Devant l’auto-flagellation: Julien Paluku conseille de développer des attitudes constructives, des ponts de paix, des passerelles de collaboration

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Dans une tribune, Julien Paluku, ministre du Commerce extérieur pense que l’auto-flagellation peut entraîner la perte de confiance en soi et en ses capacités : Si un peuple se perçoit constamment comme incapable, fautif ou inférieur, cela mine sa confiance collective. Cette perte de confiance peut se traduire par une diminution de l’initiative, de la créativité et de la prise de risque alors que ce sont là des éléments essentiels au développement économique, social et culturel. Tout compte fait, il appert qu’il faut développer davantage des attitudes constructives, des ponts de paix, des passerelles de collaboration…

Ci-dessous l’intégralité de la tribune :

Le microcosme politique et l’auto-flagellation en Afrique

A voir ce qui se passe, ce qui se dit, ce qui se fait en Afrique et même en RDC, on se rend vite compte que nous avons une société désespérée qui se recroqueville dans l’AUTO-FLAGELLATION.

Alors la question est la suivante : L’auto-flagellation d’un peuple peut-il être un frein à son épanouissement, à son décollage et à son développement?

Voici une exploration et une tentative de réponse:

Par extension, l’auto-flagellation, désigne une tendance d’un peuple ou d’une nation à s’autocritiquer de manière excessive, à se dévaloriser, à se reprocher constamment ses erreurs passées ou présentes, et même à ne consacrer son temps qu’à tirer sur ses dirigeants.

Cette attitude, à notre humble avis, présente une dangerosité car il apparaît clairement qu’une auto-flagellation excessive et improductive peut effectivement constituer un obstacle majeur.

Mais Comment?

En effet, l’auto-flagellation peut entraîner: La perte de confiance en soi et en ses capacités : Si un peuple se perçoit constamment comme incapable, fautif ou inférieur, cela mine sa confiance collective. Cette perte de confiance peut se traduire par une diminution de l’initiative, de la créativité et de la prise de risque alors que ce sont là des éléments essentiels au développement économique, social et culturel;

La paralysie de l’action : L’obsession du passé et la peur constante de l’erreur peuvent conduire à une INERTIE COLLECTIVE. Au lieu de se projeter vers l’avenir et de chercher des solutions, l’énergie est consommée dans la rumination et le blâme;

Le repli sur soi, l’isolement et l’auto-protection;

Le climat de pessimisme et de division: les dissensions internes peuvent s’accentuer, les divisions idéologiques peuvent aussi s’approfondir, et la cohésion sociale s’effriter. Un tel environnement est peu propice à la mobilisation collective nécessaire pour relever les défis du développement.

L’incapacité à apprendre des erreurs: au lieu d’analyser objectivement les causes des échecs pour en tirer des leçons constructives, l’accent est mis sur la culpabilisation, ce qui ne mène à aucune solution concrète.

Par contre, il est important de distinguer l’auto-flagellation de l’autocritique constructive. Une nation qui est capable de faire face à ses propres défauts, d’analyser ses échecs et de remettre en question ses pratiques est plus à même de se développer. C’est une démarche lucide et courageuse qui permet : de corriger les erreurs et d’améliorer les systèmes, d’identifier les faiblesses pour mieux les surmonter, de stimuler l’innovation et la recherche de nouvelles voies et de renforcer la résilience et la capacité d’adaptation.

Dans la plupart de cas en Afrique et même en RDC, les débats s’organisent autour des personnes: celui-ci est mauvais, celui-là est le problème, si c’était moi, ça ne se passerait pas comme ça… patati patata. Et en regardant autour de celui qui parle, c’est même pire que ce qu’il décrit ou dénonce.

Pourtant, pour se développer, un peuple a besoin de se connaître, y compris ses faiblesses, mais surtout de croire en sa capacité à progresser ensemble et à construire un avenir meilleur.

Un devoir à domicile pour tout celui qui nous lit.

Le devoir est celui-ci : avant de parler des autres, que chacun jette un regard sur/dans sa famille pour voir si c’est ça le modèle de société qu’il a construit et si réellement il n’y a aucun problème!

Cette introspection nous permettra de parler trop ou de parler moins, de donner plus de leçons ou pas, de s’interroger si réellement l’enfer c’est seulement les autres ou non…..

Tout compte fait, il appert qu’il faut développer davantage des attitudes constructives, des ponts de paix, des passerelles de collaboration…

C’est la société qui en sortira gagnante.

A la prochaine.

Julien Paluku Kahongya

Ministre du Commerce Extérieur.

Chercheur.

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