Arrivé au pouvoir en janvier 2019, Félix Tshisekedi avait fait une promesse initiale, celle de procéder au « DEBOULONNEMENT du système dictatorial» mis en place par son prédécesseur Joseph Kabila (volonté affichée et proclamée depuis les États-Unis).
Après la fin de la coalition CACH-FCC, le camp Tshisekedi a cherché à écarter les réseaux kabilistes des leviers de l’État, des entreprises publiques et du Parlement par le débauchage au profit de sa propre majorité (l’Union sacrée de la nation).
Cependant, très vite, le pouvoir de Félix Tshisekedi a fait face à des contestations sur sa gestion économique, sociale et sécuritaire, ainsi qu’à des débats houleux autour d’un éventuel changement ou de la révision de la Constitution de 2006.
Pendant que les fonctionnaires Congolais perçoivent leurs salaires modiques toujours au 45eme jour (c’est-à-dire 15 jours après la fin du mois), des reportages de la RFI et de plusieurs médias belges font état de plusieurs perquisitions menées par le parquet fédéral belge, à Bruxelles et dans ses environs qui ont visé mercredi 14 octobre 2026 des résidences appartenant à des membres de la famille de Félix Tshisekedi. C’est une affaire d’enrichissement personnel présumé qui a mené la police fédérale chez les proches du président de la RDC. Selon une ONG à l’origine de la plainte, ces membres du clan présidentiel auraient mis la main illégalement sur des mines de la province du Katanga.
Maintenant on est là où on est: La RDC traverse une crise politique, sécuritaire et socio-économique vraiment profonde et sans précédent qui menace son existence en tant qu’Etat souverain, un et indivisible, dont la Constitution et le droit international garantissent la protection des frontières et de l’intégrité territoriale.
Aujourd’hui, la décision radicale de Joseph Kabila de choisir la voie des armes marque un point de rupture historique; même si plusieurs des anciens lieutenants de la classe politique et vieux routiers de la politique congolaise expriment déjà ouvertement leur prétendue désapprobation ou leur gêne, soulignant le paradoxe de voir l’homme qui a dirigé la RDC pendant 18 ans porter les armes contre la Constitution dont il s’était lui-même proclamé le garant.
La décision de Joseph Kabila illustre donc les dynamiques contradictoires au sein du microcosme de la vieille classe politique congolaise.
Cependant une chose est vraie. Connaissant bien le modus operandi de cette vieille classe politique congolaise mobutisto-tshisekediste et mobutisto-tshisekedisée, il est clair qu’elle est actuellement partagée entre opportunisme, survie légale et stratégies de négociation.
En effet, comme nous le savons, avant de basculer ouvertement dans la rébellion armée, Joseph Kabila avait fustigé dans un discours le système de gouvernance actuel, appelant curieusement au « BALAYEMENT du système et au renouvellement de la classe politique congolaise » au profit d’une nouvelle génération.
Le double jeu et l’opportunisme de la vieille garde justifient son positionnement actuel face au séisme provoqué par la décision de Joseph Kabila et répondent à des calculs de positionnement bien précis, notamment:
1. Un levier de négociation pour certains : Historiquement, une partie de l’élite congolaise perçoit les rébellions non pas comme une rupture définitive, mais comme un moyen d’imposer un rapport de force pour forcer le pouvoir central (Félix Tshisekedi) à ouvrir le partage des postes lors de futurs dialogues nationaux.
2. L’alignement par peur de la purge : Face à la virulence du camp présidentiel (qui somme les ministres et cadres de condamner fermement Kabila sous peine d’être étiquetés comme traîtres), de nombreux dinosaures politiques se hâtent de prêter allégeance à la vision de Kinshasa pour sauver leur position institutionnelle.
Seul l’avenir (proche) nous le dira !
