Sud-Kivu : Près de 5 mille déplacés enregistrés à Kajutchu et Kahimbi

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Sud-Kivu : Près de 5 mille déplacés enregistrés à Kajutchu et Kahimbi

Depuis février 2025, les villages paisibles de Kajutchu et Kahimbi, situés dans le groupement d’Irambi-Katana, au territoire de Kabare, au Sud-Kivu, se sont métamorphosés en refuges temporaires pour près de 5 000 personnes déplacées par la guerre. Ces familles, fuyant des affrontements incessants entre les troupes de l’AFC-M23 et les Wazalendo, vivent un véritable calvaire alors qu’elles cherchent désespérément sécurité et assistance dans un contexte humanitaire de plus en plus alarmant.

Les conflits qui font rage depuis plusieurs mois dans les localités de Katasomwe, Mabingu, Lomera, Tchofi et Kashere obligent de nombreuses familles à se déplacer à répétition, souvent tous les deux mois, en quête d’un havre de paix. Les témoignages de ces déplacés révèlent une réalité cruelle : la peur, la perte, et l’incertitude deviennent des compagnons quotidiens dans leur lutte pour la survie. Beaucoup d’entre eux laissent derrière eux non seulement leurs maisons, mais aussi leurs moyens de subsistance, leurs biens, et souvent même des membres de leur famille, emportés par les violences.

Malgré leur résilience face à cette crise, l’accès aux soins de santé et à l’eau potable reste un défi majeur. Faustin Mukengere, acteur de la société civile, tire la sonnette d’alarme sur la situation alarmante que vivent ces déplacés. La menace d’une épidémie de choléra plane sur la région, exacerbée par des conditions de vie précaires, rendant toute option d’aide sanitaire essentielle. Les infrastructures de santé sont soit inexistantes, soit complètement débordées, et les organisations humanitaires semblent incapables de répondre aux besoins croissants de cette population vulnérable.

Les enfants, souvent les plus touchés par ces crises, voient leur éducation compromise. Les écoles dans les zones d’accueil peinent à s’adapter à l’afflux massif d’élèves, tandis que les fonds nécessaires pour garantir une éducation de qualité font défaut. Les rêves d’un avenir meilleur se heurtent à la dure réalité d’un quotidien marqué par l’insécurité et la privation.

Dans ce tableau sombre, des lueurs d’espoir illuminent toutefois le chemin de ces déplacés. Des initiatives communautaires, bien qu’en difficulté, émergent pour offrir une assistance alimentaire de base et des soins médicaux primaires. Les soutiens de la diaspora et des organisations non gouvernementales tentent également de combler les lacunes laissées par l’absence d’une réponse humanitaire efficace.

Les villages de Kajutchu et Kahimbi racontent l’histoire d’un peuple résilient, luttant pour sa dignité et sa survie face à l’adversité. La communauté internationale ne peut rester indifférente devant une telle souffrance. Il est impératif d’accroître l’aide humanitaire et d’améliorer préoccupations en matière de sécurité. Les voix de ceux qui fuient la violence doivent être entendues avec la même force que celles de ceux qui prétendent défendre la paix. Seule une concertation sincère et une action décisive pourront juguler cette crise et apporter un semblant de paix à ces familles endeuillées, en quête de réconfort et de stabilité.

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