28 Juillet, Journée mondiale contre l’hépatite : Dr Jean-Jacques Mbungani lance un appel pathétique

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Tandis que le monde observe la Journée mondiale de lutte contre les hépatites, la République démocratique du Congo se trouve confrontée à un défi sanitaire aussi profond que méconnu : éradiquer l’hépatite virale, cette maladie qui, dans l’ombre, mine la santé et l’espoir de milliers de Congolais.

Dans une déclaration grave et déterminée, le président de la sous-commission santé de l’Assemblée nationale, l’honorable docteur Jean-Jacques Mbungani, a lancé un appel à la mobilisation nationale. « Ensemble, nous pouvons faire une différence pour l’avenir de notre pays », a-t-il déclaré, exhortant les acteurs du secteur de la santé à s’unir pour éliminer les hépatites en RDC d’ici 2030.

Mais la maladie ne se contente pas d’attaquer les corps. Elle déforme les regards, enferme les malades dans un silence douloureux et nourrit une stigmatisation rampante, souvent aussi violente que la pathologie elle-même. Dans les rues populaires de Kinshasa comme dans les zones reculées du Kasaï ou du Tanganyika, les malades sont parfois étiquetés comme porteurs du VIH — les symptômes étant souvent similaires : fatigue chronique, amaigrissement, teint jaunâtre, infections opportunistes. L’amalgame est rapide, cruel, et révèle un manque criant de sensibilisation.

Cette confusion entre hépatite et VIH n’est pas anodine : elle renforce la peur sociale et l’exclusion, et dissuade des milliers de Congolais d’aller se faire dépister. Des familles cachent la maladie, des jeunes renoncent aux soins, et les malades deviennent invisibles. Or, la lutte contre l’hépatite ne saurait se limiter aux traitements biologiques. Elle doit aussi affronter ses dimensions culturelles, symboliques et psychologiques.

L’hépatite virale, qui regroupe plusieurs types de virus affectant le foie, se transmet silencieusement — par le sang, les rapports sexuels non protégés, la transmission verticale, ou encore du fait d’instruments médicaux non stérilisés. Les formes B et C, particulièrement virulentes dans le pays, avancent dans le silence et l’invisibilité, laissant les malades dans l’ignorance de leur propre condition jusqu’à ce que les complications soient irréversibles : cirrhoses, cancers, décès prématurés.

C’est cette réalité que le docteur Mbungani veut transformer, en inscrivant son appel dans une vision plus vaste : celle de la couverture santé universelle, telle que soutenue par le président de la République. Il appelle à rompre le cycle du silence par l’information, à briser la stigmatisation par l’éducation, et à rétablir la dignité des malades par un accès équitable aux soins.

Le projet est ambitieux : instaurer une politique nationale de lutte contre les hépatites, intégrer le dépistage dans les services médicaux de base, former les personnels, sensibiliser les communautés, offrir des soins abordables et bâtir une stratégie qui prenne en compte les réalités sociales et culturelles du pays.

Ce 28 juillet, la RDC ne commémore pas seulement une date symbolique. Elle pose les jalons d’une révolution sanitaire, éthique et sociale. Celle d’un peuple qui refuse de céder à la peur, à l’ignorance, et à la solitude des malades. Celle d’un pays qui choisit de regarder en face la maladie et de lui opposer non seulement des traitements, mais une humanité retrouvée.

DMK

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