Et pourquoi pas un Prix Nobel pour Paul Kagame pendant qu’on y est !
Oui, pourquoi pas puisque le chef de l’État rwandais ne pouvait jamais, à lui seul, avoir la force financière, technique et militaire de mener une longue guerre de 30 ans sur le territoire de la République Démocratique du Congo sans un parrainage extérieur. Et pourquoi un Nobel pour le « parrain » et pas pour le « filleul » !
Ce 30 juin 2025, les Congolais auraient pu le célébrer autrement ! Même dans la méditation, mais au moins autrement. Et non dans l’euphorie du « Trump Show » ou « Trump Circus », pour paraphraser Thierry Virculon dans son commentaire sur France 24 au moment de la retransmission en direct, à partir du Bureau Ovale de la Maison Blanche, de la seconde étape de la signature de ce que sera désormais l’Accord de Washington, entendez l’Accord de paix conclu entre la RDC et le Rwanda le 27 juin dernier…
Serions-nous devenus *anti-Washington* après avoir conforté dans différentes livraisons la conviction selon laquelle la solution à la crise sécuritaire dans la sous-région des Grands Lacs, précisément à l’Est de la RDC, était justement à la Maison Blanche ? Pas du tout ! Le rappel, dans la dernière livraison, de l’article intitulé *«Accord de Washington : des voies qui crièrent dans le désert»* publié d’abord le 29 juin 2022 en est la preuve.
Entendre ne serait-ce qu’un mot d’excuse
Mais pourquoi alors ce qui pourrait être assimilé à un rétropédalage ?
On n’y a peut-être pas fait attention, mais dans son mot de circonstance, Donald Trump a triché avec l’histoire. Il a reproché à ses prédécesseurs de n’avoir rien fait pour arrêter la guerre dans les Grands Lacs.
Or, qui sont-ils, ses ou ces prédécesseurs ? En remontant à 1994 (début du génocide rwandais), il s’agit :
-du démocrate *Bill Clinton* (1993-2001) ;
-du républicain *Georges Bush* (2001-2009) ;
-du démocrate *Barack Obama* (2009-2017) ;
-du républicain *Donald Trump* (2017-2021) ;
-du démocrate *Joe Biden* et
-du républicain *Donald Trump*.
C’est clair et net : Donald Trump d’aujourd’hui a eu entre 2017 et 2021 un certain *Donald Trump* parmi ceux qui l’ont précédés.
C’est tout aussi clair et net : démocrates et républicains n’ignorent rien, mais alors rien de ce qui se passe dans les Grands Lacs depuis bientôt 35 ans.
Que l’Amérique en vienne à se ressaisir aujourd’hui, c’est une bonne chose. C’est même une excellente chose, car le crime résulte de la persistance dans l’erreur.
Mais là où le crime est quasiment assumé, c’est lorsque :
-primo, *on lie l’accord de paix à l’exploitation minière* (activité jamais interdite par la RDC aux entreprises américaines depuis la création de l’Association Internationale Africaine, ancêtre de l’Etat Indépendant du Congo). Jamais Kinshasa n’a rejeté les Américains de ses minerais. Ce sont plutôt les Américains qui se sont désengagés eux-mêmes. La preuve est la vente, opérée en 2016, de *TFM* (Tenke Fugurume Mining) aux Chinois. Pourtant, c’était le fleuron des USA au Katanga ;
-secundo, *on lie l’exploitation des minerais du Congo au Rwanda*, pays reconnu comme exécuteur de la basse et sale besogne sur le territoire congolais.
À la limite, lors de la seconde étape de la «messe de Washington», à la Maison Blanche, on aurait souhaité entendre ne serait-ce qu’un petit mot d’excuse de la part des commanditaires et des exécutants. Non ! _«Un bon catholique ne demande jamais pardon_», disait un penseur européen parce que l’être revient à avoir raison dans tout, en tout, partout, pour tout et envers tout.
Rien d’autres qu’un contrat d’affaires Américano-Rwandais en Rdc
Pourquoi, d’ailleurs, en vouloir seulement aux Américains et aux Rwandais dès lors que les Congolais, eux-mêmes, se prêtent au jeu malsain consistant à éliminer toute voix discordante de tout débat ou tout au moins tout espace démocratique. Chaque régime se choisit son opposition ou sa société civile *de compagnie ?*
Devrait-on reprocher quoi que ce soit aux Américains qui, malgré le débat démocratique houleux, font cependant *chorus* en politique extérieure face à toute menace contre leur pays ? La démonstration grandeur nature, ils sont en train de nous l’administrer par l’Ukraine, Israël et l’Iran interposés.
