Véhicules « Kabasele », entre le rétablissement de l’ordre et les tracasseries policières
Dans le but notamment d’assurer la mobilité à la Police pour lui permettre de remplir correctement son travail, des véhicules du genre Mercedes 207 ont été remis à la Police par l’autorité hiérarchique. Ces véhicules entrent en scène surtout lorsqu’il y a des embouteillages, pour réguler la circulation. C’était sans savoir qu’ils étaient aussi capables du pire et qu’ils pouvaient s’illustrer d’une triste façon.
En effet, pour une certaine opinion, les policiers circulant dans des véhicules surnommés Kabasele, en réalité, ce sont des coopérants en uniforme, pas nécessairement placés pour réguler par exemple la circulation, mais pour faire du business.
Ces véhicules traversent toute la ville de bout en bout à la recherche des infractions ou des contraventions routières. Et s’ils n’en trouvent pas, ils sont prêts à monter des scénarios pour vous coller une infraction ou une contravention inexistante. Puis, ils vous taxent un prix exorbitant, mais qu’il faut marchander comme au marché de Gambela, dans la commune de Kasa-Vubu.
Lorsqu’ils se retrouvent devant une personne un peu plus résistante ou lucide, raconte notre source, ils l’embarquent, direction, le camp Lufungula ou dans n’importe quel poste où se trouve leur Chef. Généralement, c’est un poste de police aux allures d’un marché noir !
Là-bas, on te taxe 200.000 ou 250.000 FC sans document, et on te pousse à « négocier ». Si par malheur tu refuses et demandes une quittance officielle, tu es traité de faux-tête avec toute forme de menaces verbales, tout en te faisant perdre tout ton temps.
Au final, sachant que beaucoup sont pressés, ils finissent par céder, à négocier à 100 000 FC, puis payer encore 10 $ pour la fourrière. Dans ce contexte, les pauvres Motards ne savent même plus à quel saint se vouer…
Disons que ce business peut ramener plus ou moins 20 victimes par jour, sans compter ceux qui terminent le dossier en cours de route en payant directement auprès des policiers sans arriver au bureau. Bref, un très bon business ou un désordre entretenu !
Dans différents quartiers, surtout dans des communes un peu reculées, c’est encore pire, poursuit la même source. Selon des témoignages reçus, le fait d’être garçon et jeune, c’est déjà une infraction. Une fois qu’ils te croisent sur leur chemin, sans aucune raison valable, tu es embarqué et amené à un commissariat. Ils savent très bien que la famille va suivre et payer pour ta libération. Les jeunes de ces quartiers vivent dans une psychose et une peur permanente des agents de la police. Ils doivent toujours être sur leur garde à tout moment, ne sachant pas à quel moment ils peuvent être arrêtés et transportés comme des vulgaires criminels et voleurs.
Le Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur et Sécurité est donc interpellé. Etant donné qu’il dispose d’une Motorola où il reçoit les échanges des policiers et de leurs chefs hiérarchiques, il peut intervenir pour mettre fin à cette situation qui ternit l’image de la Police nationale congolaise. Une politique appelée à être au service du peuple, et non à faire souffrir le même peuple.
