La descente parlementaire du 22 au 28 octobre 2026 dans la deuxième circonscription électorale d’Ewo devait être un moment de communion entre l’élu et sa base. Pour l’honorable Bernard ENGOUALI, député de cette circonscription, elle restera associée à une photo qui fait polémique et qui interroge sur le respect de l’enfant en République du Congo.
Sur cette photo prise en plein Rassemblement pendant que l’honorable s’adresse à la population, on voit un élève en tenue scolaire, debout juste derrière lui, le bras levé pendant des heures, tenant son parasol. L’enfant, visiblement fatigué, remplace de fait le garde du corps officiel, transformé en simple accessoire de service.
Ce n’est pas une bonne image. C’est une image qui renvoie à l’âge de la pierre, à une époque où les enfants pouvaient encore se faire maltraiter sans que personne ne dise rien. Une image où l’autorité s’exerce dans l’humiliation du plus faible.

Or, un député n’est pas un citoyen ordinaire. Il est appelé à voter et à faire respecter les textes et les lois de la République. Il doit être le premier garant de la dignité, de la protection de l’enfance et de l’exemplarité. En laissant, en acceptant ou en banalisant qu’un mineur lui serve de porte-parasol pendant son discours, l’honorable ENGOUALI donne un contre-exemple grave.
En République du Congo, les enfants sont protégés par la loi. La loi interdit l’exploitation, la maltraitance et l’utilisation des enfants à des fins qui portent atteinte à leur intégrité physique et morale. Tenir un enfant debout pendant des heures sous le soleil pour servir de garde du corps à un adulte est contraire à cet esprit.
Ce député devrait être interpellé pour ce geste. Interpellé par l’administration, par ses pairs à l’Assemblée Nationale, par la société civile et par les organisations de défense des droits de l’enfant. Il ne s’agit pas de salir un élu, mais de rappeler qu’une fonction publique impose le respect, surtout envers les enfants.
Que dit donc l’UNICEF face à ce comportement inacceptable ? Que dit le Garde des Sceaux, Ministre de la justice,des droits humains et de la protection des peuples autochtones ? Et Que dit Le Ministère de la jeunesse ?
Le silence des institutions serait une complicité de plus.
Ewo mérite mieux. Les enfants d’Ewo méritent mieux. Un élu doit marcher devant, parler pour son peuple, mais jamais en s’appuyant sur le dos d’un enfant.
Affaire à suivre.
Par Roch Bouka correspondant à Brazzaville.
