L’Afrique ligotée: Lecture géostratégique d’un pillage silencieux mais systémique
L’image est brutale, presque insoutenable, et pourtant terriblement fidèle : un continent aux muscles saillants, symbole de puissance potentielle, est entravé par des mains étrangères avides. Pétrole, cacao, minerais… les veines de l’Afrique sont ponctionnées au profit de multinationales dans une mise en scène contemporaine d’un néocolonialisme maquillé en mondialisation vertueuse. Sous couvert d’échanges et d’investissements, ce qui s’opère est une véritable extraction planétaire orchestrée par des “interférences étrangères” stratégiquement coordonnées.
Derrière cette apparente modernité se cachent des mécanismes anciens, subtilement recyclés : traités commerciaux asymétriques, dépendances technologiques imposées, manipulation monétaire, paradis fiscaux, pressions politiques, et surtout, alliance tacite avec des élites locales cooptées. La “coopération internationale” se fait trop souvent complice d’une diplomatie du pillage, où les bénéfices sont exportés et les maux laissés sur place. Le continent le plus riche en ressources naturelles demeure ainsi prisonnier d’une pauvreté artificiellement entretenue.
Mais l’heure du réveil a sonné. L’Afrique ne peut plus se contenter de survivre dans un ordre mondial qui la marginalise. Trois voies stratégiques s’imposent : reprendre le contrôle souverain de ses chaînes de valeur, ancrer l’industrialisation dans la transformation locale, et construire une diplomatie économique panafricaine, unifiée et offensive. Car refuser de se relever, c’est accepter l’extinction lente. L’Afrique n’est pas un continent maudit. Elle est un géant ligoté, mais qui s’éveille. Et son éveil inquiète ceux dont la prospérité dépendait de son sommeil.
Serge N
gindu