Ou devrait-on s’en prendre aux Rwandais qui, face à ce qu’ils présentent comme une menace congolaise à leur égard, font aussi *chorus* !
La preuve est que depuis 1994, la sous-région des Grands Lacs est quasiment à feu et à sang. Mais, les groupes armés ougandais tuent et pillent plus en RDC qu’en Ouganda, leur pays d’origine. Il en est de même des groupes armés rwandais et des groupes armés burundais. Ils font plus de dégâts en territoire congolais que dans leurs propres pays.
Déjà, on ne voit ou on n’entend ni l’opposition, ni la société civile ougandaise, rwandaise et burundaise opposée à leur propre régime demander aux groupes armés de leurs pays opérant sur le territoire congolais d’éviter de tuer et de piller les Congolais !
L’opposant ougandais Bobi Wine n’envoie jamais aux Adf-Nalu ce type de message. Ni l’opposante rwandaise Victoire Ingabire aux Fdlr. Encore moins l’opposant burundais Agathon Rwasa à l’endroit des Twirwaneho et RED Tabara.
Si nous en sommes-là, c’est simplement parce que les Congolais acceptent l’inacceptable. Ils sont formatés de façon à n’être d’accord que sur ce qui les divise.
Autrement, les 65 ans d’indépendance seraient célébrés comme au Canada, en Corée du Sud, voire en Chine, pays avec lequel le Congo-Belge avait presque le même PIB en 1960 ! C’est-à-dire dans l’allégresse.
Autrement, on aurait compris que ce qui s’est produit le 27 juin 2025 à la Maison Blanche n’est rien d’autre qu’un *«contrat d’affaires américano-rwando»* en RDC et, en plus, sur le potentiel minier congolais.
Pour quels minerais cependant ? Pour quelle quantité ? Pour quelle durée ? Et pour clé de répartition ? Peut-être qu’on en saura plus dans les étapes suivantes.
Pour l’instant, le seul élément nouveau dans l’accord de Washington, c’est la partie * »affaires »*.
Y-a-t-il une voie de sortie ? Oui, une : Le leadership que doit assumer Félix Tshisekedi
Tout le reste, entendez les dispositions relatives à *«1. INTEGRITE TERRITORIALE ET INTERDICTION DES HOSTILITES », « 2. DESENGAGEMENT, DESARMEMENT ET INTEGRATION DES GROUPES ARMES ET NON ETATIQUES », 3. « MECANISME CONJOINT DE COORDINATION DE LA SECURITE », 4. REFUGIES, DEPLACES INTERNES ET CONSIDERATIONS HUMANITAIRES », «5. MONUSCO ET AUTRE SOUTIEN MULTILATERAL », « 6. CADRE D’INTEGRATION ECONOMIQUE REGIONALE) et « 7. MISE EN ŒUVRE ET REGLEMENTS DES DIFFERENTS »*, c’est du déjà entendu, du déjà vu, du déjà su, du déjà compris !
Ces dispositions, en effet, figurent dans toutes les résolutions, toutes les recommandations et toutes déclarations des Nations Unies, de l’Union africaine, de l’Union européenne, des organisations sous-régionales africaines comme la CEEAC, la SADC, la CIRGL, la CAE (EAC), de même que dans celles engageant les Etats en bilatéral et en multilatéral. Elles sont dans tous les Accords conclus jusqu’à ce jour.
Si, grâce au parapluie occidental, Kigali s’en tire à si bon compte alors qu’il est pour beaucoup dans la crise sécuritaire en RDC, c’est parce qu’il fait preuve de *résilience* dans sa gouvernance pendant que Kinshasa continue de se complaire dans la *résignation* !
Y a-t-il une voie de sortie ? Oui, une seule : le leadership que doit assumer *désormais* Félix Tshisekedi appelé à prendre à temps la décision *bonne*. Celle qui devient *mauvaise* quand elle est prise tard, dixit l’américain Lee Iacocca.
Chacun est libre, après avoir entendu et analysé son discours de ce lundi 30 juin 2025, de se prononcer en connaissance de cause !
Quant au titre, il est voulu provocateur pour interpeller l’opinion congolaise sur l’évidence suivante : s’il faut récompenser du Prix Nobel un chef d’Etat américain qui était pourtant en fonction entre 2017 et 2021, c’est-à-dire pendant les deux dernières années de Joseph Kabila et les deux premières années de Félix Tshisekedi marquées pourtant par la tragédie à l’Est du Congo, rien de rationnel ne justifie l’exclusion de Paul Kagame, lui qui y a pleinement droit pour mission accomplie en RDC…
Omer Nsongo die Lema



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