Baisse du prix du cacao à Beni : Julien Paluku hors de causes (Ma petite réflexion en tant qu’Economiste en formation)
J’étais entrain de réparer une moto à Matonge (Beni )et j’ai entendu des jeunes vendeurs de cacao entrain de se lamenter en pointant du doigt le Ministre Julien Paluku comme auteur de la récente chute du prix du cacao dans la ville et territoire de Beni, au Nord-Kivu.
Je voudrais par ce petit texte donner certaines précisions en ma qualité d’économiste de formation et journaliste congolais.
En effet, la baisse du prix de cacao dans la ville tout comme dans le territoire de Béni ou même en Ituri s’inscrit dans un contexte global où les cours du cacao sont influencés par des « facteurs exogènes » comme la « surproduction mondiale », les conditions climatiques en Afrique de l’Ouest (notamment en Côte d’Ivoire et au Ghana, les deux plus grands producteurs), ainsi que la « spéculation sur les marchés » à terme. Ces facteurs échappent largement au contrôle d’un acteur politique national, quel qu’il soit. Déjà, ces trois éléments peuvent vous convaincre (c’est comme le taux de dollars qui varie selon la masse monétaire qui est sur le marché).
Par ce message, je voudrais éclairer l’opinion du grand nord sur certains aspects. Pourquoi on veut coller tout ce qui est mal à nos enfants, à nos leaders ?
Le Ministre du Commerce Extérieur et ancien Gouverneur du Nord-Kivu , Julien Paluku n’intervient pas directement dans la fixation des prix au niveau local ou dans la régulation quotidienne du marché du cacao à Beni. Le prix payé aux producteurs est souvent influencé par les négociants, les exportateurs privés et les fluctuations des marchés internationaux, notamment celui de la bourse de Londres ou de New York, où le cacao est coté. L’accuser directement de cette baisse serait donc une simplification abusive et erronée. Franchement, on doit changer notre manière de réflexion. Aussi, il faut toujours avoir l’esprit de chercher l’information auprès même de vos acheteurs ( pour savoir les causes de la baisse du cacao). Il est aberrant d’entendre des rumeurs ou des opinions sans fondement économique dans des garages, débits de boissons.
Tuna jua vos célèbres phrases « un million c’est quoi » dans des boites de nuit. Kila siku haiko dimanche. Le prix du cacao c’est comme le prix de l’or et de diamant, ça varie selon la production au niveau mondial ou de la spéculation.
Le circuit économique du cacao implique des chaînes complexes allant du producteur local au consommateur international, en passant par les coopératives, les transporteurs, les exportateurs et les marchés financiers. Cette complexité nécessite une sensibilisation accrue des agriculteurs et des commerçants (surtout les jeunes acheteurs qui s’y sont lancés dernièrement).
Je profite d’ailleurs de l’occasion de donner une autre précision. Julien Paluku Kahongya n’est plus au ministère de l’industrie (Ashaka toka Kule); donc ne pensez pas qu’il peut réfléchir encore sur les usines, les unités de production, ou industries. Il y a quelqu’un d’autres à qui, vous pouvez poser toutes les questions. Julien Paluku est devenu aujourd’hui Ministre du commerce Extérieur.
Je vous donne maintenant le rôle actif de Julien Paluku sur la scène internationale. Contrairement aux critiques et aux rumeurs que j’ai entendu à Matonge, Julien Paluku a multiplié les initiatives pour valoriser les produits agricoles congolais, notamment le café et le cacao.
À travers des salons internationaux, des partenariats avec des investisseurs étrangers, et la promotion de labels de qualité, Julien Paluku œuvre à intégrer davantage le cacao congolais dans les circuits certifiés et rémunérateurs. Il milite également pour l’amélioration des infrastructures d’exportation et pour des accords commerciaux équitables.
Plutôt que de blâmer votre fils ou même d’autres autorités , je peux vous conseiller de renforcer les capacités des coopératives agricoles, de développer des plateformes d’information sur les prix du marché, et d’améliorer la transparence dans la chaîne de valeur. Cela permettrait aux producteurs de mieux négocier, de diversifier leurs débouchés, et de limiter la dépendance vis-à-vis des grands acheteurs. Le gouvernement, à travers les ministères concernés, peut accompagner ces réformes.
Bref, la chute du prix du cacao à Beni ne peut en aucun cas être attribuée à Julien Paluku, qui joue plutôt un rôle de plaidoyer en faveur des produits congolais. L’ONAPAC et d’autres organismes peuvent sensibiliser la population à chaque minute qui passe.
Magloire Tsongo, Expert en économie
