Démolition des bâtiments le long de l’avenue Mobutu à Masina Petro Congo et sans fil : Un spectacle désolant et révoltant

0
IMG_202508228_125807485

Le quartier sans fil, une concession qui appartenait à l’OCPT et la RTNC dans la commune de Masina, district de la Tshangu, avait été loti pendant la deuxième République, entre 1981 et 1985. L’avenue Mobutu qui va du boulevard Lumumba vers la base Sep Congo située à 1 km n’était pas encore asphaltée.

Cette société des services pétroliers a enterré le long de l’avenue Mobutu, un pipeline qui vient de Ango Ango dans le Kongo Central. Et même la Regideso a enterré sa tuyauterie pour la desserte en eau potable le long de ladite avenue. Il y a plus de 40 ans que cette route est devenue un véritable centre des affaires pour les habitants de Petro Congo et de sans fil.

Des bâtiments modernes et des immeubles à usage résidentiel et commercial abritent des boutiques bien achalandées, des alimentations, il y a des écoles, des centres médicaux, des flats hôtels, des terrasses….une grande ambiance festive règne jour et nuit le long de cette avenue très fréquentée par les véhicules et les motos, surtout qu’elle est déjà asphaltée sur une distance de un kilomètre.

Tous les propriétaires des maisons et immeubles situés le long de cette avenue détiennent des titres de propriété devenus inattaquables depuis plusieurs années.

Au début du mois de juin2025, un groupe de dirigeants politiques ville de Kinshasa, comprenant entre autres le ministre provincial de l’Environnement, celui de l’Urbanisme et habitat, le ministre provincial des Affaires foncières, le bourgmestre de la commune de Masina, accompagnés des policiers, avaient sillonné sur cette avenue pour faire des signes de démolition sur les parcelles qui auraient empiété sur l’espace public de l’État et qui n’ont pas respecté un écartement de dix mètres de part et d’autre de l’avenue Mobutu.

Au début du mois d’août 2025, les bulldozers de l’hôtel de ville de Kinshasa sont passés à la vitesse supérieure pour raser tous les immeubles et bâtiments concernés par cette mesure de démolition.

Quand nous revenons du centre-ville, nous constatons que toutes les activités commerciales situées le long de l’avenue Mobutu n’existent plus. A l’approche de la rentrée scolaire, les sources de revenus sont supprimées. Le revenu locatif ne sera plus payé, les recettes commerciales et les emplois sont supprimés.

Par respect pour le principe de la légalité, l’État n’a des comptes à rendre à personne, mais il a aussi l’obligation de protéger la population dont il est l’émanation. Sans population, il n’y a pas d’État.

Il se pourrait que dans l’exercice de ses fonctions régaliennes, l’État arrive à causer préjudice à autrui, il sera obligé de réparer sa faute.

Toute personne qui se sent lésée par l’opération de démolition, est tenue d’introduire auprès de l’autorité compétente, une requête en dédommagement en apportant la preuve, c’est-à-dire un titre de propriété devenu inattaquable et délivré par le conservateur des titres immobiliers

L’Etat n’est pas un parent pauvre, et personne n’a plus de moyens que l’État. La leçon à retenir est qu’en matière d’expropriation immobilière, il y a des procédures à respecter.

Il se pourrait qu’un préposé ou un fonctionnaire de l’État puisse commettre une faute dans l’exercice de ses fonctions. Par sa faute, l’État doit réparer et le juge pénal peut prononcer un jugement contre l’État.

On ne sait pas estimer pour le moment l’ampleur des dégâts causés aux propriétaires des parcelles démolies par l’Hôtel de ville de Kinshasa. Certainement qu’il existe une commission pour étudier cette question qui pourrait être à la base des procès contre l’autorité urbaine.

Alex Tutukala

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *