Changer le FONHAB en une banque de l’habitat : Une aubaine pour l’ACOPRIM ?

La création d’une Banque publique spécialisée dans le financement du logement en remplacement du Fonds National de l’Habitat (FONHAB), qui peine de fonctionner à cause des contraintes des finances publiques et qui n’ont pas permis la mobilisation de sa dotation initiale, est une aubaine pour l’Agence Congolaise de Promotion Immobilière (ACOPRIM) qui n’atteint pas toujours la vitesse de croisière depuis sa création par le décret du 19 novembre 2018.
Nul n’est besoin aujourd’hui d’expliquer que la RDC a un déficit énorme en termes des millions d’unités des logements décents. Ceci est accentué par une démographie galopante, un territoire national avec des vastes étendues, un manque de financement dans le secteur, etc. C’est pour répondre à tous ces défis qu’il a été créée l’Agence Congolaise de Promotion Immobilière (ACOPRIM), avec pour objet social la construction des logements décents et l’accompagnement en infrastructures de base et équipements sociocommunautaires de proximité, sur financement du FONHAB, du Trésor public et des différents partenaires.
Minée par des difficultés de fonctionnement, l’ACOPRIM n’a lancé que les travaux de construction d’un immeuble R+3 à Kisangani, province de la Tshopo. Ces travaux lancés depuis décembre 2025 par M. Alexis Gisaro, ministre d’Etat, ministre d’Urbanisme et habitat, n’ont jamais démarré, au grand étonnement de la population tshopolaise. Aussi, les travaux de construction des logements pour les sinistrés de Matadi Kibala (1.000 maisons) sur le site de Mukilango, n’ont jamais pris une vitesse de croisière.
A ce jour, les missions de l’ACOPRIM qui constituent sa bible, n’ont pas connu un début d’exécution. C’est le cas par exemple la gestion des unités de logement construites pour location, vente et location-vente en vue de générer des recettes et permettre la replicabilité et la pérennisation des projets ; la viabilisation des sites des projets immobiliers, l’approbation, suivi et évaluation des projets immobiliers ; conception des plans types des logements et des projets immobiliers, etc.
C’est dans ce contexte que lors de la réunion du conseil des ministres de vendredi 28 août 2026, la Première Ministre Judith Suminwa a, avec raison évoqué la nécessité de créer un instrument financier souverain dédié à l’habitat. Le déficit national en logements, estimé par ONU-Habitat à près de quatre millions d’unités, dépasse aujourd’hui le simple cadre d’un défi sectoriel. Il devient un enjeu stratégique de souveraineté économique, de justice sociale et de stabilité politique. Pour moderniser ce secteur, le Gouvernement a conçu le Fonds National de l’Habitat (FONHAB) comme pilier financier.
Cependant, les contraintes des finances publiques n’ont pas permis la mobilisation de sa dotation initiale. Ce manque de moyens limite la portée de la réforme et freine la réponse de l’État aux attentes de la population. Face à cette situation, il est impératif d’instaurer des mécanismes performants.
L’objectif est de mobiliser des ressources à long terme, de structurer un crédit hypothécaire national, de valoriser le patrimoine immobilier de l’État et d’attirer l’investissement privé. La création d’une Banque publique spécialisée, à l’image de plusieurs pays africains (Sénégal, Tunisie, Burundi, République du Congo), répondrait à ces impératifs. Elle permettrait de renforcer le financement du secteur, de sécuriser les programmes de logements sociaux et de soutenir une croissance durable.
Une telle institution enverrait un signal politique fort, stabiliserait le contexte social et créerait des emplois. Partant de cette nécessité, la Première Ministre a instruit le Ministre d’État, Ministre de l’Urbanisme et Habitat, ainsi que le Ministre des Finances, d’envisager la mise en place d’une telle structure. Ils devront étudier les modalités opérationnelles permettant de transformer l’actuel Fonds National de l’Habitat (FONHAB) en une véritable Banque publique de l’habitat, dotée de prérogatives bancaires complètes, conformément au Programme d’Actions du Gouvernement.
Espérons que cette réforme portera et qu’elle permettra à l’ACOPRIM d’apporter des solutions au problème de déficit des millions d’unités des logements décents.
Le Quotidien
