Ou ça passe, ou ça casse !
La majorité des forces politiques et sociales ayant pignon sur rue en RDC appréhendent ces risques. Elle s’exprime à haute et intelligible voix pour que le moment venu, personne n’en vienne à feindre l’ignorance. À ce jour, curieusement, seuls le parti présidentiel (UDPS) et sa mosaïque rejettent la perspective, pourtant perceptible, de la balkanisation, sinon de la « soudanisation » du pays en cas d’organisation du référendum sans le Kivu. C’est à croire qu’on serait en train de signifier à tout le monde qu’on est dans la logique : « Ou ça passe, ou sa casse ». Si bien que le forcing pour le changement de la Constitution commence à devenir suspect, entendez à inquiéter et, évidemment, à alimenter des supputations…
Réponse mécanique du narratif de Kinshasa : Poison rwandais !
Résultat : lorsque certains des Kivutiens, premiers concernés par le potentiel de balkanisation, brandissent la perspective de la création de la République du Kivu à cause d’un référendum partiel duquel seront exclus plusieurs villes et localités de leurs provinces, la réponse mécanique du narratif de Kinshasa est désormais connue : poison rwandais !
Pourtant, selon le républicain américain Herman Cohen, « pour le Département d’État, le Kivu appartient au Rwanda ».
Quand on sait que l’Administration Trum est aussi républicaine, on devrait plutôt s’inquiéter de la menace « indépendantiste » que de faire la politique de l’Autriche…
Lorsque certains Katangais emboîtent le pas à ces Kivutiens, la réponse mécanique du narratif de Kinshasa est la même : poison rwandais !
Lorsque cependant Yowerie Museveni rappelle en décembre 2025 l’appartenance de l’Ituri au royaume ougandais de Bunyoro, là, la réponse du narratif de Kinshasa devient silence plat !
Lorsque certains ex-Léopoldvillois (Kinshasa, Kongo Central et Bandundu/Ouest) redoutent les effets de contagion en cas d’organisation d’un référendum partiel et déclarent vouloir proclamer leur espace en État indépendant, la réponse mécanique du narratif de Kinshasa reprend : poison rwandais !
Mais lorsque certains Kasaiens font de même, la réponse du narratif de Kinshasa redevient silence plat !
Jusque-là, il n’y a que les ressortissants de l’ex-Equateur à ne pas exprimer des velléités indépendantistes. Ce n’est pas un bon silence. Car, c’est souvent de l’eau qui dort que part le vrai danger.
Hélas ! Il en est devenu l’épicentre
L’obstination du Pouvoir UDPS à organiser à tout prix le référendum constitutionnel sans garantie de couvrir l’ensemble du territoire national commence à susciter des interrogations.
Par exemple : pourquoi n’avoir attendu que le second mandat pour rappeler à la conscience universelle un engagement émis par Etienne Tshisekedi en 2005 lors du référendum constitutionnel organisé les 18 et 19 (et non les 19 et 20 décembre) ?
Devrait-on comprendre par-là qu’entre 2018 et 2024, l’UDPS n’était pas au Pouvoir ?
D’Augustin Kabuya à André Mbata, de Peter Kazadi à Jacquemain Shabani, de Déo Buzibu à Jean-Claude Tshilumbayi, aucun cadre ne s’en est souvenu jusqu’à un certain 23 octobre 2024 !
En effet, ce jour-là, en séjour à Kisangani, un « esprit » va inspirer Félix Tshisekedi de parler non pas de changement, mais de révision de la Constitution ; lui faisant commettre une faute grave : le parjure ! Infraction consistant à « violer un serment ou faire une fausse déclaration sous serment ».
En raison de sa qualité de garant de la Constitution lui reconnue à l’article 69 de la Constitution et du contenu du serment constitutionnel formulé à l’article 74, il ne revenait pas, mais alors pas du tout à Félix Tshisekedi à entrer dans ce débat qu’il devait laisser aux siens ! Hélas, il s’en est institué l’épicentre, et tout la « fatrie » a suivi d’ailleurs avec un désordre retentissant.
SUPPLICE DE TANTALE
Le drame est le gâchis auquel on assiste.
En appeler à l’avènement d’une 4ème République via le changement de la Constitution ou à la révision de celle-ci n’a jamais été un ou le problème.
Tout est cependant question de méthode. Par exemple organiser un Forum national post-alternance politique.
Étant le premier depuis l’indépendance du pays en 1960, il se justifiait amplement. D’ailleurs, Félix Tshisekedi l’avait annoncé lui-même dans son discours d’investiture du 24 janvier 2019 avant d’oublier !
Exactement comme il oublia son initiative exprimée dans le message de Nouvel An 2020.
Même en 2025, Félix Tshisekedi aurait dû réagir avec sagesse à l’initiative CENCO-ECC.
Après tout, une révision ou un changement de la Constitution ne peut s’opérer que dans un climat apaisé. Et la seule Autorité ayant compétence de calmer les esprits est le Président de la République.
À « BALISES », nous n’avons eu de cesse d’en appeler à un Dialogue national qui ne soit l’occasion ni d’un déballage, ni d’un partage du pouvoir, mais plutôt de re-création, de re-fondation du Congo. D’où le projet des « États Généraux de la République ».
Le gâchis évoqué ci-dessus résulte du bras de fer engagé avec les forces vives que Limete croit « écrasables » par le moyen le plus lamentable qui soit : le mépris de l’autre, l’injure facile.
Aussi, le bras de fer autour de la Constitution n’est plus une affaire de raison mais d’égo. Ça renvoie au roi Salomon appelé à trancher entre deux femmes prostituées se disputant le seul enfant survivant. Celle qui avait tué son enfant étant d’avis qu’on découpe l’enfant en vie !
Et là, c’est le supplice de Tantale que s’impose l’UDPS, rattrapé en réalité par l’incapacité de s’appliquer depuis bientôt 8 ans les valeurs nobles promises et entrevues 37 ans durant quand il évoluait dans l’Opposition !
Le voir aujourd’hui à la recherche d’un projet de Constitution qu’il n’a jamais élaboré en prévision de son avènement aux affaires n’a qu’une explication : le parti n’a jamais été prêt pour l’exercice du Pouvoir d’État.
Son acharnement, à deux ans et demi de l’échéance de 2028, à soumettre de gré ou de force aux Congolais un projet de Constitution qui n’existe même pas formellement, et cela via un référendum n’ayant aucune chance d’être organisé sur toute l’étendue du pays sans le Kivu, laisse supposer un agenda caché !
PROCHAINEMENT : « Causes du boycott du référendum de 2005 : la vérité est peut-être détenue par Valentin Mubake ! »
Omer Nsongo die Lema
