Incident à l’aéroport de Ndjili: Une situation préoccupante

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Ce qui est arrivé ce matin à l’aéroport international de Ndjili, c’est le signe que le mal est profond et que tout doit être fait pour éviter le pire. En effet, selon le compte X du journaliste François Katendi, l’avion présidentiel immatriculé T7 Rdc à bord duquel se trouvait le numéro Un congolais, n’a pas subi un retard de 40 minutes à son arrivée cette nuit à Kinshasa.

« Il n’est resté en l’air que 11 minutes de plus par rapport à l’horaire prévu. Le jet présidentiel baptisé Simon Kimbangu s’est en effet posé en toute sécurité à 02h38’, dans la nuit de mercredi à jeudi », écrit-il, précisant que l’heure de son atterrissage était au départ estimée à 02h17’. Ce léger décalage serait dû à une coupure d’électricité à l’aéroport de Ndjili.

Pour ne rien arranger, le groupe électrogène aurait tardé à prendre le relais. Toutefois, tout est prévu pour que le BBJ présidentiel ne puisse jamais tomber en panne sèche.

La situation à Ndjili traduit en quelque sorte la manière dont plusieurs entreprises de l’Etat sont gérées. Si l’aéroport de Ndjili, un site stratégique peut manquer le courant électrique, que peut-être la situation partout ailleurs ? Si Ndjili peut même manquer une connexion Wifi, contrairement à tous les aéroports du monde, ce qui est arrivé est la preuve que beaucoup d’efforts doivent être fournis afin de redorer l’image de marque de la Rdc. Comment expliquer qu’en ce 21ème siècle, que les voyageurs soient obligés de payer le Go-pass, une taxe diabolique inventée pour nuire aux intérêts du pays ?

C’est une preuve, comme plusieurs langues l’ont déjà dit, que la Rdc est à la base de la situation qui lui arrive. Même si des efforts sont faits pour améliorer le climat des affaires, il y a des signaux qui montrent qu’il y a des pesanteurs qui contrarient tout ce qui est fait par les décideurs.

Nombreux sont les Congolais qui veulent savoir si les autorités congolaises ne voyagent pas à l’étranger ? Et si elles voyageaient, pourquoi elles sont incapables de copier ce qui se passe de mieux ailleurs ? Pourquoi certains pays comme le Maroc, qui ne sont pas nantis comme la Rdc en ressources naturelles, ne connait pas de coupure de courant, pendant que la Rdc, pays où Dieu s’est reposé avant d’aller ailleurs, les délestages sont devenus son quotidien ? Est-ce une incapacité congénitale ou un envoutement collectif ?

Une fuite en avant

Il nous revient que tout juste après l’incident de ce matin, plusieurs cadres de la Régie des Voies Aériennes (RVA) ont été arrêtés. Une situation qui conduira, au cours de la même journée, à la suspension du Commandant de l’aéroport. Entre-temps, le comité de gestion de la RVA, le Directeur général de la Snel et le ministre en charge de l’Electricité n’ont pas été inquiétés, continuant à vaquer normalement à leurs activités.

Dans sa lettre adressé audit Commandant, le Directeur général de la RVA, Ngoma Mbaki Léonard raconte que dans la nuit du 10 au 11/09/2025 de 00h24′ à 05h20′ TU, une sérieuse panne générale de l’énergie électrique a plongé toute la plate-forme aéroportuaire de Kinshasa/N’Djili dans un black-out total lors de l’arrivée du vol DRC001.

 

« Cette situation a provoqué la diversion de plusieurs aéronefs vers l’aéroport de Brazzaville/Maya-Maya. Il ressort de l’analyse préliminaire de cet incident les faits ci-après : que vous n’avez pas obtempéré à mes instructions pour l’achat de l’inverseur des charges auprès de la Société SITELE mieux qualifiée en lieu et place de la Société UNICOMPEX ; que vous avez laissé en place un technicien de permanence incompétent qui n’a pas su observer le protocole mis à sa disposition pour activer le mode opératoire du secours inversé », dit-il.

C’est en raison de la gravité de ces faits et de ces conformément aux dispositions réglementaires spécialement à l’article 32 de la Convention Collective de la RVA, que le Commandant est suspendu de ses fonctions jusqu’à nouvel ordre pour besoin d’enquêtes.

Comme on peut bien s’en rendre compte, cette suspension est une fuite en avant, d’autant plus que le mal est profond. C’est ce qui pousse M. Henry Mutombo à dire que c’est la parfaite illustration de notre faillite généralisée dans l’accomplissement des missions basiques de la Gouvernance politique. Le pays a frôlé une catastrophe sans précédent, juste à cause d’une coupure d’électricité à un aéroport sensé être international…

Et ce, pendant plus d’une heure, comment va-t-on nous prendre au sérieux ? À partir de cet incident, quelle image envoie-t-on à l’international ? Entre-temps l’Ethiopie qui n’a pas notre potentiel hydraulique, vient d’inaugurer un barrage hydroélectrique de 5150 mégawatts. Il apparaît qu’en RDC, nous voulons des résultats petits pas à accomplir pendant un siècle, même s’ils sont en inadéquation significative avec l’instant T.

Entre temps, il y’a un ministre de l’Energie et un Directeur général du même secteur.

En principe, souligne-t-il, le ministre ayant l’Electricité dans ses attributions devrait démissionner, le Directeur général de la SNEL et celui de la RVA. « Le dernier n’a pas à sommer qui que ce soit comme s’il était irréprochable. Si ces responsables ne le font pas par eux-mêmes, la Première ministre a le devoir de les contraindre à la démission, elle peut en aucun cas fermer les yeux sur ce drame de sorte que ces gens qui ont failli à leur mission de veiller que l’électricité ne manque à l’aéroport ne se soustraient aux sentences », explique Henry Mutombo, qui se demande, assurément, étaient-ils au courant du retour du Chef de l’Etat…

JMNK

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