Analyse critique des déclarations de Corneille Nangaa : Entre manipulation et inquiétude pour l’avenir du Congo ( Jerry Lubala, parti politique Nkita)
Dans un contexte politique déjà fragilisé, les récentes déclarations de Corneille Nangaa jettent une nouvelle ombre sur l’avenir du pays. En assimilant tous les Congolais favorables au changement à des membres de l’AFC-M23, il ravive des méthodes de communication qui rappellent les heures sombres du régime mobutien, où l’appartenance au MPR était imposée, qu’on le veuille ou non.
La comparaison avec la doctrine du MPR sous Mobutu est pertinente. À l’époque, il était impossible de se soustraire à une affiliation politique forcée. Aujourd’hui, Nangaa semble adopter une approche similaire en suggérant que l’on peut être membre de sa rébellion sans le savoir ni le vouloir. Une affirmation lourde de conséquences, car elle pose non seulement un problème éthique, mais aussi sécuritaire. Cette façon de diluer les responsabilités et d’attribuer des affiliations de manière arbitraire met en péril le droit à la libre opinion politique.
Au-delà de la controverse politique, les implications de cette vision sont dramatiques pour les Congolais vivant sous occupation. En les assimilant à des soutiens du mouvement, Nangaa ignore volontairement leur détresse et la réalité de leur souffrance. Les populations des zones occupées ne sont pas des acteurs volontaires de cette situation ; elles en sont les victimes. Leur quotidien est marqué par l’incertitude, les violences, et une insécurité persistante qui compromet leur avenir.
Ce type de déclaration n’est pas anodin. Il participe à une stratégie de manipulation destinée à légitimer certains groupes tout en marginalisant les voix dissidentes. L’histoire politique du Congo a montré à plusieurs reprises que les discours réducteurs et les amalgames sont des outils puissants pour influencer l’opinion publique et orienter les dynamiques de pouvoir. Face à cela, la vigilance est de mise.
Le pays traverse une période cruciale où chaque parole compte. Assimiler les partisans du changement à une rébellion est une tentative de brouiller les cartes et d’imposer une vision unilatérale de la situation. Plus que jamais, une analyse lucide et critique est nécessaire pour éviter que l’histoire ne se répète sous une autre forme.
Par Didier Mbongomingi
