Bukavu: Une Pâques sous silence, entre occupation et espoir

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Ce 20 avril 2025, la ville de Bukavu, habituellement animée en cette période de fête, s’est réveillée sous un voile de tristesse. L’occupation persistante par le M23 et ses alliés de l’AFC a vidé les rues de leur vitalité, transformant une journée normalement dédiée à la célébration de la résurrection en un moment de repli, de prière silencieuse et d’inquiétude collective. Là où les cloches de Pâques devraient résonner de joie, ne subsiste qu’un écho sourd de peur et d’incertitude.

Dans les églises, la ferveur religieuse tente de survivre malgré la tension. Des fidèles, peu nombreux mais courageux, ont osé franchir le seuil des sanctuaires pour communier dans une foi partagée, même si la joie semblait contenue. La ville entière paraît figée, ses marchés déserts, ses commerces fermés ou désertés. Pour les vendeurs et artisans, la fête a perdu tout son éclat : les clients manquent, et le cœur n’y est plus. « Cette année, on prie plus qu’on ne festoie », confie un commerçant, les yeux fixés sur un étal déserté.

Mais derrière cette atmosphère pesante, un fil d’espoir demeure. Dans les foyers, malgré les repas modestes et les visages fatigués, les familles partagent des mots d’encouragement, portés par la conviction que l’occupation ne sera pas éternelle. Les jeunes, notamment, organisent des rencontres discrètes pour maintenir le lien et réfléchir à l’avenir.

La résilience de Bukavu ne faiblit pas : elle se fait discrète, mais profonde. Et si cette Pâques n’a pas eu la chaleur des années passées, elle a révélé un peuple uni, debout dans l’épreuve, porté par l’espérance d’une libération prochaine.

 

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