Le gouvernement d’union nationale oublié !
L’annonce de la formation d’un gouvernement d’union nationale par le Président de la République lors d’une réunion stratégique de l’union sacrée de la nation et d’un conseil des ministres avait provoqué une onde de choc dans la classe politique congolaise ainsi que dans l’opinion nationale. Du coup des spéculations sont allées dans tous les sens sur la composition de ce Gouvernement dès lors que son annonce est intervenue dans un contexte de crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo où les troupes rwandaises avec leurs supplétifs de AFC-M23 se sont emparés des villes de Goma et de Bukavu et dans un contexte de la réduction de train de vie des institutions.
Qui en sera le Premier ministre ? Comptera- t- il en son sein l’opposition politique armée et non armée ainsi que la société civile ? Quel sera sa taille ? Voilà autant des questions que se posaient plus d’une personne au lendemain de l’annonce de cette nouvelle équipe gouvernementale.
Cependant plus d’un mois après la fin des consultations politiques menées par le professeur Désire Casimir Eberande, rien n’est fait jusque-là. Même le rapport de ces consultations n’ont pas encore été transmis à son initiateur, le Président de la République, Félix Tshisekedi.
Et comme dans pareille circonstance, les commentaires vont dans tous les sens. Une certaine opinion pense que le Président de la République n’aurait pas apprécié le travail réalisé par son conseiller spécial en matière de sécurité car la moisson n’a pas été abondante à la suite de la participation des grand leaders de l’opposition tel que il le souhaitait.
L’on se rappellera que Lamuka de Martin Fayulu, le FCC de Joseph Kabila, Ensemble pour la République de Moïse Katumbi, Envol de Delly Sessanga , les forces politiques et sociales de Claudel Lubaya, Seth Kikuni, etc…avaient boycotté ces consultations politiques au motif que certains préalables doivent être pris en compte avant toute consultation. Et en lieu et place, ce sont des « menus fretins » qui ont répondu au rendez-vous.
D’où il fallait voir comment les convaincre à embarquer dans le navire. Une autre opinion estime que le dernier développement de la situation sécuritaire dans l’Est du pays avec les initiatives de paix de Doha et de Lomé en sont pour quelque dans le retard observé pour la mise en place du Gouvernement d’union nationale. Le Président de la République attend d’abord les conclusions ou l’aboutissement de ces pourparlers pour décider du sort du Gouvernement d’union nationale qu’il appelle de tous se vœux.
Les objectifs non atteints pour les consultations politiques ?
Alors que les sociétaires de l’union sacrée de la nation avaient salué les conclusions des consultations politiques en vue de la formation du Gouvernement de l’Union nationale, la conférence épiscopale nationale du Congo, Cenco de son côté pense que ces assises n’ont pas atteint leurs objectifs. En effet, dans une déclaration faite le week end dernier, le secrétaire général de la conférence épiscopale nationale du Congo, Monseigneur Donatien Nshole a rendu public la position des évêques qui estime que c’est «l’environnement difficile » dans lequel ces discussions ont eu lieu est à la base de la non atteinte de ces objectifs. Pour eux, ce contexte a compromis la possibilité de parvenir à une décrispation politique.
« Au moment où le pays a plus que jamais besoin d’unité et de cohésion nationale, nous assistons à une grande crispation du climat politique. Les consultations pour la formation d’un gouvernement d’union nationale se sont déroulées dans un environnement ne permettant pas d’atteindre les résultats escomptés », a déclaré Donatien Nshole.
Pour rappel, c’est le 24 mars dernier que les consultations politiques ont été lancées au lendemain d’une réunion stratégique de l’union sacrée de la nation organisée fin février dernier présidé par son autorité de référence, Félix Tshisekedi. L’objectif était la mise en place d’un Gouvernement d’union nationale.
RSK
