Affaire « Carte d’identité » : Peter Kazadi doit assumer son bilan
L’ancien ministre de l’Intérieur, Peter Kazadi Kankonde, aujourd’hui député national, s’est récemment exprimé sur le blocage du processus de délivrance de la carte d’identité nationale. Plutôt que d’assumer les responsabilités liées à sa gestion d’un portefeuille aussi stratégique, l’ex-Vice-Premier ministre semble chercher des boucs émissaires pour masquer un bilan jugé mitigé.
Dans ses déclarations, Peter Kazadi pointe du doigt l’Inspection générale des finances (@IgfRdc), qu’il accuse d’avoir entravé le projet. Une accusation qui, aux yeux de nombreux observateurs, ressemble davantage à une diversion qu’à une analyse objective de la situation.
Il convient de rappeler que l’IGF n’est qu’un organe technique de contrôle, sans pouvoir exécutif direct sur les décisions gouvernementales. Dans le cadre du projet de carte d’identité, l’IGF avait formulé plusieurs recommandations, toutes validées par le gouvernement. Parmi celles-ci : Le marché, estimé à plus de 60 millions USD, avait été attribué de gré à gré, sans appel d’offres ; L’entreprise adjudicataire ne disposait pas des capacités financières nécessaires pour mener à bien un projet de cette envergure ; Elle avait exigé un paiement initial de 20 millions USD, malgré son engagement à préfinancer le projet ; Des soupçons de surfacturation ont été relevés.
Ces éléments ont conduit la justice à s’intéresser de près au dossier. Résultat : le patron de l’entreprise adjudicataire a été déclaré persona non grata en RDC, notamment pour deux affaires majeures — la surfacturation dans le dossier « carte d’identité » et l’affaire des « lampadaires », où 13 millions USD ont été engloutis sans qu’aucune infrastructure lumineuse ne soit visible dans la ville.
Si blocage il y a eu, il ne saurait être imputé uniquement à l’IGF. La justice a également joué son rôle en sanctionnant une entreprise jugée fictive, sans capitaux propres, et impliquée dans des pratiques douteuses. Parler de blocage revient donc à ignorer les mécanismes de contrôle et de régulation qui ont permis d’éviter une vaste escroquerie aux dépens de l’État.
En définitive, Peter Kazadi gagnerait à assumer les conséquences de sa gestion plutôt que de chercher des responsables ailleurs. La transparence et la redevabilité sont les piliers de toute gouvernance crédible. Soulever une tempête dans un verre d’eau ne saurait effacer les zones d’ombre qui entourent ce dossier.
Par Ignace Mbalaka
