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African Jazz à Bruxelles : Les musiciens de la Table Ronde et les secrets de l’hymne panafricain  » indépendance Cha Cha « 

African Jazz à Bruxelles : Les musiciens de la Table Ronde et les secrets de l’hymne panafricain  » indépendance Cha Cha « 

Salut les connaisseurs ! Dans notre dernier post, on a décortiqué le monument « Indépendance Cha Cha ». Aujourd’hui, on zoome sur les hommes derrière les instruments, les héros de cette épopée musicale. Qui étaient les artistes qui ont fait le déplacement de Léopoldville (Kinshasa) à Bruxelles pour accompagner Grand Kallé et immortaliser la Table Ronde en musique ?

je vous emmène dans les coulisses de la diplomatie en rumba majeure !

Plus qu’un groupe, une délégation

Quand Grand Kallé s’envole pour Bruxelles en janvier 1960, il n’est pas seulement un musicien. Il est un ambassadeur. Son orchestre, L’African Jazz, est la première formation de Rumba à se produire professionnellement en Europe. Une fierté ! Imaginez la pression sur leurs épaules. Ils ne jouaient pas seulement pour un public, ils jouaient pour l’Histoire.

Voici la composition de ce commando musical d’exception qui a débarqué à Bruxelles :

Joseph Kabasele (Grand Kallé) : Le leader, le visionnaire, la voix d’or.

Dr. Nico Kasanda : Le guitariste virtuose, dont le style « mi-composé » allait révolutionner la guitare congolaise. C’est lui le père du riff de « Indépendance Cha Cha ».

Vicky Longomba : Chanteur à la voix de velours et co-compositeur de génie.

Déchaud Mwamba : Le petit frère de Dr. Nico, guitariste rythmique d’une précision méticuleuse

Emmanuel « Manu » Dibango : Eh oui ! Le saxophoniste et pianiste camerounais, alors étudiant en Belgique, a été l’invité de marque de Grand Kallé sur ces enregistrements ! Un détail souvent oublié qui montre le panafricanisme visionnaire de Kallé.

Brazzos : bassiste au groove imparable.

Roger Izeidi : percussionniste et chanteur.

« Table Ronde » : la chronique musicale des négociations

Avant « Indépendance Cha Cha », il y a eu une autre chanson, tout aussi emblématique : « Table Ronde ». Si « Indépendance Cha Cha » est le cri de la victoire, « Table Ronde » est la chronique des débats.

Anecdote sur le texte : La chanson a été écrite et enregistrée PENDANT la conférence. Elle cite les noms des participants belges et congolais, presque comme un journaliste musical ferait son reportage. On y entend les noms du ministre belge Ganshof van der Meersch ou des délégués comme Bolikango. La chanson avait un but : informer le peuple resté au Congo de ce qui se passait à Bruxelles, traduire en musique les enjeux complexes des négociations. C’était un « tweet » musical avant l’heure !

Le génie de Grand Kallé était de transformer un événement politique potentiellement aride en une rumba entraînante, accessible à tous. Il a mis la diplomatie sur la piste de danse. C’est ça, la magie de la rumba congolaise : être à la fois la fête et la mémoire d’un peuple.

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