Épouses de responsables du Conseil supérieur de la magistrature en mission officielle : Me Wenga dit non à toute récupération politicienne
La publication sur les réseaux sociaux d’un ordre de mission collectif attribué au Conseil supérieur de la magistrature, mentionnant notamment les noms des épouses du président et du secrétaire permanent de cette institution du pouvoir judiciaire, suscite une vive incompréhension au sein de l’opinion publique congolaise. Les réactions d’internautes oscillent entre incrédulité et accusations de favoritisme. Un jugement que réfute l’expert en droit, avocat et juriste, Me Willy Wenga Ilombe.
Dans une réaction parvenue à alternance.cd, il s’emploie à rétablir les faits, démontrant le caractère légal de la présence des épouses des Corps constitués de la République aux côtés de leurs conjoints lors de certaines missions officielles.
À l’origine de la controverse, une capture d’écran d’un ordre de mission collectif portant l’en-tête du Conseil supérieur de la magistrature. Le document, qui aligne une vingtaine de noms pour une mission officielle à Kolwezi, dans la province du Lualaba, est rapidement devenu le choux gras des utilisateurs des réseaux sociaux en République démocratique du Congo.
L’attention s’est particulièrement focalisée sur deux membres de la délégation, présentées comme les épouses du président de la Cour constitutionnelle, également président du Conseil supérieur de la magistrature et du secrétaire permanent de cette même institution.
D’autres noms, partageant des éléments d’identité similaires à ceux de ces autorités, apparaissent également sur la liste, alimentant davantage la polémique.
Sans pour autant confirmer ou infirmer l’authenticité de cet ordre de mission, Me Willy Wenga prend ses distances avec les réactions hostiles qu’il a suscitées.
Tout en reconnaissant le droit du public à s’exprimer sur la gestion des institutions et de leurs dirigeants, il rappelle que les membres du cabinet du président du Conseil supérieur de la magistrature peuvent, au même titre que tout citoyen remplissant les conditions requises, être appelés à effectuer des missions de service, tant sur le territoire national qu’à l’étranger, indépendamment de leurs liens personnels avec les autorités des institutions dont ils sont membres.
« Lorsque le président de la Cour constitutionnelle et président du Conseil supérieur de la magistrature avait composé son cabinet, ce cabinet avait été publié au Journal Officiel. Donc ça été rendu public. Cela ne date pas d’aujourd’hui. Et que l’on trouve des conseillers qui portent les mêmes éléments de noms que lui, femmes, neveux ou enfants, ils sont d’abord au service de l’État, citoyens congolais. Et s’agissant d’une mission qu’effectue l’Autorité de l’institution du pouvoir judiciaire, et que parmi les membres de la mission ces gens se trouvent, je ne trouve pas d’inconvénient », a-t-il expliqué.
Un privilège reconnu aux épouses des Corps constitués
S’agissant plus spécifiquement de la présence des épouses dans cet ordre de mission, le juriste rappelle qu’il s’agit d’un avantage légalement reconnu aux Corps constitués de la République.
À cet égard, Me Willy Wenga souligne que, conformément aux articles 68 et 148 de la Constitution de la RDC, le président de la Cour constitutionnelle et président du Conseil supérieur de la magistrature fait partie des Corps constitués de la République. Il en va de même du secrétaire permanent du Conseil supérieur de la magistrature ainsi que d’autres hauts magistrats, notamment le procureur général près la Cour de cassation, la première présidente du Conseil d’État ou encore le premier président de la Haute Cour militaire.
« Il est reconnu que lorsqu’un Corps constitué voyage avec son épouse, les frais sont pris en charge par le Trésor public. Ce n’est pas quelque chose d’imaginaire, ce n’est pas quelque chose de créé par le président de la Cour constitutionnelle », a précisé
Me Willy Wenga.
