Sahara: comment le Département d’Etat américain a court-circuité la presse algérienne

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A malin, malin et demi. Anticipant la sempiternelle méthode algérienne de manipulation et de dénaturation des propos des responsables américains, l’ambassade US à Alger a décidé de publier l’intégralité de l’interview de Joshua Harris accordée à un média algérien. Résultat: le hiatus entre les deux versions est intersidéral.

A bien des égards, la version diffusée par le site officiel de l’ambassade américaine prend le contre-pied de celle présentée par Algérie Maintenant, auteur de l’interview avec le secrétaire d’Etat adjoint Joshua Harris. En témoigne les propos pro-Maroc soutenus par le diplomate américain, introuvables dans l’entrevue relayée par le journal algérien.

En effet, à la question de savoir si « Les États-Unis ont changé de position » en référence au soutien à la position marocaine qualifiée par Washington de crédible et réaliste, Harris a répondu, comme tout le monde peut le lire sur la version US, que « les États-Unis considèrent la proposition d’autonomie du Maroc comme sérieuse, crédible et réaliste, et comme une approche potentielle pour satisfaire les aspirations du peuple du Sahara occidental« .

La réponse était tellement déplaisante côté algérien, tant et si bien que ledit média a décidé, tout court, de ne pas la publier.

Idem pour une autre interrogation sur le Sahara marocain. La variante américaine rapporte fidèlement la question du journaliste algérien de savoir si « les États-Unis soutiennent le statu quo dans la région, tant au Sahara occidental que dans le conflit palestinien ? Le plan d’autonomie est déjà établi de facto au Sahara occidental (…) ». N’ayant pas reçu une réponse qui caresse dans le sens du poil les attentes algériennes, le même média a reformulé la question en y abrogeant toute trace qui puisse faire référence au Sahara.

Pis encore, Algérie Maintenant a dénaturé les propos du haut responsable américain, en lui faisant dire des expressions qu’il n’a pas prononcées au cours de l’interview, à l’instar de « l’autodétermination », terme que Harris n’a pas cautionné ni employé, mais que l’on retrouve toutefois dans la version algérienne de l’entretien.

« La solution politique durable est de permettre l’autodétermination du peuple sahraoui et de donner la possibilité au peuple du Sahara occidental de prendre une décision appropriée sur son avenir », telle est la réponse colportée par ledit média à la question de savoir si « Les États-Unis reconnaissent l’autodétermination du peuple sahraoui comme base d’une solution politique finale ».

En contradiction totale avec la variante algérienne, la mouture de la réponse américaine à cette question ne comporte aucunement le mot « autodétermination« .

Joshua Harris répond donc ce qui suit : « Les États-Unis souhaitent une solution politique durable et digne au Sahara occidental. Nous envisageons sérieusement d’utiliser notre influence pour permettre le succès du processus politique de l’ONU. Une résolution sous l’égide de l’ONU se fait attendre depuis longtemps. Les envoyés spéciaux précédents de l’ONU ont essayé de nombreuses voies différentes, mais malheureusement jusqu’à présent, ces efforts n’ont pas abouti« .

A noter, par ailleurs, que l’ambassade des Etats-Unis n’a pas mentionné le nom du média à l’origine de l’interview, ni inclus le lien renvoyant vers l’entretien sur le site internet du journal.

« Algérie Maintenant », média algérien arabophone, n’émet plus en langue française depuis octobre 2019. Son principal chroniqueur n’est autre que le controversé Hafid Derradji, un marocophobe jusqu’à l’os.

Les Etats-Unis accordent 30 jours à l’Iran pour vendre son pétrole déjà chargé en mer Le département du Trésor américain a publié vendredi une licence levant temporairement, pour une durée de 30 jours, les sanctions sur le pétrole iranien déjà chargé en mer, afin de pallier la pénurie d’approvisionnement due aux interruptions du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. Cette licence générale, délivrée par son Bureau du contrôle des avoirs étrangers (OFAC), autorise la livraison et la vente de pétrole brut et de produits pétroliers d’origine iranienne déjà chargés à bord de navires à compter de vendredi. Les transactions visant à assurer l’accostage et le mouillage en toute sécurité des navires concernés, à préserver la santé ou la sécurité des membres d’équipage, à effectuer des réparations d’urgence ou à protéger l’environnement, ainsi que divers services, sont également autorisées. Il convient de noter que les transactions autorisées par cette licence comprennent l’importation aux Etats-Unis de pétrole brut et de produits pétroliers d’origine iranienne. « Cette autorisation temporaire et à court terme est strictement limitée au pétrole qui est déjà en transit et n’autorise pas de nouveaux achats ni de nouvelle production », a précisé vendredi le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, dans un message publié sur X. L’Iran aura du mal à accéder aux recettes générées et les Etats-Unis continueront d’exercer une pression maximale sur l’Iran et sur sa capacité à accéder au système financier international, a-t-il ajouté. Washington a déjà assoupli ses sanctions visant le pétrole russe et vénézuélien, parallèlement à la mise à disposition coordonnée des réserves conflit un Etats-Unis, Israël et l’Iran dure depuis trois semaines et perturbe gravement le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, les livraisons de pétrole transitant par cette voie ayant chuté à moins de 10% de leur niveau d’avant le conflit.

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