Cadre de coopération économique régionale: Tina Salama est formelle : « Pas de cogestion, ni fusion ou perte de notre souveraineté »

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C’est ce jeudi 04 décembre 2025 que les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame ont entériné l’accord de paix entre la Rdc et le Rwanda pour mettre fin à plus de 30 ans de guerre aux conséquences incalculables tant pour l’Etat congolais que pour les populations qui ont payé de leur vie. En marque à cette cérémonie, les portes-parole du Gouvernement et du président de la République ont rencontré, ce 03 décembre à New-York, la presse.

«  Nous sommes là pour vous présenter avec précision, transparence et responsabilité la portée politique, sécuritaire, économique, surtout historique des accords de Washington signés tout d’abord par la RDC et les Etats-Unis et la République du Rwanda. Ce qui est important de dire, ces accords représentent un foul-package, c’est-à-dire un paquet cohérent pour mettre fin au cycle des guerres », a indiqué Tina Salma, porte-parole du président de la République, dans son discours luminaire.

Et d’ajouter qu’on espère qu’avec ces accords, on mettra un terme à la guerre. Nous voulons reprendre le contrôle de nos ressources naturelles, martèle-t-elle, au moment où on parle de Génocoste, génocide lié au pillage des ressources naturelles. Aujourd’hui si nous avons la guerre, c’est parce que la Rdc est un pays riche. Il y a des pays qui veulent mettre la main basse sur nos minerais. Pour le Gouvernent, c’est de transformer ces richesses en emplois, en infrastructures et là nous parlons de la prospérité pour les congolais. Il est temps que nos richesses puissent profiter de nos richesses, pense-t-elle.

Disons que ces accords ne surgissent pas du néant, ils constituent l’aboutissement d’un processus diplomatique qui a commencé depuis plusieurs mois et dont l’étape capitale a été franchie en juin dernier lors de la signature des accords de principes par les ministres des Affaires étrangères de deux pays et les chefs d’Etat viennent entériner au plus haut niveau politique, une orientation stratégique à suivre. Le souci est de rompre avec le cycle de violence, restaurer la souveraineté nationale, amener la Rdc vers une paix durable et engager la Rdc sur la voie d’une prospérité durable fondée sur la transformation locale de nos ressources.

Pourquoi ces accords, et pourquoi maintenant ?

Depuis plus de ans, vous suivez de près l’histoire de la RDC. Depuis trois décennies, le Congo supporte un coup humain insoutenable : conflit récurent à l’Est du pays, déplacement massif des populations, affaiblissement de l’autorité de l’Etat, économie de guerre entretenue par l’exploitation illicite de nos minerais, pertes humaines innombrables, les traumatismes profonds de nos populations et la destruction de nos infrastructures.

Sans paix durable à l’Est, aucun développement n’est possible, pas de stabilité, pas d’industrialisation, pas d’investissements massifs, pas d’intégration régionale crédible. La paix pour la Rdc n’est pas une concession, mais une condition préalable à tout développement.

Le cadre d’intégration économique régionale et le partenariat que nous aurons avec les Etats-Unis d’Amérique prennent appui sur l’accord de paix. D’abord l’accord de paix et l’économie après. Nous avions demandé que l‘on commence par l’accord de paix pour aboutir sur l’accord économique. Et vous avez suivi que la RDC a conditionné la signature de l’accord économique par la signature de l’accord de paix.

Quid de ces trois accords

Devant la presse, Tina Salama a indiqué que nous sommes aujourd’hui à Washington pour trois accords principalement. Il s’agit d’un Accord de paix Rdc-Rwanda, un cadre de coopération économique régionale et ensuite et un partenariat stratégique avec les Etats-Unis sur l’énergie, les mines et les infrastructures.

Soulignons que l’accord de Washington poursuit trois objectifs mettre fin à la guerre dans l’Est du pays, restaurer la souveraineté et l’intégrité territoriale du pays et tarir le financement de la guerre en coupant les circuits illicites des minerais.

Concrètement, l’accord prévoit un retrait intégral des forces étrangères conformément au CONOPS. L’accord instaure un mécanisme conjoint qui est appelé à superviser le retrait, renforce la coopération, sécuritaire tout en plaçant la RDC au centre de tous les dispositifs de suivi.

Cet accord ne légitime aucune occupation étrangère. Il organise sa fin. Il se situe dans le cadre du droit international et de la résolution du conseil de sécurité. Concernant la souveraineté nationale, les accords ne cèdent aucune portion du territoire nationale, ils ne transfèrent aucune souveraineté du territoire national, ils n’accordent aucun droit de transfert de la propriété du territoire national.

Au contraire, ils réaffirment la pleine souveraineté de la Rdc sur son sol et son sous-sol, le contrôle exclusif de son exploitation, de la transformation de ses minerais, la primauté du droit congolais sur tout mécanisme de coopération et les partenaires eux apportent investissements, technologies, mais la décision stratégique reste congolaise. C’est ça notre souveraineté minérale.

Concernant le cadre de coopération économique régionale, ce n’est pas une cogestion, pas une fusion ou une perte de de notre souveraineté. Il repose sur trois principes fondamentaux : Une paix comme prérequis absolu, la paix comme objectif, une coopération pragmatique équitable et conditionnée par le respect des engagements sécuritaires.

Il est question de remplacer l’économie de contrebande par une économique régulée, sécuriser les chaines d’approvisionnement, transformer les zones de conflit en pole d’activité économique, mais également protéger les communautés locales, surtout les mineurs artisanaux.

Terminons avec le partenariat stratégique entre la Rdc et Usa qui est structuré en 17 articles, et qui constitue un catalyseur majeur de transformation économique. Il vise à valoriser les minerais stratégiques, à créer des emplois, qualifier les chaines de valeurs industrielles, encourager des produits structurants qui existent déjà tels que le corridor de Lobito et le grand Inga, renforcer les infrastructures énergétiques et logistiques et former des ingénieurs, des cadres techniques et des institutions.

Grace à ce partenariat, la Rdc devient un pôle énergique continental, une sorte de hub stratégique, un acteur incontournable des chaines d’approvisionnement en minerais critiques.

Le brassage et le mixage

Ici, Tina Salama, la porte-parole du chef de l’Etat a insisté sur le fait qu’aucune intégration collective n’est prévue. Toute réintégration sera individuelle, conditionnelle et rigoureusement contrôlée. Cette disposition tire les leçons des échecs de 2009 et 2010. Pour les différends, les accords prévoient des mécanismes clairs qui incluent les Etats-Unis, le Qatar et les partenaires, mais aussi le recours unilatéral à la force. Il y a un calendrier opérationnel qui sera défini sur le comité de surveillance.

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