Constant Mutamba a-t-il démissionné ?

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La démission ou pas de Me Constant Mutamba, ministre d’Etat, ministre de la Justice et garde des sceaux ne cesse d’alimenter les débats, tant dans les réseaux sociaux, que dans les salons huppés de la capitale Kinshasa. Me Constant Mutamba, ce « Musongye mukielengie » (le Musongye est un roi), s’apprête à laisser le ministère avec un goût d’inachevé. Il aura suscité l’adhésion populaire à cause non seulement de son jeune âge, mais aussi à cause de son travail acharné pour matérialiser la vision du chef de l’Etat, qui voulait à tout prix une justice débarrassée de toutes les antivaleurs.

Si Jeune Afrique renseigne que Constant Mutamba a annoncé au président congolais qu’il souhaitait démissionner, et que ce dernier aurait accepté cette décision, qui intervient alors que l’Assemblée nationale vient d’autoriser des poursuites à l’encontre du ministre de la Justice pour détournement de fonds publics, rien n’indique jusque-là que le MINETAT était sorti de chez lui pour se diriger quelque part en vue de déposer sa lettre de démission.

Selon des informations recoupées par votre journal, le MINETAT Constant Mutamba n’est jamais sorti de chez lui, en ce 17 juin 2025, parce qu’ayant quelques ennuis de santé. L’Assemblée nationale ayant déjà autorisé le Procureur général près la Cour de cassation d’initier les poursuites, Constant Mutamba est désormais réputé démissionnaire. Et dans ce cas d’espèce, il a la liberté de déposer sa démission ou pas. Comme pour dire qu’il ait démissionné ou pas, vraisemblablement Mutamba devra répondre des faits qui lui sont reprochés devant la justice.

Quand bien même Constant Mutamba aurait déposé sa démission du Gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa, fallait-il la déposer au Président de la République ? Et pourtant, le Président de la République reçoit la démission du Premier ministre, entrainant celle de tout son Gouvernement. Ici, si Mutamba doit démissionner, sa démission sera déposée à la Première ministre, chef du Gouvernement.

Des similitudes entre Mutamba et Tunda

Nombreux sont des Congolais qui ne comprennent pas comment le ministère de la Justice constitue un cimetière pour les ministres songye, ou les ressortissants de la province de Lomami. Me Tunda, à cause d’un écart de langage avec le fameux « Ye meyi », faisant allusion à l’ancien président Joseph Kabila, s’est vu débarqué du Gouvernement, avant de passer par une audience de la Cour de cassation.

Dans son cas, il y avait flagrance et Me Tunda a été directement conduit à la Cour de cassation, au grand étonnement de ses proches.

Pour sa part, Mutamba va connaître une procédure contraire qui a conduit à l’introduction d’une demande d’autorisation de poursuites à l’Assemblée nationale. Celle-ci n’avait pas d’autre choix que de donner cette autorisation au Procureur général près la Cour de cassation, à cause des faits graves retenus à la charge de Constant Mutamba.

Que ça soit Me Tunda ou Me Mutamba, les deux ministres originaires de la province de Lomami sont des réformateurs. Leur présence à la tête de ce ministère aura permis d’implémenter des réformes qui garderont à jamais leur souvenir.

Mutamba a réussi là où ses prédécesseurs avaient lamentablement échoués. Il a modernisé le Palais de justice grâce à une quotité payée par Milvest. Il a bancarisé le payement des frais judiciaires qui, dans le passé, allaient dans les poches de certains individus. Il a décongestionné les prisons en libérant les prisonniers dont les dossiers n’étaient pas solides. Avec son collègue de l’Intérieur, ils ont organisé des procès publics avec comme objectif de donner un message à la population, selon lequel, quiconque va s’illustrer à travers le même comportement, subira la rigueur de la loi, etc.

Est-ce un signe indien ou un destin commun pour ces dignes fils de Kabinda, les « Basongye mbakielengie, soit les Basongye sont des rois » ? Et pourtant, d’autres songye s’illustrent ou se sont illustrés dans leurs carrières. Katanga ya Mutumba aura bien géré le ministère des Finances, ainsi que d’autres structures étatiques, pendant que Mulenda Mbo aura été l’un des meilleurs dirigeants de la Gécamines.

Pour rappel, suite à la demande d’autorisation des poursuites contre le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des sceaux sollicitée par le Procureur Général près la Cour de Cassation, sur 363 députés votant, 322 ont voté pour, 29 ont voté contre et 12 ont voté abstention. La Plénière a ainsi autorisé les poursuites judiciaires contre le ministre d’État Constant Mutamba.

JMNK

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