Avec la prise de contrôle kabiliste au moins faciale du M23, Kabila et Kagame jouent leurs dernières cartes (Jean-François Le Drian)

D’un côté, Kabila sait qu’il n’a plus d’avenir politique en RDC.

Daté, usé jusqu’à la moelle, ayant perdu l’intégralité de son capital « image », il ne lui reste que l’option militaire : s’emparer du pouvoir par la force, sous pilotage ou avec l’aide directe du régime néocolonialiste de Kigali.

De l’autre, Kagame qui ne cesse de faire virevolter les narratifs instrumentaux a la naïveté présomptieuse de croire encore et encore que ce stratagème réchauffé, grossier, ultravisible comme le nez au milieu du visage, suffira enfin à « congoliser » ce mouvement et à masquer l’annexion rwandaise méthodique et rampante.

Il a tellement abusé des techniques de manipulation, d’influence et de guerre cognitive qu’il est convaincu que ce qui a fonctionné pendant trente-six ans continuera à fonctionner ad vitam æternam.

Paul Kagame s’est souvent vanté de maîtriser la guerre de l’information.

La formule la plus citée est la suivante : « We used communications and information warfare better than anyone. We have found a new way of doing things. »

« Nous avons mieux utilisé les communications et la guerre de l’information que quiconque. Nous avons trouvé une nouvelle façon de faire les choses. »

Source secondaire : https://cacm.acm.org/opinion/from-washington-infowar/

Or cette « nouvelle façon » est désormais trop facilement identifiable, décryptable et a par conséquent perdu son efficacité d’antan.

Les esprits s’y sont habitués ; les ficelles apparaissent grosses, ostensibles donc facilement détectables.

Le jeu est grotesque.

À force de mensonges répétés, plus personne n’accorde de crédit à la valeur faciale des productions sémantiques de l’ethnocratie rwandaise.

Cette dernière manœuvre est donc pathétique.

Elle marque le chant du cygne.

Kabila feint d’ignorer qu’on peut tromper mille fois la même personne — ou une poignée de supporters fanatiques — mais qu’on ne trompe pas un peuple tout entier mille fois.

Quant à Kagame, il ne lui reste plus que le bling bling habituel et les « washing » à toutes les sauces…

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