Insolite : Accord de paix signé avec fracas ; mais pas la moindre condamnation de la reprise des hostilités à l’Est !
D’ailleurs, jusqu’à la veille du discours sur l’état de la nation du Président de la République ce lundi 8 décembre 2025, c’est le silence total à l’international. Pas un mot de la part de l’ONU, de l’UA, de l’UE, de la CEEAC, de la SADC, de l’EAC, voire de la CIRGL dont Félix Tshisekedi vient de prendre la présidence tournante. Même les USA et l’OTAN n’appellent à l’arrêt immédiat des hostilités !
C’est à croire que la cérémonie du 4 décembre 2025 n’aura été qu’un show pour permettre à Donald Trump de faire d’une pierre deux coups, l’un économico-diplomatique pour « AMERICA FIRST », l’autre politico-personnel pour rebaptisation du siège de USIP devenu « Donald J. Trump», au-dessus de «United States Institute of Peace». Le reste, il semble s’en ficher éperdument. Déjà, du point de vue protocolaire pour cette journée voulue pourtant historique, le timing fixé à un aparté de 10 minutes avec chacun des deux chefs d’État belligérants puis 10 autres minutes pour les deux ensemble a été expéditif. C’est vraisemblablement le timing le plus court accordé par la Maison Blanche à un chef de l’Exécutif d’un État sous Trump. En plus, à la différence de ses prédécesseurs Jimmy Carter en septembre 1978 pour Menahem Begin et Anouar El Sadate tout comme Bill Clinton Bill Clinton en septembre 1993 pour Yitzhak Rabin et Yassser Arafat, Donald Trump n’a pas jugé utile de fixer l’événement par une poignée de mains symbolique. Ni à la Maison Blanche, ni à l’Institut. Qu’à cela ne tienne !
Une indifférence générale
Ce qui doit préoccuper les Congolais – toutes tendances confondues – c’est le silence constaté dans le titre et dans l’intertitre.
Au cours de ces trois décennies, toute reprise des hostilités entre belligérants en période des pourparlers pour cessez-le-feu a toujours été déplorée, dénoncée et déconseillée par les partenaires extérieurs avec injonction d’arrêt immédiat des affrontements et même annonce des sanctions.
Pour la première fois, de mémoire de chroniqueur politique, nous constatons une indifférence générale, un désintérêt total. Même les humanitaires réputés loquaces se taisent !
Ainsi, aucun des protagonistes du Processus de Washington et du Processus de Doha n’appelle à un cessez-le-feu comme si une « consigne » était donnée de laisser le Gouvernement et l’AFC-M23, chacun avec ses soutiens, en découdre jusqu’à ce qu’à la capitulation de l’un.
C’est comme s’ils souhaitent la prise d’Uvira pour faire le médecin aprés la mort.
Ce n’est pas bon signe quand on sait que le Gouvernement a 30 jours pour apprêter sa première liste dans le cadre des « DRC Designated Strategic Projects” (Projets stratégiques désignés par la RDC).
L’échéance intervient le 3 janvier 2026, trentième jour à dater du 4 décembre 2025 !
Que va-t-il se passer sur le terrain des opérations armées pendant cette période ?
Il est à espérer du discours sur l’état de la Nation de ce lundi 8 des initiatives qui soient pragmatiques, c’est-à-dire qui rassurent toutes les parties impliquées.
C’est l’occasion pour « BALISES » de rappeler le principe universel établi : »A celui qui a plus, on demande plus ; de celui qui a moins, on réclame moins ! »
Du Gouvernement et de l’AFC-M23, on sait qui a plus, qui a moins…
Il est d’ailleurs indiqué de rappeler le gros challenge qui défie Félix Tshisekedi, celui relevé dans la dernière livraison (BALISES N°070).
« Après tout, c’est lui qui a fait le Lagardère en se allant chez Trump. Ce n’est pas l’inverse », écrivions-nous.
De ce fait, il lui revient « de garantir d’abord la sécurité politique, juridique et judiciaire aux investissements américains et non le contraire… ».
Or, à l’allure où la situation sécuritaire se dégrade au Nord-Kivu et au Sud-Kivu ces temps derniers et du moment où ceux qui doivent aider à la résolution de la crise se taisent, la seule voix ou voie à attirer notre attention est celle du pragmatisme…
Ce pragmatisme est escompté du discours sur l’état de la Nation 2025 !
Omer Nsongo die Lema
