Le concept  » PRESSE PRÉSIDENTIELLE » : ses implications dans la construction des relations avec des médias et ses forces dans l’accréditation des journalistes

0

Les réseaux sociaux ont vibré avec une annonce on ne sait plus rocambolesque d’une émission au titre assez psychologique ou affective : « Au cœur du conseil des MINISTRES ». Cette initiative provient de la presse présidentielle, mieux du service de la communication de la présidence de la République. Toutes ses initiatives et bien d’autres soulèvent des interrogations sur la nature de cette instance et son champ d’intervention dans le secteur des médias.

La deuxième interrogation concerne l’accréditation des journalistes auprès de la Présidence de la République ou auprès du Directeur du Cabinet du Président de la République. La troisième interrogation porte sur la nature de l’autonomie de cette entité au point de se constituer comme une unité à part capable de recruter un personnel en dehors et à l’insu des médias qui sont en réalité des utilisateurs attristés des services des journalistes accrédités à la Présidence de la République. L’ensemble des inquiétudes et interrogations relèvent de la recherche du champ de la communication institutionnelle.

Lorsqu’ on avance sur le terrain de compréhension de la pratique professionnelle, on est confronté au juridisme. Le droit a facilité la tricherie au regard des exigences de la collaboration entre l’institution  » Président de la République et les organes de presse. Le problème de fond réside dans la nature de collaboration, ou d’exécution. C’est à ce niveau que les choses se compliquent pour tous les acteurs intéressés par l’accès à l’information auprès de l’institution Président de la République. Au départ, on doit se poser la question de savoir si le service de la presse présidentielle ou le service de la communication à la présidence de la République fonctionne comme une unité autonome ou une agence, un organe de presse au point de disposer ou de recruter ses propres journalistes n’ayant aucun lien avec des médias reconnus, implantés et opérationnels ? Des journalistes censés appartenir à leurs propres rédactions entrent en compétition ou en concurrence avec celles-ci.

Depuis déjà trois décennies, mieux depuis le fait de la révolution/rébellion partie de la périphérie vers le centre, des montagnes du Kivu pour la prise du pouvoir d’État à Kinshasa, il y a des pratiques qui se sont imposées mais qui, en réalité, suscitent des interrogations multiples. Ce qui était considéré autrefois comme service de presse à la présidence de la République a connu des transformations au point de s’afficher au grand jour comme Direction de la presse présidentielle. La presse présidentielle est un concept très ambigu au regard justement de la mission des organes en lien avec le bureau du Président de la République.

Le Directeur de la presse présidentielle est nommé par une ordonnance présidentielle. Le poste est donc politique. Le bénéficiaire de l’ordonnance présidentielle cesse de dépendre désormais de sa rédaction pour porter son nouveau statut, celui de politique. En plus, cette équipe est tellement étoffée jusqu’à recruter son propre personnel. Seulement voilà, la presse présidentielle n’a pas un centre d’émission ou de diffusion. Des activités menées par le Président de la République doivent être connues des citoyens, de l’opinion publique, des électeurs. Ici, on entre dans la phase de relation ou de collaboration avec des organes de presse dont la mission est justement de rendre compte de la marche de la nation. C’est ici qu’intervient l’objet social, stratégique et professionnel de la Radio Télévision Nationale Congolaise et de l’Agence Congolaise de Presse.

L’État s’est doté de ses outils dont l’une des missions est de se préoccuper de l’image des institutions nationales diffusée au pays et à l’étranger. Il est vrai que l’ordonnance présidentielle définit le cadre d’action. Au plan pratique, il y a des limites. Car chaque jour, l’on assiste à l’émergence des journalistes évoluant comme des électrons libres, n’ayant des comptes à rendre à aucune rédaction, au rédacteur, au rédacteur en chef ou au rédacteur en chef principal, sauf à sa direction de la presse. Cet état des choses apporte de la confusion surtout quand il s’agit de permuter ou de procéder à l’accréditation de nouveaux journalistes. A cette étape, des journalistes se comportent en stratèges. Il va crier sur les toits. : Je suis de la presse présidentielle. Cela veut dire quoi? Je ne connais l’autorité d’aucun organe de presse sur le plan professionnel. A la RTNC par exemple, il existe une tradition. L’accréditation des journalistes auprès des institutions de la République est tournante. Ainsi, on a vu les Kasonga Mbunga Kalala Kafumba, Kasongo Mwema, Kibambi Nshintua, Sakombi Bakonzo, Kipolongo Mukambilua accrédités à la présidence de la République pour travailler et représenter l’OZRT ou la Voix du Zaïre.

Médard Mbuyal Mangala

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *