Bientôt une banque de développement pour appuyer les investissements publics
Le gouvernement congolais avance dans son projet de création d’une banque de développement, adossée à une future Caisse des dépôts. Cette institution permettra de centraliser les ressources publiques et de financer des projets économiques prioritaires.
Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) prépare la création d’une banque de développement, qui jouera un rôle central dans sa stratégie de financement à moyen et long terme. L’annonce a été faite le vendredi 4 juillet 2025, à Kinshasa, par le ministre des Finances, Doudou Fwamba (photo), lors d’un Conseil des ministres.
Cette banque publique devrait devenir une filiale opérationnelle de la future Caisse des dépôts et consignations (CDC). Elle aura deux missions principales : gérer les ressources de la CDC, comme un caissier public, et financer l’économie nationale en orientant les fonds disponibles vers des projets publics à fort impact.
Le gouvernement prépare une demande d’agrément auprès de la Banque centrale du Congo, étape indispensable pour permettre à la banque de développement d’opérer dans le système financier national. Selon le ministre, les documents sont prêts, à l’exception des décisions concernant le capital social (estimé à 150 millions $) et le choix du siège social. L’objectif visé à travers ce projet est de mobiliser des ressources longues et stables, issues de l’épargne publique ou de fonds non utilisés, pour réduire la dépendance aux financements extérieurs.
Une Caisse des dépôts pour centraliser les ressources financières
Ce projet s’inscrit dans un cadre plus large, porté par la création d’une Caisse des dépôts et consignations (CDC). En effet, un projet de loi créant officiellement la CDC est en cours de finalisation, et devrait être présenté dans les prochains jours en Conseil des ministres pour validation.
La CDC aura pour mission de centraliser les ressources financières publiques et parapubliques, actuellement dispersées dans plusieurs comptes ou établissements bancaires. Elle permettra à l’Etat de mieux canaliser ces fonds vers des investissements jugés prioritaires : infrastructures, énergie, éducation, santé, etc. Elle agira comme un pilier du financement du développement.
Un appui technique du PNUD
L’initiative bénéficie de l’appui technique et financier du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Une étude diagnostique stratégique a déjà été menée pour identifier les sources de financement internes sous-utilisées comme : les dépôts non réclamés, les fonds dormants dans les comptes publics, certaines garanties publiques non utilisées. L’étude recommande de regrouper ces ressources dans la CDC pour leur donner un usage clair et orienté vers le financement de l’économie réelle.
Ce processus s’inscrit dans une logique de réforme des instruments de financement public, avec pour objectif de créer des institutions financières publiques dotées de mécanismes de gouvernance, de contrôle et d’investissement.
Chamberline Moko
