.

Il s’agit notamment de renforcer les institutions, d’améliorer la gouvernance, de consolider l’autorité de l’État et de permettre à la population de participer davantage à la construction d’un pays stable.

Pour le président du MCC, la RDC possède d’importantes ressources naturelles et humaines. Mais ces atouts ne pourront véritablement profiter à la population que si le pays parvient à garantir la stabilité, la bonne gouvernance et la paix.

Germain Kambinga a également adressé un message de responsabilité à la nation.

Son appel est avant tout celui d’un sursaut patriotique. Il invite les Congolais à ne pas céder au découragement et à ne pas laisser les divisions politiques prendre le dessus sur l’intérêt national.

Dans son approche, le Congo doit pouvoir compter sur ses propres forces. Les différentes composantes de la société doivent être capables de se retrouver autour de quelques priorités fondamentales : la défense du territoire national, la paix, la souveraineté, la stabilité des institutions et l’amélioration des conditions de vie de la population.

Le président du MCC considère ainsi que le patriotisme ne doit pas rester un simple slogan. Il doit se traduire par des actes, par la responsabilité des dirigeants et par une mobilisation citoyenne autour de l’avenir du pays.

À l’endroit du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, Germain Kambinga adresse également un message de soutien aux institutions et d’encouragement à poursuivre les efforts en faveur de la paix et de la stabilité.

Le président du MCC plaide pour une mobilisation nationale autour des institutions de la République dans cette période où la RDC est confrontée à d’importants défis.

Il encourage le chef de l’État à poursuivre les initiatives destinées à préserver l’intégrité territoriale du pays et à améliorer les conditions de vie de la population.

Mais derrière cet appel au soutien se trouve également une exigence : la mobilisation patriotique doit être accompagnée d’actions concrètes. Pour les Congolais, la paix ne peut être une simple promesse. Elle doit se traduire par la sécurité, la stabilité, une meilleure gouvernance et une présence effective de l’État sur l’ensemble du territoire national.

 

Dans son analyse de la situation régionale, Germain Kambinga a également vivement évoqué la question du Rwanda et de son président, Paul Kagame.

Le président du MCC estime que la RDC doit adopter une stratégie claire et cohérente pour défendre ses intérêts face aux enjeux régionaux.

Son message traduit une volonté de voir Kinshasa renforcer sa capacité à défendre ses intérêts sur les plans politique, diplomatique et institutionnel, tout en recherchant les conditions d’une paix durable.

Pour Kambinga, aucune solution durable ne peut être construite au détriment de la souveraineté de la République démocratique du Congo.

La paix ne se limite pas à faire taire les armes

L’un des enseignements majeurs de cette intervention est que la paix doit être envisagée dans une perspective beaucoup plus large.

Pour le MCC, mettre fin aux violences ne suffit pas. Il faut également s’attaquer aux causes profondes de l’instabilité : faiblesse des institutions, pauvreté, mauvaise gouvernance, manque d’opportunités économiques et déficit de confiance entre les citoyens et les institutions.

La paix durable suppose donc, selon cette vision, de reconstruire un État capable de protéger sa population, de faire respecter ses lois et de créer les conditions d’un développement véritable.

C’est dans cette perspective que Germain Kambinga défend l’idée d’un changement de paradigme dans la conduite des affaires publiques : moins de divisions, davantage de dialogue ; moins de confrontation politique stérile, davantage de responsabilité ; et surtout, une priorité accordée à l’intérêt national.

Le président du MCC met en garde contre la division

Pour Germain Kambinga, les divisions internes constituent l’une des principales vulnérabilités d’un pays confronté à des menaces extérieures.

Son appel au rassemblement vise donc à faire comprendre aux acteurs politiques que la défense de la République devrait dépasser les appartenances partisanes.

Le débat politique, estime-t-il en substance, est nécessaire dans une démocratie, mais il ne devrait jamais compromettre l’unité nationale ni affaiblir la capacité de l’État à défendre ses intérêts.

La RDC aurait ainsi besoin d’une classe politique capable de se retrouver sur les questions essentielles, même lorsque les divergences persistent sur d’autres sujets.

Yves Nsombe insiste sur la mobilisation

Au cours de ces 10es Conférences d’octobre, Yves Nsombe, vice-président du Centre, a également pris la parole pour exprimer son soutien à la dynamique portée par le mouvement.

Son intervention s’est inscrite dans la même logique de mobilisation autour des institutions de la République et de la recherche de la paix.

Le responsable a appelé les cadres et militants du Mouvement Centriste Congolais à rester mobilisés et à accompagner les efforts visant à préserver la stabilité du pays.

Cette prise de position vient ainsi renforcer le message porté par Germain Kambinga : dans une période aussi sensible, la mobilisation citoyenne et politique doit être orientée vers la défense de la République et la recherche d’une paix durable.

Au-delà des déclarations politiques, les attentes de la population congolaise restent considérables.

Les Congolais veulent avant tout vivre en sécurité, circuler librement, voir leurs institutions fonctionner efficacement et bénéficier des richesses de leur pays.

C’est précisément dans ce contexte que l’appel de Germain Kambinga au dialogue des patriotes prend toute son importance.

Un tel dialogue ne pourrait véritablement produire des résultats que s’il permet de dépasser les calculs politiques et de s’attaquer aux problèmes fondamentaux du pays. Il devrait également donner la possibilité aux différentes composantes de la nation de contribuer à la définition d’une vision commune pour l’avenir de la RDC.

Un message qui se veut une sonnette d’alarme

À travers son intervention, Germain Kambinga veut surtout attirer l’attention sur l’urgence d’un réveil collectif.

Son message à la nation est celui d’un appel à ne pas se résigner, ne pas se diviser et ne pas perdre de vue l’intérêt supérieur du Congo.

À l’endroit du président de la République, il réaffirme la nécessité de soutenir les institutions dans la défense de la paix, de la souveraineté et de l’intégrité territoriale, tout en attendant des réponses concrètes aux préoccupations de la population.

À la classe politique, son message est tout aussi clair : le temps des querelles qui fragilisent la nation doit céder la place à celui de la responsabilité et du rassemblement.

Le Congo face à un choix historique

Au fond, le message de Germain Kambinga dépasse le cadre d’une simple rencontre politique. Il pose une question essentielle : quelle réponse collective la RDC doit-elle apporter aux défis qui menacent sa stabilité et son avenir ?

Pour le président du MCC, la réponse passe par l’unité, le renforcement des institutions, la mobilisation patriotique et le dialogue entre Congolais.

Dans un pays riche de son territoire, de ses ressources et de sa population, l’enjeu est désormais de transformer cette immense potentialité en force politique, économique et sociale.

Le pari du dialogue des patriotes apparaît ainsi comme un appel à dépasser les divisions pour faire de la défense de la République une responsabilité collective.

Alors que les regards restent tournés vers l’évolution de la situation sécuritaire et diplomatique dans la région, Germain Kambinga veut placer la nation congolaise devant ses responsabilités : rester debout, préserver son unité et défendre, par tous les moyens politiques et institutionnels légitimes, son droit à la paix, à la souveraineté et au développement.

 

Corinne Ontande

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