Disons-le poliment au Président Félix Tshisekedi : « on ne tourne pas la page de l’Histoire des 150 ans du Congo dans l’exclusion ! »

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Elles sont deux, les belles phrases retenues du discours du chef de l’État du 27 août 2026 relatif au Dialogue. La première est : «Nous avons voulu tourner la page sans toujours l’avoir lue jusqu’au bout». La seconde est : «La démocratie nous autorise à nous opposer ; la Patrie, elle, nous interdit de nous déchirer».

 « Congolie… »

Après la lecture à chaud suscitant évidemment des réactions à chaud comme savent si bien le faire en « Congolie » (néologisme indiqué pour désigner la culture du «vite-dit, vite-fait» caractérisant l’homme congolais), la lecture froide est maintenant recommandée ; chacun y allant avec son penchant, ses convictions mais dans le respect, pour la beauté de la démocratie. C’est ainsi que dans son discours certainement rédigé par une main experte ayant traversé l’Histoire du pays au cours de ces 30 ou 40 dernières années, il y a la première belle phrase évoquée ci-dessus. Elle mérite un arrêt pour poser cette question de bon sens : peut-on réellement lire une page jusqu’au bout tout en excluant l’une des parties des acteurs concernés ? Réponse sensée : NON ! Et pour cause !

Besoin de savoir, de comprendre

La page de l’Histoire du Congo ne commence pas le 30 juin 1960 avec la proclamation de l’Indépendance, ni le 24 janvier 2019 avec l’avènement de Félix Tshisekedi à la tête du pays, moins encore avec l’agression rwandaise révélée pour la première fois en 2024 par le secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres, sans cependant que le Conseil de sécurité ne l’entérine jusqu’à ce jour !

Pour une lecture courageuse, l’Histoire du Congo commence avec la création de l’AIA (Association Internationale Africaine) en 1876. Dans son évolution, elle intègre la Conférence Internationale de Berlin (1884-1885) et la colonisation belge (1908-1960). Ce n’est qu’après qu’intervient celle du Congo Kinshasa (1960-2026).

Partant, les Congolais ont le droit de savoir, premier exemple, pourquoi subissent-ils, après Berlin 1885, les effets négatifs de l’application de l’Acte général sur le bassin du Congo !

Deuxième exemple, les Congolais semblent oubliée que même les revendications rwandaises mises en exergue, tout comme les revendications ougandaises et burundaises mises en bémol, sont fortement liées à Berlin 1885. (Ce qui fait de tout Dialogue focalisé sur les premières et diluant la responsabilité des secondes un non-sens). Pour rappel, cette façon de procéder avait fait rater entre 1991 et 1992 la Cns de son objectif.

Troisième exemple : la question «Banyamulenge» remontée récemment à la surface a ses racines dans la pré-colonisation et la colonisation, et non les années 1970.

Quatrième exemple : la banalisation du rôle joué par le Congo dans la préservation de la civilisation judéo-chrétienne fondée, elle, sur la Démocratie et de l’Economie libérale. C’est grâce à l’uranium congolais de Shinkolobwe que la Seconde guerre avait pris fin, sauvant de ce fait la civilisation universelle.

Curieusement, c’est le Congo qui semble livré en pâture à toutes formes de razzias.

Disons-nous le d’emblée : les Congolais ont besoin de savoir et de comprendre.

Voilà le sens des « États Généraux de la République » (EG-RDC) visant la re-création et la re-fondation du Congo.

Des griefs…

Justement, c’est là qu’intervient la seconde belle phrase de Félix Tshisekedi, à savoir : «La démocratie nous autorise à nous opposer ; la Patrie, elle, nous interdit de nous déchirer» !

Par elle, le chef de l’Etat a lui-même intenté un procès à charge de l’Udps, sans le savoir ni le vouloir.

En effet, si ce parti s’était appliquée cette phrase pendant ses 37 ans d’Opposition en général, mieux entre 1990 et 2018, la RDC n’en serait pas là où elle en est aujourd’hui en termes d’insécurité, de morts, de blessés, de déplacés, d’exilés, de pillages etc. pour causes directes ou indirectes de guerre.

Aucun esprit lucide ne peut soutenir que l’une ou l’autre des initiatives prises par l’Udps d’abord sous le leadership collectif Lihau-Kibassa-Tshisekedi-Mbwankiem entre 1990 et 1994, ensuite sous le leadership individuel Etienne Tshisekedi entre 1994 et 2017, enfin sous le leadership tout aussi individuel Félix Tshisekedi depuis 2017 n’ait impacté négativement la société hier zaïroise, aujourd’hui congolaie.

Du mensonge grossier sur le massacre des étudiants du campus de l’Université de Lubumbashi en mai 1990 à l’explication donnée en mai 2026 sur la menace brandie dans la phrase « à la moindre escarmouche » prononcée en 2023, en passant entre autres par le soutien aux « rébellions » de l’Afdl et du Rcd qui étaient pourtant des agressions avérées, on ne peut pas dire de ces initiatives qu’elles n’aient produit aucun mort, ni un seul blessé !

Vouloir alors se sanctifier pour culpabiliser les autres, c’est un jeu vilain.

Chacun a des cadavres dans ses tiroirs

L’Udps pourrait, à son tour, aligner aussi les griefs du Mpr, de l’Afdl, des Cpp, du Pprd, du Rcd, du Mlc, et même de la CENCO, sans omettre Joseph Kabila et l’AFC-M23 !

On s’en rendra au moins finalement compte : chacun des protagonistes a des « cadavres dans ses tiroirs ».

Aussi, «MOI, PRESIDENT !», j’aurais tendu la main à toutes les forces en présence, peu importe qu’elles soient constituées de «Congolais de bonne qualité» ou de «Congolais de mauvaise qualité», sinon de «Congolais du bon côté de l’Histoire» ou «Congolais du mauvais côté de l’Histoire».

« MOI, PRÉSIDENT », j’aurais laissé les Compatriotes non disposés à participer au Dialogue national se disqualifier eux-mêmes !

Hélas ! Félix Tshisekedi a raté ce qui aurait dû être son grand rendez-vous avec l’Histoire. Il a planté personnellement le décor du genre «Un Dialogue en cache un autre» ou « Une Transition en cache une autre ».

Dire que le sien méritait d’être le dernier de la série, du moins pour le premier siècle de l’Indépendance (1960-2060).

Oui, Félix Tshisekedi aurait pu s’inspirer d’Horace en érigeant «un monument plus durable que l’airain».

 

Omer Nsongo die Lema

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